Zone intermédiaire,
voir limoneuse, entre 2 et 25 mètres. Les couples choisissent généralement un
territoire constitué d’une vaste zone plane de 2 à 3 mètres carrés et
entouré de plus gros blocs rocheux. Cette zone plane peut être constituée
d’une large dalle de pierre mais avec toujours des petites zones de sable. Le
site de ponte se situe donc généralement sur un des côtés de cette grande
dalle, soit dans une faille horizontale située à la base d’un des gros blocs
entourant le territoire, soit sous une pierre plate située à même le sable
dans cette même zone. Neolamprologus christy est un poisson qui ne
s’aventure jamais en pleine eau, sauf pour y chasser un intrus. Il préfère
rester coller au substrat pour l’écouter. Même lorsqu’il se déplace, il
ne s’éloigne guère plus de 10cm du fond.
Caractéristiques
morphologiques :
La faille ou le
surplomb sera juste assez grand pour que les deux partenaires puissent s’y
glisser (3 cm de haut et d’une surface d’environ 15 * 10 cm de surface). La
femelle nettoie rapidement le plafond de la grotte puis attire le mâle en se
couchant devant la grotte et en frottant son corps sur le sable en de brèves et
rapides secousses.
C’est ce signal qui
est perçu par le mâle puisque tous les mâles présents dans la zone (qu’ils
soient l’élu ou non de la femelle) rappliquent. Les deux poissons pénètrent
alors sous la dalle et se retournent dos en bas pour coller ainsi leurs organes
reproducteurs contre le plafond de la grotte. Ils se frottent l’un contre
l’autre dans cette position inconfortable. Au bout de 15 à 20 minutes, les
premiers œufs sont pondus par chapelets d’une vingtaine. Le mâle féconde
les œufs en même temps que ces derniers sont émis par la femelle. Les œufs
blancs, minuscules (environ 1 mm de diamètre) restent collés à la roche.
Le couple répète la
scène pendant près d’une heure pour finalement tapisser le dessous de la
dalle d’environ 200 à 300 œufs. Pendant que le couple est occupé à pondre,
les autres mâles dominés viennent s’intercaler entre le mâle et la femelle
afin de déposer leur sperme à la volée. Le mâle dominant intervient en
chassant l’opportuniste, mais généralement, le mal est fait.
Ce comportement
pirate a déjà été observé chez d’autres espèces du lac Tanganyika
(Paracyprichromis brieni, Aulonocranus dewindti, Pseudosimochromis curvifrons et
Simochromis diagramma) mais uniquement chez des incubateurs buccaux. Ce
comportement, observé à chaque occasion chez ce pondeur sur substrat caché
est donc une première à ma connaissance.
Comportement
alimentaire :
A l’aide de ses
pores céphaliques très développés, Neolamprologus christy cherche sa
nourriture en écoutant le sable. Quand il entend un bruit, elle souffle sur le
sable à environ 2 cm de distance pour y capturer les larves d’insecte et
autres petites crevettes (comme le L. callipterus).
Il lui arrive aussi
de se frotter vigoureusement sur le sol pendant trois ou quatre secondes afin de
déterrer les invertébrés qui s’y cachent. Ce comportement, observé dans la
nature, a été abandonné après 3 semaines de vie en aquarium. Le christy est
aussi un prédateur redoutable si on le met en présence de petits conchylicoles
(15 L. multi fasciatus et 5 L. ocellatus à son crédit). Il se
place au-dessus des coquilles et attend patiemment. Dès qu’un poisson
(jusqu’à 2,5 cm) sort la tête d’une coquille, il fond dessus et rate
rarement son coup. Il semble par contre beaucoup moins à l’aise pour attraper
ses victimes en pleine eau.
Il se nourrit aussi
de petits gastéropodes (observation faite en aquarium, et confirmé par les
contenus stomacaux de spécimens sauvages) et la forme de sa bouche, qui
ressemble étrangement au N. mondabu, semble s’y prêter.
Bibliographie :
Trewavas, E. and Poll, M. - 1952 -Three new
species and two new subspecies of the genus *Lamprologus*, Cichlid fishes of
Lake Tanganyika. Bull. Mus. Hist. Nat. Belg. 1-16