Alimentation / Comparatif

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Cyprichromis leptosoma Cap Mpimbwe Utinta Flourescent  
Photo Jean-Yves Dubuisson

Par Rudy Pirquet

Il y a manger et... manger

Obtenir des repros de Cyprichromis n'est pas chinois; du moins, si les adultes sont en bonne condition et évoluent dans un environnement favorable. A savoir: la vie en groupe dans un volume suffisant, des changements d'eau réguliers (hebdomadaires) avec un liquide dur et alcalin (je n'utilise pas de "sels Tanganyika", juste l'H2O du robinet) et une nourriture abondante, riche et adaptée à leur régime planctophage (cyclops, artémias, moules broyées, paillettes, mysis, etc.). Pas inintéressant non plus de trier les voisins en évitant les grands prédateurs; quoique, à la maison, ils vivent heureux depuis quatre ans en compagnie d'un petit groupe de Cyphotilapia frontosa...

Dans ces conditions, les mâles ne tarderont pas à rivaliser, toutes nageoires déployées et les couleurs à leur paroxysme, histoire de séduire les belles, lesquelles se retrouveront vite la gorge remplie d'une kyrielle d'oeufs, pondus et fécondés en pleine eau. Quatre à cinq semaines plus tard, l'attention de l'aquariophile fébrile doit être sans faille. Le lâcher est proche.

Une règle d'or avec les Cyprichromis: ne jamais faire cracher les femelles, ça pourrait les tuer. Alors, soit on isole la femelle dans un pondoir ou un petit bac, ce que je trouve quand même stressant. Soit, on la laisse cracher ses alevins dans le bac d'ensemble. En adoptant cette solution plus naturelle, il faut toutefois être certain de pouvoir être présent pendant, ou juste après, le lâcher. Les jeunes ne survivraient en effet pas longtemps dans l'aquarium. En raison de la prédation, certes. Mais aussi à cause du courant qui les épuise vite. Les jeunes, qui demeurent à la surface, sont facilement récupérables et peuvent être placés dans un petit bassin d'élevage.

Elevage en parallèle, à une exception près. Il y a un an, deux de mes femelles Cyprichromis leptosoma "Isanga" (Blue Flash) ont lâché leurs jeunes à deux heures d'intervalle; dix d'un côté, huit de l'autre. J'ai donc décidé de mener une petite expérience quant à l'influence des nourritures vivantes sur la croissance des alevins.

Cyprichromis leptosoma "Isanga" =>

Deux bacs identiques ont ainsi été aménagés. D'une contenance de 70 litres, ils sont filtrés sur mousses (nettoyées toutes les semaines), sans substrat et décorés de quelques schistes. L'eau est dure alcaline et chauffée à 25°C, 20 litres sont changés hebdomadairement.

Des aquariums jumeaux. Sauf que, les Cypris du bac A sont nourris exclusivement avec des nauplies d'artémias fraîchement écloses, tandis que leurs cousins du bac B sont alimentés alternativement de cyclops congelés et de Tetra Phyll réduit en poudre.

BAC A BAC B

Et bien, sincèrement, pendant trois mois, je me suis dit que les nourritures vivantes, les baxters à nauplies dans la cave, le sel et les oeufs à longue conservation, c'était du pipeau! Pas un millimètre de différence entre le A et le B... Et puis, tout d'un coup, les A ont poussé sur l'accélérateur de la croissance. Les mâles se coloraient alors que, dans le bac d'à côté, on faisait toujours grise mine. Mieux, les millimètres galopaient vers les centimètres.

Résultat des courses, ça fait trois mois que les Cypris A sont partis peupler le bac d'un copain tandis que les B sont toujours en train de grandir dans ma fish-room...

Désormais, à la maison, c'est nauplies pour tout le monde pendant trois mois. A partir de la 13ème semaine, cyclops et paillettes écrasées agrémentent le deuxième repas quotidien. Le principal, c'est que tout le monde paraît satisfait et est en croissance constante...

 

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle