Tanganyika Cichlids 1988

"Le Lac"
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Préface / Le lac / Les Cichlidés / Un habitat battu par les vagues / Un habitat rocheux dépourvu de sédiment / Un habitat rocheux couvert de sédiment / Le fond rocailleux à faible profondeur / La zone intermédiaire / Les fonds sableux / Les fonds de vase / Les eaux libres

Le lac Tanganyika est entouré par quatre pays. La partie Nord du lac appartient au Burundi, toute la partie est au Zaïre, la partie Sud au Zambie, et environ 300 miles de la côte sont Tanzaniennes. La superficie du lac couvre environ 34.000 km2 (7ème lac mondial de par sa superficie). Sa surface pourrait couvrir entièrement les Etats du Maryland et du Delaware.

Le lac Tanganyika appartient à ce que l’on appelle les lacs du rift Africain, et s’étend sur 650 km de long. La côte Est et la côte Ouest sont séparées par plus de 80 km. Si nous superposions le lac sur les Etats-Unis, il s’étendrait de San Francisco à Los Angeles ou de Chicago à Pittsburgh.

La profondeur du lac atteint un maximum de 1470 m (2ème lac mondial de par ce critère). Des récentes mesures ont montré des couches de sédiment de plusieurs centaines de mètres au fond du lac. Ceci pourrait étendre de manière significative la profondeur du lac. Malgré cette profondeur, la partie la plus intéressante du lac se situe dans les 200 premiers mètres d’eau. La raison de cet état de fait est que l’existence d’oxygène dans l’eau n’excède pas cette profondeur. De par le peu de mélanges se produisant entre ces deux couches (la partie oxygénée et celle qui ne l’est pas), la vie s’est maintenue dans la partie supérieure de la zone dite de l’eau morte. En raison de sa position proche de l’équateur, la température annuelle moyenne tourne autour de 26,5 °C.

90 % des précipitations annuelles s’évaporent, les 10 % restants se retrouvent dans la rivière Lukula. Dans la partie Nord du lac, le cours du Ruzizi se gonfle rapidement. Son eau est plus froide que les eaux du lac et coule, sans pour autant créer de courant, dans les zones profondes. Les eaux de l’estuaire du Malagarasi coulent lentement dans le lac, tout en contribuant à son réchauffement. Le surplus de ces eaux se mélange aux eaux du lac et créé des courants. En raison de ces turbulences aquatiques, l’estuaire du Malagarasi créé une barrière que ne peuvent traverser un grand nombre de Cichlidés.

Le rivage du lac consiste en une succession de plages de sable et de côtes rocheuses. Les côtes rocheuses peuvent être constituées de roches de la taille de boulets sur le sol sableux et peuvent abriter des Cichlidés typiques de cet habitat rocheux.

La chimie de l’eau est la même dans tout le lac. Le pH (mesure de l’acidité) est dépendant de la quantité et de la qualité des sels qui y sont dissous. Dans l’eau en perpétuel mouvement (le rivage), le dioxyde de carbone est plus présent, d’où une augmentation du pH. La conductivité (mesure de la quantité de minéraux dissous) varie entre 550 et 600 micro-Siemens. En raison de ce pH élevé et de la relative importante quantité de sels dissous, on trouve des précipitations continues de sels carboniques. Ces précipitations forment comme une croûte de sel autour des pierres et des roches, en particulier au-delà de 5 mètres de profondeur. La couche de sel cristallisé forme un relief tranchant sur les rochers que le plongeur doit prendre garde à éviter. La visibilité dans le lac excède 20 mètres, ce qui fait de cette dernière l’eau douce la plus transparente du monde.

Le niveau de l’eau du lac a varié de nombreuses fois par le passé. Un bouleversement considérable a transformé le lac en trois ou quatre bassins. Ces bassins profonds, qui sont nettement visibles par les sondeurs, jouent un rôle important dans la distribution de beaucoup d’espèces. Le bassin le plus profond est situé dans la moitié Sud, le second dans la partie Nord du lac. Entre ces deux bassins, un troisième, moins profond, a été localisé. Une baisse rapide des eaux à confiné les poissons dans ces bassins. Une montée conséquente des eaux aurait créé un lien entre les deux plus profonds bassins, ce qui ne veut pas dire pour autant que les populations de ces deux ou trois bassins se soient immédiatement mélangés. En fonction de cette durée de basses eaux, donnant lieu à l’existence de deux ou trois lacs isolés, certaines espèces ont évolué en deux ou plusieurs nouvelles espèces. Ces nouvelles espèces ont pu développer de nouvelles habitudes alimentaires ou simplement des modifications de couleurs avec de légères transformations anatomiques. Les espèces de ce premier groupe ont eu plus l’opportunité de se répandre au sein de l’étendue " nouvelle " du lac que les espèces plus récentes. Ceci s’explique aisément car les espèces plus tardives se sont trouvé en compétition avec les espèces similaires des autres bassins. En plus de cela, la restriction de beaucoup de Cichlidés à un habitat rocheux n’a pas contribué à la dispersion des espèces. L’existence de ces deux ou trois lacs ou bassins se retrouve dans la distribution de beaucoup de Cichlidés liés à ce type l’habitat.

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle