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Tanganyika Cichlids "Les
Eaux Libres" Préface / Le lac / Les Cichlidés / Un habitat battu par les vagues / Un habitat rocheux dépourvu de sédiment / Un habitat rocheux couvert de sédiment / Le fond rocailleux à faible profondeur / La zone intermédiaire / Les fonds sableux / Les fonds de vase / Les eaux libres Dans ce chapitre, les Cichlidés présentés vivent en groupes importants pour assurer leur protection individuelle. La présence du phytoplancton est le principal facteur qui a poussé ces populations de Cichlidés vers cette colonne deau libre bien quils ne se nourrissent pas de cette source de nourriture. Le zooplancton, qui se nourrit de phytoplancton, compose la principale source alimentaire de ces espèces. Le zooplancton est cependant principalement absorbé par deux Cupléidés du genre Stolothrissa et Limnothrissa. Ces délicats et petits poissons (moins de 10 cm) se rassemblent en dénormes bancs de plusieurs centaines de tonnes. Ces bancs procurent un apport de protéines non négligeable pour les riverains du lac et pour les habitants des pays voisins. Ce phytoplancton est dépendant de la lumière qui est abondante durant la journée, ce qui leur permet de descendre dans des zones plus profondes. La clarté des eaux du lac permet aux rayons lumineux de descendre à une profondeur denviron 30 mètres et ainsi lexistence de ce plancton au sein de ces zones durant cette période du jour. Lévolution du soleil dans le ciel créé donc une migration du plancton au cours de la journée. Le phytoplancton est habituellement trouvé mélangé au zooplancton qui adopte les mêmes mouvements migratoires. Ce déplacement vertical est aussi suivi par les Clupéides qui sont pêchés la nuit par les riverains. Ces pêcheurs locaux attrapent ces poissons tôt le matin en approchant des lampes à huile au dessus de la surface de leau (pêche au Lamparo). En dehors de ces Clupéides, des Cichlidés prédateurs de ces espèces sont couramment capturés. Luciolates (une Perche) est le poisson le plus capturé lors de ces pêches intensives, mais Boulengerochromis microlepis est aussi trouvé parmi ces bancs immenses. Pendant les heures de la journée, Stolothrissa et Limnothrissa constituent une source abondante de nourriture pour les Cichlidés vivant la nuit dans les grands fonds. Le genre le plus important de ces piscivores est le genre Bathybates. Les sept espèces de ce genre sont battit de manière similaire. Un corps élancé à la manière dune torpille et une large nageoire caudale indiquent un corps taillé pour la chasse et la poursuite. La taille des espèces du genre Bathybates varie entre 20 et 42 cm, et ces poissons peuvent à leur tour servir de proie à dautres prédateurs comme les Lates par exemple. Cest dailleurs peut-être la raison pour laquelle ces poissons vivent en bancs. Le système de protection en groupe a été très bien démontré et observé avec les grands bancs de Cyprichromis leptosoma dans la baie de Kigoma. Ces bancs étaient entourés par une multitude de prédateurs, principalement du genre Lates. On pourrait penser que des prédateurs se nourrissent en traversant le banc comme une meute de loups affamés, mais on remarque quils se tiennent à une certaine distance. En ce qui me concerne, lorsque je mapprochais dun de ces groupes compacts, certains individus Leptosoma paniquaient et senfuyaient hors du groupe. Cest alors quun groupe de prédateurs sest précipité pour dévorer ces poissons excentrés. Les individus qui restaient à proximité du groupe nont jamais été inquiétés. Le groupe procure ainsi à ses occupants un abri dépourvu de dangers. Les chances dêtre mangés sont très réduites et mêmes égales à zéro si les individus restent accolés en banc compact avec une quantité importante de conspécifiques. La raison est très simple: un prédateur a besoin de se concentrer sur sa proie. Un objectif composé de centaines dindividus va désorienter le prédateur qui nest pas capable de se décider pour une proie déterminée. Les poissons vivement colorés et de même apparence vivent ainsi en totale sécurité dans la colonne deau. Limportante quantité de poissons Clupéides permet cependant aux Bathybates de se nourrir et de vivre de manière groupée avec ses conspécifiques. Cette congrégation est valable non seulement entre une seule et même espèce, mais aussi avec des espèces différentes du même genre. Un coup de filet peut ainsi ramener à la surface quatre ou cinq espèces différentes. Labondance de nourriture a permit lémergence de 6 espèces différentes dans ce genre, qui vivent ensemble et se nourrissent à partir du même menu. La taille des espèces diffère doù une légère spécialisation dans la taille des poissons qui sont consommés. Ces espèces se distinguent toutes par des marques noires sur les flancs du mâle et ces poissons et présentes alors des ressemblances importantes. Ces ressemblances sont un atout supplémentaire pour leur survie lorsque ces espèces vivent en groupe. On pourrait avec justesse se demander comment 6 espèces différentes peuvent vivre dans la même niche dun même habitat. La raison en est certainement labondance de nourriture. Un amoindrissement de cette source mènerait sans doute une sélection plus dure de ces prédateurs. Lorsque la nourriture est pauvre, seuls les individus rayés (Bathybates) parviennent à se maintenir et les autres espèces arborent alors une robe similaire pour se sustenter. Bathybates est un incubateur buccal doù la présence dune différence chromatique des deux sexes. Les mâles ont une coloration spécifique qui peut être identifiée par leurs femelles respectives. Ce patron de coloration est le seul facteur qui permette la coexistence pacifique de ces 6 espèces. Cette situation est expliquée par la variation du niveau des eaux au cours de lhistoire géologique du lac. Lors de la période de basses eaux, le lac sest divisé en plusieurs petits bassins en permettant ainsi lémergence de nouvelles espèces adaptées à un type de niche spécifique. La montée des eaux a mélangé ces espèces tout en leur permettant de survivre grâce à labondance de nourriture présente dans ce biotope. Le nombre dindividus composant un groupe homogène est contrôlé par les gros prédateurs du type Lates. Bien sûr, une certaine compétition existe dans ce milieu et il sest ainsi établi une certaine spécialisation alimentaire de ces espèces, bien quelle soit très rare au sein des espèces similaires de Bathybates. Un groupe très ressemblant à ce dernier est trouvé au sein du lac Malawi sous le nom de Rhamphochromis. La reproduction de ces poissons de déroule certainement dans les régions profondes du lac. Le mâle présente alors ses barres noires typiques des autres incubateurs buccaux de ces profondeurs. On ne sait pas si Bathybates a besoin dun substrat pour se reproduire ou sils pondent en pleine eau comme le genre Cyprichromis. Il semble plus sûr de dire que Bathybates retourne vers le fond et quil se reproduit sur le sol. Les taches situées sur la nageoire anale des mâles reproduisant les oeufs sont révélatrices de cette technique de ponte. Pendant la période de reproduction, les différentes espèces se séparent, mais il nest pas impossible que le banc tout entier se déplace dans lobjectif de se reproduire. Lisolement des couples lors de cette phase essentielle peut expliquer le développement et la conservation de ces différentes espèces comme cela est constaté chez les poissons du genre Utaka du lac Malawi. Les bancs dUtaka sont composés de plusieurs espèces qui se nourrissent à partir dune même source, mais se séparent pendant la saison des reproductions. Le noir est la seule couleur disponible pour habiller de manière différente les espèces du genre Bathybates. Sept patrons existent. Celui de Bathybates minor, le plus petit du genre (20 cm), est composé de 4 lignes horizontales. Bathybates ferox (35 cm) montre 4 lignes de points. Les deux lignes inférieures sont composées de plusieurs petits points alors que les lignes supérieures le sont de larges points. Les mâles Bathybates fasciatus (40 cm) ont des barres verticales sur les flancs et deux lignes horizontales sur le pédoncule caudal. Bathybates graueri (25 cm) présente une combinaison de barres et de bandes. La partie frontale du corps est marquée par 4 barres verticales, et la caudale par 4 lignes horizontales. Bathybates horni (27 cm) se caractérise par 6 ou 7 barres verticales sur la partie frontale du corps et 3 ou 4 lignes de points sur le pédoncule caudal. Bathybates leo (26 cm) est la seule espèce qui ait une distribution limitée et capturée en petite quantité. La raison pourrait être que son patron de coloration ressemble aux deux précédents. Cette coloration a dû induire en erreur un grand nombre de collecteurs qui ont confondu Bathybates graueri ou Bathybates horni avec les femelles Bathybates leo. La partie frontale de ces poissons montre 3 barres verticales et 4 lignes horizontales sur le pédoncule caudal. Une bande oblique, située au centre du poisson entre les barres verticales et horizontales, zèbre le poisson en allant du milieu de la nageoire dorsale aux pelviennes. Bathybates vittatus est une espèce à part en raison de la structure de ses écailles. Deux types décailles sont identifiées chez cette espèce. Chaque écaille de taille normale supporte à son extrémité une série de minuscules écailles, ce qui donne à ces poissons une apparence hors du commun. En plus de cette spécificité, les mâles de cette espèce ont 4 fines barres longitudinales sur la partie caudale du corps du poisson. A partir de ces différences chromatiques, on pourrait se demander comment les femelles font pour identifier le bon partenaire sexuel. Le fait que Bathybates soit un Cichlidé très commun dans le lac semble montrer que la femelle ne soit pas troublée par ces risques derreur. Hemibates stenosoma a une coloration similaire sur les flancs, mais a un corps plus haut que Bathybates. La taille maximum de ces Cichlidés est de 27 cm, ce qui fait de lui un redoutable prédateur. Hemibates stenosoma peut se nourrir de poissons autres que ceux composant le menu des Bathybates et les très abondants poissons du genre Trematocara peuvent se rajouter à son menu. Hemibates stenosoma est un incubateur buccal qui produit des oeufs dun diamètre impressionnant de 7 mm. Les mâles sont plus colorés que les femelles et les juvéniles de cette espèce sont trouvés en bancs dans les eaux superficielles. A lâge de la maturité sexuelle, ces poissons se dirigent vers les eaux plus profondes du lac et les adultes sont rencontrés en petits groupes entre 30 et 50 mètres. A cette même profondeur, on trouve Trematocara caparti et Trematocara kufferathi. Ces deux poissons vivent en banc et se nourrissent de zooplancton. La taille maximum de ces espèces est de 7 cm. On récemment décrite une nouvelle espèce qui a de grandes similitudes avec le genre Trematocara: Trematochromis schreyeni. Lapparence générale de ce petit Cichlidé (environ 7 cm de longueur) rappelle celle des Cichlidés du genre Cyprichromis trouvé dans le même habitat. La bouche est très protractile, ce qui nous fait penser que ce poisson a un menu composé principalement de plancton. On remarquera avec intérêt les pores sensoriels très larges situés sur la partie encéphalique. Ces pores couvrent presque entièrement la tête de ce poisson. Contrairement avec Trematocara, cette espèce a deux lignes latérales très développées sur les flancs. La nageoire dorsale épineuse est cependant très semblable aux espèces du genre Limnochromis. Tangachromis dhanisi a une taille maximale de 8,5 cm et est enregistré à des régions profondes où il se nourrit de zooplancton. Tangachromis dhanisi est probablement un incubateur buccal si on note le fait que les oeufs situés dans son seul ovaire fonctionnel font plus de 2 mm de diamètre. Le mâle a une couleur jaune vert avec des points sur lopercule. Les nageoires impaires montrent une fine bande en marge de celle-ci. Les nageoires ventrales sont allongées et rejoignent le pédoncule caudal. Il nexiste pas dextension du système sensoriel comme chez les précédentes espèces. Un autre mangeur de plancton des grandes profondeurs est connu sous le nom de Gnathochromis permaxillaris. Cette remarquable espèce présente une large et protubérante bouche avec laquelle il collecte une quantité impressionnante de zooplancton. On a déjà observé ce poisson dans des zones dépourvues doxygène à environ 200 mètres. La reproduction de cette espèce semble survenir uniquement pendant la saison des pluies car on a observé des populations très différentes en fonction de la période de lannée. Il semble vraisemblable que Gnathochromis permaxillaris soit sexuellement mature après 3 années dexistence en atteignant alors la taille de 15 cm. La première année, les juvéniles atteignent 7 cm, 11 cm dans la seconde, puis se reproduisent lors de la troisième. Les mâles et les femelles présentent le même patron de coloration. En fonction de sa zone de collecte, cette espèce peut présenter un fond de coloration jaune ou légèrement rose. On remarque aussi sur les flancs trois (ou plus) lignes très marquées, constituées dune succession de petites taches en forme de perle. Les nageoires pelviennes sont très allongées et peuvent ainsi rejoindre la caudale. On notera que ces nageoires ventrales sont plus longues chez la femelle que chez le mâle. La clarté des eaux à ces profondeurs où sont capturées ces espèces est moindre que dans les eaux superficielles. Le plancton se nourrit des bactéries présentes dans la boue au fond de ce biotope. En combinant ce constat avec le fait que la lumière soit filtrée par la hauteur deau, on comprend que les eaux des profondeurs soient légèrement sombres et la visibilité très réduite. Les longues nageoires ventrales des Gnathochromis permaxillaris donne des indications au poisson sur la présence de nourriture sur le fond sans devoir la détecter visuellement. Ces nageoires jouent aussi certainement un rôle dans la protection du frai. Bien que lon nait pas encore observé de femelles en incubation, on pense que cette espèce appartienne aux incubateurs buccaux. Les mâles ont une lèvre supérieure plus prononcée et protubérante que les femelles. Il est probable que les couples de Gnathochromis permaxillaris forment des couples uniquement durant la période de reproduction. On a trouvé quelques femelles gravides avec un seul ovaire fonctionnel avec plus dune centaine doeufs de 2 mm de diamètre. Haplotaxodon microlepis est un prédateur qui est couramment rencontré dans les 10 premiers mètres de la colonne deau. On a parfois remarqué sa présence avec surprise à proximité de la côte rocheuse. Haplotaxodon microlepis se nourrit à partir de jeunes Clupéides (Stolothrissa). De grandes quantités de ces poissons ainsi que dautres, comme Lamprichthys tanganicanus, Ophthalmotilapia et Cyprichromis se déplacent en de larges groupes dans la zone supérieure de la colonne deau. Les adultes Haplotaxodon microlepis prélèvent souvent leurs proies à partir de cette zone. Leur bouche relativement verticale montre cette superbe adaptation à ce régime alimentaire. La taille maximale de cette espèce est de 28 cm mais tourne plus généralement autour de 20 cm. Les spécimens Haplotaxodon microlepis immatures se nourrissent de zooplancton et les sub-adultes se rassemblent en bancs de plusieurs centaines dindividus. Dès leur maturité sexuelle, les couples se séparent du banc et pondent. Le couple reste uni pendant toute la période dincubation mais on ne sait pas si le mâle y participe. Quand le frai est relâché, les deux parents gardent leur progéniture, qui parfois compte plus de 300 alevins. Jai pu observer plusieurs couples de cette espèce en phase de reproduction. Le frai est protégé pendant une période dau moins 3 semaines et se réfugie dans la bouche dun de leurs parents (probablement la femelle) en cas de danger. Les grands prédateurs de ce biotope souffrent de la présence des mangeurs décailles: Plecodus elaviae, Plecodus paradoxus et Xenochromis hecqui. Ces trois voleurs décailles peuvent atteindre la taille respectable de 30 cm de long. On a observé que ces espèces se rassemblaient en banc pour combiner leurs efforts. On a trouvé un quatrième mangeur décailles à de grandes profondeurs: Perissodus eccentricus. Le caractère principal de ce poisson est davoir une bouche grimaçante. Cette population est divisée en deux types différents. Les deux ont une bouche présentant cette grimace, mais une dentre elles est tournée vers la gauche, et lautre vers la droite. Cette espèce montre avec évidence ladaptation de leur anatomie à leur comportement alimentaire. Il est clair que la forme de cette bouche est le résultat dune adaptation visant à prélever les écailles des autres poissons. Un poisson attaqué par derrière et par surprise va perdre quelques écailles sur ses flancs. Avant quil nait pu réagir, Perissodus eccentricus a déjà pu séloigner de la zone. Perissodus eccentricus grandi jusquà une taille maximale de 16 cm. Lavantage que présente cette espèce par rapport aux autres mangeurs décailles est, en raison de sa petite taille, de pouvoir attaquer plus facilement par surprise des poissons plus gros. On constate que ces autres voleurs attaquent principalement des poissons de leur taille. Les victimes sont ainsi surprises dêtre agressées par des poissons de la même taille queux. Perissodus eccentricus attaque des poissons plus gros et en économisant ses efforts en raison de sa taille plus modeste. Ces quatre voleurs décailles sont des incubateurs buccaux de type bi-parental et les deux poissons prennent soin de leur frai après quil soit relâché. Le dernier groupe à devoir être décrit ici est composé despèces grégaires des genres Cyprichromis et Paracyprichromis. Ces espèces se nourrissent du zooplancton qui est présent de la colonne dau à proximité de lhabitat rocheux. Les bancs de ces espèces contiennent plusieurs dizaines de centaines dindividus. Ces bancs sont relativement statiques et chaque individu reste à une certaine distance de ses conspécifiques ou congénères dès que le groupe est composé de deux ou plusieurs espèces. Le coeur de ce groupe contient généralement une grande concentration de femelles et les mâles sont trouvés à la périphérie. Des bancs satellites composés exclusivement de mâles gravitent parfois autour du banc principal. Il est surprenant dobserver ces centaines de mâles en train de défendre leur territoire au sein même de la colonne deau. Il est intéressant de constater que ces poissons nont pas besoin dun substrat pour se reproduire; les femelles expulsent leurs oeufs la tête en bas, presque en position verticale. Quand les oeufs passent à proximité de la bouche de la femelle, elle sempresse de les mettre en sécurité. La fertilisation des mâles peut se passer de deux manières différentes. Dans le genre Paracyprichromis, avec les espèces Paracyprichromis brieni et Paracyprichromis nigripinnis, la fécondation se déroule à lextérieur de la cavité buccale de la femelle. Au moment où la femelle expulse progressivement ses oeufs, le mâle lâche son sperme autour de la femelle. Le mâle reste à proximité de la femelle sans bouger en dirigeant sa semence vers la femelle grâce à laction de sa nageoire caudale. Il semble que Paracyprichromis ait besoin dun substrat pour se reproduire bien que les oeufs ne rentrent jamais en contact avec ce dernier. La fertilisation des oeufs des espèces plus colorées du genre Cyprichromis prend place dans la cavité buccale de la femelle. Les mâles ont des nageoires pelviennes de couleur jaune et étendent celles-ci dun côté du corps et se mettent à vibrer de manière significative. Ce comportement attire la femelle. A ce stade, les nageoires pelviennes du mâle sont très lumineuses, mais nimitent pas la couleur et la forme des oeufs. La vibration des pelviennes du mâle attire non seulement les femelles, mais aussi les autres espèces (notamment les autres mâles de ces espèces) qui voient en ce leurre la présence de nourriture. La femelle a ainsi son attention attirée par cette activité surprenante et la mâle arque ainsi son corps et oriente ses pelviennes en direction de la femelle en continuant son activité vibratile. Elle essaie alors de capturer ces leurres visuels. Après un certain temps, la femelle lâche ses oeufs dans la colonne deau libre qui sont ensuite collectés sans se préoccuper de leur fertilisation. Celle-ci survient dans la bouche de la femelle lorsque le mâle présente ses pelviennes. A ce moment, la vibration de ces pelviennes cesse quelque peu et le mâle peut alors présenter clairement ces anatomies jaunes afin de décider la femelle à les prendre bouche. Au même moment, la femelle tente de collecter ces faux oeufs sur les pelviennes du mâle et le sperme ainsi relâché par le mâle féconde les oeufs situés dans la bouche de la femelle. Le comportement reproducteur des genres Cyprichromis et Paracyprichromis est assez distinctif des autres espèces et est justifié par la nature de leur habitat de prédilection. La reproduction du genre Paracyprichromis est plus primitive dans le sens où les mâles séquestrent les femelles à partir du banc et quils les poussent à pondre au centre dun nouveau territoire généralement en-dehors du reste du groupe. Contrairement à ces derniers, les mâles du genre Cyprichromis restent dans un territoire relativement statique et attirent par des signaux les femelles du genre. La reproduction du genre Cyprichromis saccorde parfaitement avec la technique principalement observée chez beaucoup dincubateurs buccaux. La caractéristique principale de ces animaux est quelle se situe dans un territoire en trois dimensions. Les femelles gravides sont mises en condition à la simple vue de ces mâles qui leur envoient ces signaux distinctifs Cependant, aucun nid nest présent comme par exemple pour les espèces du genre Ophthalmotilapia et Cyphotilapia. Un mâle situé en pleine eau na aucun point de repère pour marquer son territoire et ainsi son site de ponte. Le nid est ainsi invisible t situé dans lespace. Il nen reste pas moins que les femelles se placent en position de ponte dès quelles observent un mâle en situation de féconder leurs oeufs. Le fait que le mâle lâche en premier son sperme peut être un stimulant pour ces femelles, comme chez beaucoup dincubateurs buccaux. Après que la femelle ait pondu, elle rejoint un banc séparé composé uniquement de femelles en incubation. Les femelles relâchent leur frai au même moment et les alevins forment un banc compact situé quelques centimètres sous la surface de la colonne deau libre. Paracyprichromis brieni a été décrit à partir de spécimens capturés au Nord du Zaïre, mais il semble que sa distribution couvre toute létendue du lac. Cette espèce est plus communément capturée que Paracyprichromis nigripinnis situé à des zones plus profondes. Ce dernier est principalement présent en Zambie à de grandes profondeurs. Paracyprichromis nigripinnis est cependant répertorié dans dautres localités situées sur les côtes Tanzaniennes et Zambiennes. Ces deux espèces atteignent une taille de 11 cm. Paracyprichromis brieni se distingue de Paracyprichromis nigripinnis par un oeil plus petit par rapport à la taille de la tête. On a trouvé au Burundi et en Zambie ces deux espèces dans une même localité. On a noté que Paracyprichromis nigripinnis nest jamais rencontré dans les zones superficielles et quil nest jamais observé dans le même champ de vison que Paracyprichromis brieni et sont par là même distants de plus de 15 mètres. La distribution de Cyprichromis microlepidotis fut pendant longtemps limitée à la partie Nord du lac, au Nord de Nyanza-Lac. De rares spécimens ont cependant été observés sur la côte de Tanzanie (aux îles Karilani) à proximité de Cyprichromis leptosoma. Jai pu observer des bancs de Cyprichromis microlepidotis au Burundi dans les eaux superficielles. Ces populations comportaient des individus ayant deux patrons chromatiques différents: des mâles avec des queues bleues, une tête bleu ciel et dautres avec des nageoires jaunes et des taches de couleur variables sur le pédoncule caudal et sur la dorsale. Il ny avait pas de séparation apparente de territoire entre ces deux types de poissons. Les mâles dune de ces sous-populations regardaient lautre comme des sub-spécifiques et les chassaient de leurs territoires. En raison de limportance de la coloration des mâles chez les incubateurs buccaux, il est intéressant de savoir si les femelles ont une préférence pour un type de mâle plutôt quun autre. Cela sous entend évidemment que ces deus types de mâles vivent de manière conspécifique. On remarque sur ce point que les femelles se reproduisent aléatoirement avec des mâles des deux couleurs dès lors que ces dernières deviennent proéminentes. Cette situation est relativement normale dans les autres lacs Africains. Dans les lac Victoria et Kivu, différentes espèces se distinguent par des patrons différents au sein dune même espèce de poisson. Les femelles cependant se reproduisent avec ces différents types de ces espèces. Ces espèces vivent sympatriquement mais les femelles choisissent toujours les mâles se rapprochant le plus de lespèce type. La couleur des mâles des espèces incubatrices est probablement plus importante que les taxonomistes ne le prétendent. Pour revenir à nos Cyprichromis, les deux patrons chromatiques peuvent être comparés à ceux des Bathybates. En captivité, les femelles peuvent se reproduire avec les mâles des deux patrons et leur descendance comporte également ces deux formes chromatiques lors dune même ponte. Dans des conditions naturelles, les deus ou trois formes chromatiques peuvent cependant représenter deux ou trois espèces différentes. Des observations similaires ont été faites pour Cyprichromis leptosoma qui présente à ce jour 7 populations distinctes. Dans la baie de Kigoma et autour des îles Karilani, on trouve (à présent) un de ces populations. Dans lîle de Malasa, on enregistre deux autres formes. Au Sud, près des côtes de Mpulungu, Krüter et Duez ont trouvé une population des plus magnifique qui ressemble à celle de Malasa en présentant en plus des flancs jaune et une nageoire dorsale bleue et jaune. Cest de cette variété qua été décrit lholotype de Cyprichromis leptosoma. Plusieurs formes chromatiques ont été répertoriées des bancs situés à cet endroit. En dehors de cet holotype, une forme a été observée avec une dorsale jaune ou bleue lumineux en fonction des individus. Sur la côte Tanzanienne, on a découvert deux nouvelles races qui ressemblent également à celle du spécimen type de Malasa. On a enfin répertorié une race entièrement jaune or au Zaïre. Les bancs de Cyprichromis leptosoma
répertoriés à Malasa sont mélangés à dautres populations, non décrites
jusqualors mais connues sous le nom de Cyprichromis leptosoma jumbo. Ces Cichlidés
sont plus solidement bâti que le frêle Cyprichromis leptosoma de Mpulungu, espèce type
du genre. Cette nouvelle espèce a été répertoriée sous trois formes chromatiques
différentes. La première de ces variétés a été collectée pour laquariophilie
à Cape Chipimbi. Cette espèce est aussi connue sous le nom de Cyprichromis species
affinis leptosoma I que jai pu observer autour de lîle de Malasa. La race de
Chipimbi est connue sous deux formes chromatiques différentes: la forme la plus connue en
aquariophilie à une caudale jaune ou bleue. Dune autre localité (inconnue à ce
jour), on a exporté récemment dautres nombreuses variétés de la côte de Zambie.
Ce Cyprichromis nigripinnis jaune, comme il a été abusivement nommé sur le marché
aquariophile, a une différence chromatique nettement moins prononcée. Les mâles ont un
corps plus jaune que les femelles et une nageoire dorsale bleutée. Il est clair que cette
espèce appartienne aux Cichlidés du type Cyprichromis leptosoma dès lorsque lon
constate la présence de ces taches jaunes sur les nageoires ventrales. En captivité,
cette espèce se comporte identiquement à Cyprichromis leptosoma, en faisant vibrer les
pelviennes devant les femelles, ce qui nest jamais observé chez les espèces du
genre Paracyprichromis. A ce jour, ces espèces sont nommées Cyprichromis species affinis
leptosoma II. La reproduction des espèces du genre Cyprichromis en captivité nest
possible quà lunique condition que les mâles disposent dun territoire
relativement conséquent. Quand cette espèce dispose dassez despace, elle se
reproduit tous les mois. |
Tanganyika Cichlids |