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Dossier Tropheus "Reproduction" Eric Genevelle (1996) Introduction / Processus de ponte / Observations / Les Hybrides La reproduction de ces poissons survient généralement après quelques mois dune maintenance idéale. Le mâle, contrairement à beaucoup dautres espèces de poissons, décide lui seul du choix du couple et de son accouplement. En effet, bien que le Tropheus soit un incubateur buccal de type maternel, il nexiste pratiquement pas de dimorphisme sexuel. Les femelles nont pas à choisir un mâle disponible, cest plutôt le mâle qui choisi la femelle. Le genre Tropheus se présente ainsi comme un des rares genres à incubation buccale de type maternel à attirer lautre sexe par une méthode gestuelle et non pas par les couleurs. Ce phénomène nétait connu que chez les cichlidés très attachés à la notion de couple et ne pouvant se dissocier des autres partenaires. La proximité immédiate établie entre les différents poissons dun groupe de Tropheus permet létablissement de ce mode dincubation sans nécessiter létablissement de couples. Dans cet ordre didée, ils sont plus avancés que les cichlidés associés au genre des cichlidés-gobies. Tropheus peut se situer à mi chemin entre lincubation buccale de type bi-parentale des cichlidés-gobies et lincubation buccale de type maternel du genre Ophthalmotilapia au dimorphisme sexuel apparent.
La phase de reproduction se déroule en différentes étapes: La nature est bien faite... ou la nature fait que les poissons apprennent bien les choses... Il reste que la croissance des juvéniles est en effet favorisée par ces faibles profondeurs
La ponte terminée, la femelle va se réfugier entre les roches pour incuber son frai pendant une période allant de 4 à 8 semaines en fonction de la température. Pendant cette période délicate, la femelle continue de se nourrir et il est probable que les alevins en fassent de même avant de sortir de la cavité buccale de la mère. Le mâle harcèle néanmoins constamment la femelle quitte à lui faire cracher les oeufs par un stress trop pressant. Au terme de cette période dincubation, la femelle cherche un endroit discret pour lâcher sa progéniture. Dans le milieu naturel, cette phase se déroule dans les eaux superficielles du biotope, au milieu de petits galets facilitant le camouflage et la protection des juvéniles. Après avoir lâché ses alevins, la femelle reste à proximité de ces derniers pour les reprendre en bouche au moindre danger, et ce, pendant quelques jours (ce comportement diffère en fonction de la quiétude de la mère et du biotope). Les alevins sont alors capables de se nourrir comme les parents, et atteindront rapidement une taille de 4 cm en lespace de 4 mois. Cette croissance est favorisée si lespace disponible est important et si vous leur donnez de petites rations de Cyclopes. Un peu de sels les aidera à passer le cap fatidique des 4 cm si souvent déploré par les amateurs de ce poisson (cette faiblesse est peut-être une légende rapportée par quelques sirènes, cela restera donc une légende, pour certains). Une même femelle peut se reproduire environ tous les deux mois, à condition de ne pas bouleverser le décor de votre bac. Je ne vais pas métendre sur ce sujet car ce dernier est mal connu par les amateurs que nous sommes et rendu encore plus complexe par la structure du genre Tropheus. De manière générale, on admet que deux poissons de genres différents ne peuvent se reproduire, par exemple un Tropheus et un Neolamprologus. On a cependant déjà observé une reproduction entre un Aulonocara et un Pseudotropheus ! Un seul alevin est né de cette idylle et il était donc impossible de savoir si la portée était fertile. On pensait a priori que les hybrides nétaient possibles quentre les poissons dune même espèce, par exemple entre deux Tropheus Moorii. Des constats faits en aquarium semblent nous démontrer le contraire lorsqu'un individu isolé dune espèce X était confronté à une population dune espèce Y. Les hybrides semblent être moins fréquents lorsque les populations des espèces X et Y sont relativement homogènes en nombre dindividus. Il est possible quun poisson de lespèce X, ne trouvant pas son partenaire sexuel dans un espace clos, cherche à saccoupler avec un individu Y soit pour se libérer sexuellement, soit pour libérer ses oeufs. Dans ce dernier cas, cest la femelle qui prend linitiative de la pariade de reproduction. A ce jour, on ma rapporté plusieurs cas dhybridation dans le genre Tropheus:
Il est très difficile de savoir si les descendances de ces couples sont fertiles les générations suivantes car je ne connais personne qui se soit amusé à ce petit jeu qui serait riche denseignements (à condition de ne pas mettre ces poissons sur le marché). Ces hybrides sont-ils la rançon dun déséquilibre généré par la maintenance en captivité ? Tout semblerait le confirmer si on regarde ce qui se passe dans le milieu naturel. En effet, dans plusieurs endroits du lac, on remarque des espèces différentes de Tropheus qui vivent de manière sympatrique. Dans ces zones bien précises, les adultes des différentes espèces vivent à quelques mètres de distance et on rencontre souvent les alevins et les juvéniles dans un même espace. Au sein de ces zones de transition, on ne remarque pas de poissons ayant lapparence dhybrides potentiels. Il est possible que ces derniers existent, mais rien ne peut nous le confirmer ni linfirmer. Il est encore envisageable que ces hybrides ne développent pas de caractères anatomiques ou chromatiques distincts des espèces mères et que ces ratés dégénèrent rapidement. La théorie de spéciation des cichlidés du lac Tanganyika se base principalement sur lémergence ou la disparition dune variété au profit ou au déprimant dune autre, mais rarement sur la création de nouvelles souches issues dhybridations naturelles. Si tel était le cas, on trouverait de nouvelles espèces de Tropheus au niveau des jonctions des populations présentes. Pour conclure ce paragraphe lié aux
hybrides, je vous conseille de laisser à Mère Nature le soin de créer de nouvelles
espèces de Tropheus, ou alors, juste à titre dexpérimentation, limitez-vous aux
Drosophiles ou aux plans de Fraisiers... |
Tanganyika Cichlids |