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Neolamprologus
mondabu, sp. eseki, petricola, modestus
...Incertitudes...

Neolamprologus modestus Mbity ???
Par Eric Genevelle -
Janvier 2003
Je ne connais pas un
seul ouvrage sérieux sur les Cichlidés du lac Tanganyika qui ne remette en
cause la validité de ces espèces. Max Poll lui même est revenu de nombreuses
fois sur des possibles synonymies entre N. modestus et N. mondabu pour
finalement, en 1978, confirmer leurs statuts respectifs d'espèces bien différentes.
Il remarquait que si toutes les caractéristiques métriques entre ces deux espèces
étaient équivalentes (en comptant les variations interspécifiques des
individus), la seule différence anatomique résidait dans la forme de la
nageoire caudale.
Réhabilitation
de Lamprologus mondabu BLGR.
Cette espèce fut mise en synonymie de L. modestus BLGR. par moi en 1956
estimant difficile de séparer deux espèces aussi voisines dont les caractères
numériques invoqués par Boulenger montraient une variabilité interférente
leur enlevant leur valeur taxonomique. De plus, les deux seuls caractères différentiels
possibles, la forme de la caudale et la longueur du museau, ne nous semblaient
pas valables.
En réalité, si la longueur du museau n'est pas différente, la forme de la
caudale, si différente dans les deux cas, est bien invariablement et spécifiquement
concave chez L. mondabu (et même filamenteuse); elle est toujours arrondie chez
L. modestus. De plus, elle est non ponctuée ou seulement faiblement dans le
haut chez mondabu, entièrement et fortement ponctuée chez modestus. L'absence
de ponctuation sur les autres nageoires verticales de mondabu et au contraire
leur présence chez modestus n'est pas moins constante.
Max Poll - Extrait du Bulletin de l'Académie Royale de Belgique. Séance du
mercredi 6 décembre 1978.
Dans son article,
Poll ne parle pas du pétricola qu'il a lui même décrit en 1949. Cela sous
entend qu'il se distingue de ces deux autres espèces (principalement du fait
qu'il soit plus compressé latéralement et de sa gibbosité frontale).
Konings, en 1998 a
mis en doute la véracité du pétricola, osant évoquer une possible synonymie
avec N. modestus.
A partir de ces différentes
données, je vous présente dans ce premier tableau les données irréfutables.
Et maintenant,
observons ces spécimens sauvages dans le détail.
Et maintenant, on met
tout ça dans un chapeau et on regarde les choses en face: Il y a un loup dans
l'histoire et beaucoup d'erreurs dans la littérature cichlidophile.
Si on fait le tri
dans tous ces poissons on arrive à 7 formes...
| Forme |
Caudale |
Tête |
Corps |
Couleur pectorale |
Photos |
| A |
Concave et filamenteuse |
- |
Grisâtre |
Transparente |
3-4-9 |
| B |
Concave et filamenteuse. Base
noire |
- |
Grisâtre et allongé |
Transparente |
12 |
| C |
Arrondie |
- |
Beige |
Transparente |
5-13-14 |
| D |
Arrondie |
- |
Brun noir |
Brun noires |
1-8 |
| E |
Arrondie |
- |
Brun noir |
Jaunes |
6-10 |
| F |
Arrondie |
- |
Brun noir |
Brun noires avec tache jaune |
2-7 |
| G |
Arrondie |
Gibbosité frontale |
Brun noir compressé latéralement |
Brun noires |
11-15 |
... pour 3 espèces.
Or personne n'a à ce
jour évoqué la notion de forme chromatique pour ces espèces. Il est vrai que
ces poissons passent facilement du blanc nacré au gris sale ou du gris foncé
au brun noir en fonction de leur excitation, mais cet état ne saurait expliquer
l'apparition d'une tache jaune. En conclusion, il y a nécessairement soit de
nouvelles espèces, soit des races chromatiques.
On pourrait alors en
déduire les données ci-jointes.
| Neolamprologus mondabu |
Correspondrait à la formes A |
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| Neolamprologus modestus |
Correspondrait aux formes D, E
et F. Il existerait une variation chromatique marquée par la coloration
de la pectorale. |
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| Neolamprologus petricola |
Correspond à la forme G. |
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| Neolamprologus sp. Cream |
Il nous reste donc la forme C
qui ne correspond à aucune espèce répertoriée. A noter que c'est
cette forme qui était exportée sous le nom de N. mondabu. Je donne ce
nom de sp. Cream en raison de la couleur blanc beige nacrée observée
sur les individus à Mbity (Zambie) |
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| Neolamprologus sp Eseki |
Espèce relativement proche de
N. mondabu mais trop de caractères morphologiques et chromatiques l'en
distinguent. |
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Reste à se demander
si le N. sp. Cream ne serait pas le véritable modestus et le modestus aux
nageoires jaunes une espèce non décrite. En effet, on trouve ces deux espèces
au sein du même habitat à Mbity Island. Ces deux espèces nagent
sympatriquement au sein de la zone intermédiaire alors que l'on ne trouve que
les spécimens noirs à nageoire jaune dans la zone rocailleuse (4-10m). On
pourrait penser, à l'image des V. moorii, que les individus noirs sont des
adultes matures et les blanc-crème des jeunes non appariés. Mais l'observation
de couples avec alevins blancs infirme cette hypothèse. Ceci nous confirme leur
statut d'espèce indépendantes. Or ces deux espèces correspondent à la
description morphologique du N. modestus. Boulenger donne pour le modestus le
patron de coloration: "Uniformément brun ou jaunâtre avec 7 barres en
arrière du corps. Rayons mous et caudale avec des petits points noirâtres".
Ceci ne nous aide pas beaucoup. Encore que le patron de ces poissons diffère
lorsqu'il sont sortis de l'eau (et je doute qu'en 1906, la plongée sous-marine
ait été pratiquée par le professeur J.E.S Moore (collecteur du type de
modestus)).
A propos du N.
mondabu, Boulenger donnait comme patron "Uniformément gris à olive, plus
clair sur le bas du ventre, extrémité supérieure de la dorsale avec du jaune,
avec des points jaunes. Moitié supérieure de la caudale avec des touts petits
points jaunes, partie inférieure sombre." Ce patron ressemble étonnamment
à celui du sp. Eseki... De là à ce que l'Eseki soit le véritable mondabu,
rien d'impossible encore que les informations données par Boulenger sont trop
vagues pour en tirer d'hâtives conclusions.
Tout ceci n'est que déduction
par rapport aux données publiées. Pour bien, il me faudrait pouvoir étudier
un grand nombre de spécimens collectés sur une plus grande variété de zones
géographiques. Malheureusement, ces poissons sont peu photographiés et peu
exportés. Nos chers auteurs et scientifiques doivent certainement avoir dans
leurs cartons les collections nécessaires et j'espère seulement avoir pu, par
cette étude, soulever leur curiosité.
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