Neolamprologus buescheri "Kamakonde"


Neolamprologus buescheri Kamakonde

Par Raynald Messie* (décembre 1999)

Description

Neolamprologus buescheri a été décrit par Staeck en 1983 sous le genre Lamprologus en l'honneur d'Heinz Büscher. L'holotype a été collecté à Kachese (Zambie).

Cette espèce, répertoriée entre Tembwe II (Congo) et Samazi (Tanzanie) est présente sous de nombreuses formes géographiques (Par Eric Genevelle):

Nom de la race Localisation Photo Remarques
Neolamprologus buescheri "Chaitika" Chaitika (Z)   Ressemble à la race de Kalambo. Race sombre avec des barres et bandes peu visibles.
Neolamprologus buescheri "Gombi" Chituta et Gombe (Z)

Neolamprologus_buescheri_Gombi_01_HJH.jpg (59886 octets)

Race plus noire que celle de Kachese. Les bandes se touchent pour former des barres irrégulières d'où l'apparence d'un damier. Les barres verticales sont les plus visibles.
Race découverte par Dieckhoff
Neolamprologus buescheri "Isanga" Isanga (Z)   Ressemble à la race de Gombi (Chituta) avec en plus des points lumineux sur la dorsale.
Neolamprologus buescheri "Kachese" Kachese (Z) Neolamprologus_buescheri_Kachese_01.jpg (17739 octets) Race de l'holotype. Les barres verticales se touchent pour former des bandes horizontales assez régulières. Les bandes horizontales sont les plus proéminentes. Bleu sur les nageoires.
Neolamprologus buescheri "Kamakonde" Kamakonde (C) Neolamprologus_buescheri_Kamakonde_01.jpg (16972 octets) Corps brun orangé. Points bleu lumineux sur la partie postérieure des nageoires  dorsale et anale ainsi que sur toute la caudale
Neolamprologus buescheri "Moliro" Moliro (C)   Race très proche de celle de Gombe et de Chituta. Les barres verticales se superposent avec les bandes horizontales.
Neolamprologus buescheri "Tembwe II" Tembwe II (C)

Neolamprologus_buescheri_Tembwe_02_EZ.jpg (53650 octets)

Couleur jaune orange. Barres très peu marquées. Pas de ligne sub-marginale dans la dorsale.
Race découverte par Büscher dans les années 90

Habitat

N’ayant jamais été au Lac Tanganyika, je ne peux décrire l’habitat du « Kamakonde », je vais donc citer Ad Koning (Les secrets du Tanganyika et Back To Nature).

Le Neolamprologus buescheri "Kamakonde" vit sur les pentes abruptes des rives à une profondeur variant entre 15 et 40 mètres. Il s’agit là d’une profondeur plus grande que la moyenne observée pour les Neolamprologus. L’habitat est constitué de tombants rocheux, comportant un nombre très important de « grotte » et faille propice aux espèces à nidification cachée. Il est a noté que dans ces grottes il n’y a quasiment aucun brassage et que le taux d’oxygénation y est bas, il faut donc que les espèces qui les utilisent est un minimum d’adaptation (notamment au niveau du besoin en oxygène des alevins).

Les cichlidés fréquentant particulièrement ces zones sont Neolamprologus brichardi (en colonies), Tropheus moori et plusieurs genres de Petrochromis, Paracyprichromis nigripinnis, Cyprichromis leptosoma, Cyphotilia frontosa (pour les parties les plus profondes) et Asprotilapia leptura.

Aquarium et colocataire

Mon couple de Neolamprologus buescheri "Kamakonde" vit dans un bac communautaire de 420 Litres (120x70x50) accouplé à 1 bac/filtre de décantation de 50 litres et de 2 bacs d’élevages de 100 litres.

Leurs colocataires sont : 12 Cyprichromis leptosoma « malasa » (Utinta fluo), 1 couple de Julichromis regani « Kipili », 2 couples de Julidochromis transcriptus « Gombe », 1 couple de Neolamprologus sp. aff. Boulengeri, 1 couple d’Altolamprologus calvus et 1 trio de Neolamprologus multifasciatus (et leur marmaille pour les aff. boulengeri)


Neolamprologus buescheri Kamakonde (Photo Eric Zeitoun / Abysse)

Comportement

Le Kamakonde est très territoriale, il ne supporte personne dans son espace (hormis les A. calvus, je ne sais pas pourquoi), mais, en revanche, cette territorialité s’arrête à la frontière de son domaine, il ne poursuit pas les intrus au-delà de celle ci.

Un problème peut se poser lorsque le territoire qu’il considère comme sien est l’ensemble du bac, c’est notre cas, dans un bac du club* (500 l) dont je fais partie, le kamakonde qui y règne, ne recule devant personne, pas même devant un Lepidiolamprologus nkambae de 18 cm. La seule fois où j’ai des kamakonde reculés et s’avouer vaincus, c’est lors de l’introduction (malheureuse) d’un couple de N. leleupi (pourtant pas très grand) dans mon bac.

Quand le couple est formé, la femelle occupe la partie centrale du territoire et n’en sort que rarement, le mâle ne «l’autorisant » d’ailleurs pas à se montrer. La formation du couple, c’est la grande difficulté de cette espèce, les mâles sont très violents avec les femelles.

Tant que le couple n’est pas formé (et dans ce domaine, rien n’est définitif), la femelle est le souffre douleur du mâle. J’ai longtemps attendu cette formation (2 ans), jusqu’à ce que je le lise dans «Back to Nature» de A.D. Koning qu’il fallait absolument un pH supérieur à 8,5 pour mener à bien leur reproduction. Ce qui n’était pas préciser, c’est que, non seulement, ce pH est nécessaire pour déclencher la ponte, mais aussi et surtout, pour la formation du couple.

Dans mon bac, chaque fois que le pH descend en dessous de 8,5, le mâle «tape » à nouveau sur la femelle qui disparaît dans un coin. Dès qu’il remonte (par un changement d’eau additionné de sel «Tanganyika»), le couple se reforme et pond. Nous pouvons dire que nous avons là un bon pHMètre fiable et peu coûteux, d’autant que ces couleurs et son comportement en font un hôte de choix pour nos bacs.

Nourriture

Je n’utilise que de la pâtée que je fait d’après la recette de Forhman dans « Le grand livre des cichlidés » d’Ad Koning et de temps en temps des artémias congelés.

Reproduction

La reproduction et l’élevage ne posent pas de problème particulier (hormis ceux cité précédemment). Mon couple pond environ toutes les 3 semaines, je n’ai jamais pu l’observer et seul l’apparition de 3 à 5 alevins m’indique l’heureux événement.

La femelle défend avec acharnement son petit monde. Le mâle, quant à lui, s’occupe de défendre le territoire de façon plus général. Il ne s’approche pas des alevins et il ne leur porte pas d’intérêt sauf qu’ils commencent à être un peu trop grand (2 à 3 cm) pour rester sur le territoire, ils sont, alors, impitoyablement chassés. Les jeunes ne grandissent pas très vite, il est vrai qu’étant dans le bac communautaire, il n’y a pas d’effort particulier fait sur la nourriture, ils atteignent 5 cm vers 6 mois et sont prêt (quand j’arrive à les capturer) à rejoindre d’autres amateurs.

* Cercle aquariophile de Sainte-Adresse (CASA)
13, rue de Vitanval (sous l’école)
76290 Sainte-Adresse

 

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle