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Sauvages !!!
Eric Genevelle / Marc Perbost (décembre 1996) Phrase bien connue de tous les Cichlidophiles et qui atteint son paroxysme lorsque l'on y ajoute le préfixe rêveur "Couple". Comment s'en assurer ? En regardant le pedigree qui est tatoué derrière l'oreille de nos chers compagnons. Rien ne serait plus simple si nos poissons avaient eut l'intelligence et l'amabilité de s'en doter. Pour conclure, pas d'oreilles, donc pas de tatouage, donc pas de preuve de l'origine sauvage de nos pensionnaires. De sauvage, ils en ont certainement le caractère (??... voir plus loin), mais quant-à associer le comportement à l'origine, le pas est malheureusement souvent franchi. Pour parler de sauvages (non, pas ceux qui s'entre-tuent devant les bacs des bourses AFC pour arriver le premier), on devrait plutôt parler de différents types de sauvages (en effet, il est bien connu que les sauvages se reproduisent très bien):
Pour calmer les esprits, sachez que plus de 80 % des Cardinalis (oui, oui, les néons !) qui sont vendu en supermarché sont des sauvages. Alors, inutile de se vanter d'en avoir, et qui plus est, de cacher jalousement vos sources d'approvisionnement. Pour commencer, on peut s'interroger sur l'intérêt de posséder des sauvages. Ils sont multiples, variés, bon et mauvais. Sachez qu'avec des poissons sauvages, vous aurez l'immense plaisir de posséder des poissons complètement parasités qui se feront la gentillesse de partager ce bonheur avec les autres occupants de votre aquarium. Bien sûr, vous me direz qu'avec une bonne quarantaine... Oui, mais la quarantaine ne dure jamais 40 jours, et que rien ne pousse notre sauvage à devoir déclarer ses intentions durant cette courte période. De toutes les manières, c'est rarement notre sauvage qui tombe malade, mais plutôt ses camarades de chambrée. Ensuite, votre sauvage sera très furtif car peu habitué aux nez collés aux vitres dans son milieu naturel (éclairage pharaonique, biotope absent, etc...). Il sera mis en compétition dans votre aquarium avec des poissons qui ne partagent peut-être pas le même biotope d'où l'émergence d'un déséquilibre comportemental qui peut se traduire par des combats violents, une timidité excessive voire un stress fatidique, d'où des problèmes d'alimentation, de coloration, etc... Ensuite, vouloir du sauvage pour reproduire chez soi le même patron de coloration qu'en milieu naturel reste souvent une utopie. De nombreux cichlidophiles se sont ainsi cassés les dents en regardant des Cyathopharynx furcifer sauvages aux reflets dits de "sardine". Heureux ont été les possesseurs des progénitures car elles, elles sont colorées ! De plus, il nous faut souligner que les "Cyatho" ont été peu reproduit depuis les géniteurs sauvages. On aura donc de la difficulté pour trouver du F10. Pour parler de reproduction, la finalité de beaucoup d'entre nous, elle est parfois plus difficile à obtenir car le sauvage essaie pour ce faire de retrouver dans l'aquarium la configuration de son milieu naturel comme des grands bancs de sable pour pouvoir monter son cratère de 70 cm de diamètre... Ce n'est pas à la portée de tous les bacs et de toutes les bourses. Malgré tous ces petits inconvénients majeurs, il reste que l'acquisition de sujets sauvages présente de nombreux intérêts. Le premier est de posséder des poissons dont la lignée est dite pure (du moins plus pure que les poissons reproduits de nombreuses fois en aquarium). Cela peut vous servir pour renouveler une souche que vous possédez déjà en apportant du sang neuf. Acquérir deux poissons de la même variété et de sexes différents vous assure d'une façon quasi certaine que vous n'êtes pas en présence de frère et soeur. Les problèmes de consanguinité sont donc repoussés d'une génération. Avec des poissons sauvages, vous êtes aussi en mesure de connaître le lieu de capture (ceci n'est pas toujours vrai car les collecteurs exercent leur activité sur des zones de plus en plus étendues et ne notifient pas toujours lors du conditionnement la zone précise de la collecte. Si vous ajoutez à cela les appellations commerciales, les risques d'erreurs sont encore plus grands. C'est aussi le moyen de conserver et de maintenir en l'état les normes morphologiques et comportementales des espèces (On remarque généralement comme conséquence de la consanguinité une déperdition des couleurs, une atrophie des caractères externes comme les lèvres charnues pour certaines espèces pétricoles, une diminution de la taille du poisson à l'âge adulte et la réduction de l'importance des pontes). C'est enfin la possibilité d'observer le comportement naturel du poisson lorsque vous pouvez lui offrir un aquarium conforme à son biotope naturel. C'est enfin posséder des poissons récemment découverts où n'ayant pas encore été suffisamment reproduit en aquarium pour en trouver dans les petites annonces. Un dernier point, mais je ne vous apprends rien, c'est que le sauvage coûte plus cher. Ce point ayant été développé dans ses grands traits, il nous reste à démêler le vrai du faux concernant les sauvages. Tout ceci me fait penser aux études faites à propos du Beaujolais Nouveau (Ca y est, tout le monde retrouve le sourire !) Il a été démontré que l'on exporte plus de Beaujolais Nouveau chaque année au Japon que le terroir Français ne peut en produire!!! Serions-nous les nouveaux "bridés" de l'aquariophilie ? Tout porte à le croire. Avoir les yeux bridés ne sous-entend pas avoir des oeillères (vu qu'en plus, ils nous dépassent dans presque tous les domaines). Réveillons-nous ! Tout d'abord, jetons hors de nos bacs les principes suivants:
Cela étant dit, sachant qu'il est très difficile de prouver qui est sauvage et qui ne l'est pas, on observe certaines scènes qui font peine à rire et qui doivent en nous éveiller une certaine méfiance, voire une méfiance certaine. Rassurez-vous, nous nous sommes tous laissé abuser par ces fournisseurs (qu'ils soient des particuliers ou des professionnels). Certains le font volontairement, d'autres par méconnaissance ou parce-qu'ils se sont eux-même laissé abuser. Le but n'est pas ici de jeter la pierre, mais de juger en connaissance de cause. Nous pouvons ainsi vous livrer certains conseils pour vous aider à juger de la crédibilité de vos fournisseurs quant-à l'origine de vos poissons. Un individu vous présentant des poissons sauvages doit avoir à votre égard une attitude qui se traduit par les faits suivants:
Auriez-vous soudainement des doutes quant-à l'origine de vos poissons ? Nous en avons tous. Ce n'est cependant pas une raison pour ne plus croire en vos fournisseurs, ils sont déjà si peu nombreux et ont tant à nous apprendre. De toutes les manières, si des poissons sauvages sont collectés, il faut bien qu'ils atterrissent quelque part. Où voulez-vous que ce soit, sinon que dans nos bacs ? L'AFC a très bien réagit pour mettre de l'ordre dans ce débat de fond. Le contrôle des poissons exposés en bourses et au congrès y est rigoureux et les charlatans rapidement fichés. La logique doit être celle du bon sens et de l'honnêteté (que nous partageons tous), alors, comme le précise Carlus dans ses petites annonces: "Sauvages, F1, F3000, Vendeurs et Acheteurs, A vous de vous entendre !" NB des auteurs: Nous, on a décidé de n'avoir que du "Sauvage", on se met au Néon (du sauvage asiatique)!
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Tanganyika Cichlids |