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Interview
d'Ad Konings
Interview réalisée par Juan Miguel
Artigas Azas Ad, merci de nous accorder cette interview. Pour commencer, je voudrais savoir comment cette passion pour les cichlidés est née. Mon intérêt pour les poissons est apparemment né lorsque j'avais 10 ans, lorsque je suis tombé dans le bassin à poissons rouge de ma grand-mère. Mais ça a réellement commencé quand j'avais 12 ans et qu'un de mes amis a acquis un aquarium chez lui. Je l'aimais plus que lui. J'achetais les poissons pour son compte parce que ma mère ne me permettait pas d'avoir un bac chez moi. Mais deux années plus tard la mère de ce copain suggéra à ma propre mère le fait que je mérite d'avoir mon propre aquarium. Ce premier bac mesurait 60x30x30 centimètres et environ six mois plus tard, le suivant faisait 180x60x60. Ils étaient peuplés de tous types de poissons ordinaires comme des tétras cardinalis, mais il y avait déjà à cette époque des cichlidés nains comme des Apistogramma. Quand j'ai eu le grand aquarium, j'utilisais le petit à des fins de reproduction et le premier poisson que j'y ai introduit était Julidochromis marlieri. Et il y a de cela 24 ans, j'ai eut le premier J. marlieri disponible en Hollande et chose intéressante, c'était un couple qui s'est reproduit en moins d'un mois. C'était des sauvages issus du Burundi. J'ai essayé de maintenir des "Princesses du Burundi" Neolamprologus brichardi, et c'était aussi les premiers disponibles à Rotterdam. J'ai placé quatre spécimens dans le grand bac, celui d'1,80 m mais l'eau était acide car j'y avais placé des racines. C'est pourquoi ces poissons coûteux moururent pendant la nuit. Je suis retourné chez mon détaillant qui était Dirk Verduyn de "Verduyin cichlids". Je lui ai expliqué la situation et il me dit "Okey, la prochaine paire, pas quatre, mais la prochaine paire, je te ferais un tarif préférentiel de 50%. J'ai ainsi acheté un autre couple qu'il me conseilla de placer dans un autre aquarium sans y adjoindre d'autres poissons. C'est ainsi que je les ai mis dans le petit bac avec les J. marlieri. Comme je le disais, ce bac était minuscule, juste 60 cm de long. Mais les J. marlieri et les "Princesses du Burundi" se sont reproduits ensemble dans le même bac et j'ai ainsi élevé des tas d'alevins. Peux tu nous dire comment s'est passé ton épanouissement dans la conservation des cichlidés? Comme je ai dit, j'avais 14 ans lorsque j'ai commencé avec les cichlidés et bien sûr, dès que vous avez reproduit quelques espèces, vous voulez plus d'aquariums, et j'ai ainsi eut d'autres bacs. Je continuais d'aller à l'école à cette époque et parfois, j'avais tellement de reproductions que cela nécessitait l'aide de ma mère pour nourrir les alevins. En 1980, j'aidais Dirk Verduyin le samedi. Verduyin était de loin le plus grand fournisseur de cichlidés de toute la Hollande. Nous allions chaque mois en Allemagne chez des grossistes et importateurs de Malawi et de Tanganyika et nous emportions tout ce qui était intéressant pour l'importer en Hollande. Mon ami, Frans Hertog, était aussi très intéressé par les cichlidés. Dès qu'il m'annonça qu'il y avait un club de cichlidophiles en Hollande, j'en devins un membre (ce que je suis toujours). Nous étions si intéressés par les cichlidés que nous tentions de faire acheter par Verduyin toutes les espèces possibles et il y a 15 ans de cela, nous possédions environ 300 espèces en stock. Dès que nous entendions parler d'une nouvelle espèce, nous passions la journée sur la route pour obtenir ces dernières et en même temps, nous récupérions toutes les espèces rares que nous trouvions en Allemagne pour les mettre dans nos aquariums. A cette époque, j'étudiais la biologie dès lors que je me suis intéressé aux poissons. Mais je savais parfaitement que si j'étudiais l'Ichtyologie, il n'y aurait pas de travail pour moi. Aussi, je me suis orienté vers la biologie médicale, non parce que je m'intéressais à l'organisme humain, mais parce que les débouchés seraient plus importants. Reste que ma passion restait les cichlidés, leur comportement et leur évolution. Vous êtes reconnu mondialement comme un expert des cichlidés du Malawi. Vous avez découvert et décrit beaucoup d'espèces de ce lac, ainsi qu'observé pour la première fois le comportement étonnant de ces poissons. Votre dernier livre sur les cichlidés du Malawi est un des meilleurs livres jamais écrits sur les cichlidés. Pouvez-vous nous raconter votre première visite sur les lieux? Je crois que c'était en 1980, quand un de mes amis et moi-même sommes allés pour la première fois au lac Malawi. J'étais très heureux de faire ce premier voyage en compagnie de Dirk Verduyin et de Frans Hertog. Nous étions les premiers hôtes de Stuart Grant. Il organisa tout pour nous et nous n'avions qu'à arriver sur place et là, tout le reste était prêt. Nous avions fait une multitude de choses lors de ces trois semaines, mais avec du recul, nous n'avions pas vu beaucoup de poissons. Bien sûr, j'ai pu observer beaucoup d'espèces mais je n'arrivais pas à en identifier beaucoup et à m'attarder sur leur comportement et leur distribution. J'y avais juste vu beaucoup de poissons que je retrouvais ensuite dans mes aquariums mais il y en avait réellement beaucoup que je ne connaissais pas. Je voulais donc absolument en savoir plus sur ces derniers. Ce voyage au Malawi était somme toute sympathique. C'était, il y a longtemps; 17 ans. Comme je le disais, nous étions les premiers visiteurs de Stuart Grant, que nous n'avions jamais rencontré auparavant. Nous en avions entendu parler et Dirk nous avait déniché son n° de téléphone et je me rappelle notre première conversation téléphonique. C'était moi qui avais appelé, car j'étais le seul de nous trois à parler l'Anglais. La ligne était très mauvaise et le temps de réponse interminable. Mais notre conclusion était que Grant était une personne très intéressante et fort sympathique. Nous n'avions qu'à aller sur place et il s'occuperait de tout. Le vol pris un temps interminable. Nous devions passer par Londres, puis effectuer d'autres transferts avant d'arriver au Malawi. C'était avec British Airways sur un super VC-10. A notre arrivée, une voiture nous attendait et la première nuit, nous voulions la passer sur le plateau de Zomba. De cet endroit, nous pouvions avoir un panorama sur le rift Africain. C'était un endroit magnifique. De là, nous sommes allés du nord vers le sud du lac à Cape Mclear, où nous avons rencontré Stuart Grant. Il avait déjà organisé quelques jours pour nous. Nous avons alors volé jusqu'à Blantyre et pas à Lilongue. De là, il organisait les bateaux de Norman Edwards, qui exportait alors des poissons de Cape Maclear. Son chef plongeur était James Pindani, et ce dernier nous embarqua pour visiter plusieurs îles de cape Maclear. Pour plonger, nous utilisions un narguilé, qui consiste à utiliser un compresseur sur le bateau qui produit de l'air comprimé entre 7 et 10 bars. Du compresseur partaient deux tuyaux de 50 mètres avec un embout de détendeur à l'extrémité. Cette méthode nous permettait de plonger aussi longtemps que désiré, même si la profondeur à ne pas dépasser était de 10 mètres. Il était très intéressant de voir autant de poissons. Nous étions réellement étonnés. Stuart nous reprit à ses côtés pour aller à Salima où se trouvait sa station de collecte. Nous étions logés à l'hôtel qui s'appelait à cette époque le "Grand Hôtel de la plage". C'était en 1980 et l'eau du lac avait monté et emporté le sable du nouveau "Grand Hôtel". L'eau était tellement montée qu'elle avait détruit deux parties de l'hôtel et les chambres étaient condamnées par l'eau. Après cet épisode, l'endroit fut surnommé l'hôtel sans plage". En plus, le service était assez mauvais et les chambres tout juste passables. C'était un hôtel de l'époque coloniale. Nous ne pouvions résider chez Stuart car son leaving était reconverti en garage et il ne possédait qu'un lit situé dans une chambre. Stuart nous prenait chaque jour et nous transbordait dans différentes parties du sud du lac. Nous sommes allés à l'île de Mbenji et à cette époque, c'était vraiment loin, car il ne possédait pas de véritable hors-bord, juste un petit moteur. D'où six heures de traversée alors que maintenant, il faut juste 3 heures et demie. Nous étions pratiquement les seuls blancs à avoir visité cette île, aussi les gens étaient très surpris de nous voir. A notre arrivée, il faisait très sombre et dès que nous allumions nos lampes, nos jambes se couvraient de millions de mouches. Ces dernières se nourrissent du jus des poissons en train de sécher partout sur le sol. Nous avions une moustiquaire que Stuart nous avait prêtée et nous nous sommes couchés dedans. Nous ne pouvions utiliser nos lampes sous peine d'être recouvert par les mouches. Nous sommes restés deux nuit sur place en plongeant au narguilé, au tuba et ce fut évidemment très intéressant. A cette époque Stuart avait un petit avion, un Cessna, dans lequel il nous emmena à l'île de Likoma. L'avion était le seul moyen pour lui de ramener les poissons de Likoma. Il avait une équipe qui capturait des poissons autour de cette île et de celle de Chisumulu. Nous avons aussi survolé cette île, mais nous ne nous y sommes pas arrêté. C'était un voyage impressionnant et captivant. Nous sommes aussi allés dans des endroits sauvages pour voir des éléphants et des buffles d'eau, mais bien sûr notre principal intérêt était les poissons. Stuart nous aimait bien parce-que nous étions enthousiastes et que nous étions enchantés par les couleurs des poissons. Ca le rendait de très bonne humeur. Vous avez plongé plusieurs fois dans les lacs Malawi et Tanganyika, vous devez avoir des expériences surprenantes durant ces merveilleux voyages et plongées. Pouvez-vous nous raconter une d'entre elles et pourquoi celle-ci? Un des voyages intéressants que j'ai pu faire fut le troisième que j'ai accompli avec Walter Dieckoff. C'était vraiment un voyage marathon parce que nous voulions parcourir toute la côte du Malawi (pays). C'était impossible, aussi, nous n'en avions fait que les ¾. Mais c'était très intéressant parce que c'était après que Tony Ribbink et ses collègues aient publié leur revue sur les mbunas, les frappeurs de pierre du Malawi. Beaucoup de ces cichlidés étaient connus et malgré tout, nous avons découvert une multitude qui n'étaient pas références dans le livre. Nous avons trouvé entre 50 et 60 espèces, ce qui était très intéressant pour nous. Dieckoff est réellement un très bon photographe et même s'il ne savait pas quel poisson il photographiait, il avait la patience d'attendre le bon moment pour prendre le meilleur cliché. Nous étions partis de Salima au sud du lac où Stuart Grant était installé. Je fais tous mes voyages à partir de là, car il peut nous donner l'équipement nécessaire avec un bateau. Cela nous prit 52 heures sans interruption pour aller de Salima à la frontière avec la Tanzanie au nord. Puis, nous avons rebroussé chemin en inspectant chaque zone où nous pensions trouver des choses intéressantes. Ce voyage dura en tout 6 semaines. Nous ne sommes pas allés au sud de Salima, mais la même année, en décembre, je suis retourné seul pour achever la partie Malawite du lac pendant deux semaines. Quand je suis allé avec Walter Dieckoff dans la partie nord du lac, il y avait des villages avec des enfants qui n'avaient jamais vu des hommes blancs. Dès qu'ils nous apercevaient dans notre bateau, ils venaient à notre rencontre et nous demandaient de les suivre dans leur école. Celle-ci se trouvait sur la plage. Ils voulaient juste savoir ce qui se passait. C'était très sympathique excepté lorsque vous aviez du papier toilette dans les mains. Les enfants, qui n'avaient jamais vu ça de leur vie, pensaient que vous alliez leur donner quelque chose, et se battaient pour être le premier servi. Mais d'un autre côté, j'avais besoin d'intimité bien sûr et lorsque je partais me cacher derrières les rochers, ils continuaient à me suivre. Bref, c'était pas évident. Un autre moment intéressant était quand je suis allé la deuxième fois au Mozambique pour me faire un aperçu de la faune. La meilleure manière d'entrer au Mozambique était d'entrer par Likoma Island, qui est à mi-chemin dans le lac. C'est à moins d'une heure en bateau du Mozambique, et c'est également le point d'entrée des fonctionnaires du pays. A l'époque où les équipes de Stuart entraient au Mozambique, elles ont connu les fonctionnaires d'immigration, ainsi il était pour nous logique d'aller avec eux car les fonctionnaires nous considéreraient comme partie du même groupe. De cette façon, ils ne nous tireraient pas dessus ou ne nous poseraient aucun problème, car la guerre venait de se terminer. Nous avons même trouvé des bombes non explosées dans l'eau près de l'endroit où nous sommes entrés dans le pays. Un des types, Barnabas, le chef d'équipe des plongeurs parlait facilement. Nous avons su qu'il était la meilleure personne pour nous accompagner. Une autre personne qui était avec nous, Louis, était un excellent plongeur. Il était juste sous les ordres de Barnabas. Nous allions le long de la côte pour chercher des endroits avec de l'eau très claire, et il y avait un endroit loin au large où il y avait une roche, une île très petite. Ainsi nous sommes allés avec le bateau à environ cent mètres de la côte, nous avons vu cinq grands crocodiles se dorant au soleil. En arrivant sur le site, nous sommes entrés dans l'eau. J'avais toujours voulu savoir quels genres de poissons étaient là, mais je n'ai pas voulu plonger près de cette île. J'ai demandé à aller un petit peu plus loin ainsi nous sommes allés environ cinquante mètres au large de l'île et alors j'ai dit "plongeons ici ". Barnabas a commencé par m'expliquer que les habitants de Likoma n'avaient pas peur des crocodiles parce qu'ils étaient inoffensifs. Alors je lui ai dit "bien Barnabas, vous et moi allons plonger ici". Il m'a répondu "non, non, Louis va plonger ici avec vous". Il avait effectivement peur de se faire dévorer par les crocodiles. Finalement, j'ai laissé Louis partir avant moi, et quand j'ai vu qu'il ne se faisait pas croquer, j'ai également sauté dans l'eau. Mais ce n'était pas une expérience réjouissante. Même si nous y avons découvert de nouvelles espèces, je n'y remettrais plus jamais les pieds. Vous avez pris des milliers de photos en Afrique et en Amérique Centrale, mais je voudrais savoir si parmi celles-ci, il y en a une que vous aimez plus particulièrement et pourquoi ? Bien, il y a naturellement beaucoup de photos que j'aime, particulièrement sur les cichlids mexicains. Pas parce que vous êtes ici, mais parce qu'ils sont des pondeurs sur substrat et vous pouvez ainsi prendre des photos de mâle et de femelle avec les alevins autour, ce qui est plus intéressant à regarder d'un point de vue photographique, qu'un poisson unique. Mais la photo que j'aime le plus est celle d'un callipterus, espèce très peu colorée chez les Lamprologus. J'aime ce cliché par ce que les mâles défendent un harem et les femelles sont beaucoup plus petites que les mâles. Elles peuvent se cacher dans des coquilles d'escargot où elles pondent. Puisque les femelles sont beaucoup plus petites c'était pour moi un point de vue intéressant d'essayer d'obtenir les deux sexes dans le même cliché, pour montrer au public la grande différence de taille. Je suis parvenu à faire cette photo, et chaque fois que je montre cette image, les gens disent: "ahhhhh". Et il n'y a aucune couleur sur les poissons. L'excellente série des "Cichlids yearbook" est devenue ces six dernières années, une des meilleures sources d'information à propos des cichlidés. Je voudrais savoir quelles satisfactions ces livres vous ont apportés. La satisfaction d'avoir, de première main, les dernières informations sur les cichlidés, parce que vous pouvez en connaître beaucoup sur les cichlidés, vous ne pouvez pas connaître tous les cichlids. Il y a les gens qui se spécialisent dans l'Amérique centrale, le Malawi, le Tanganyika, l'ouest l'Africain, les cichlidés sud-américains, même plusieurs groupes de cichlids sud-américains, et dans plusieurs disciplines, telles que l'évolution, la taxonomie, le travail d'ADN, et le travail scientifique. Et naturellement il y a beaucoup d'amateurs qui se sont divisés selon leurs préférences. Pour moi il était important de connaître toutes les nouveautés importantes issues de première main. Alors j'ai voulu le remonter cette information de telle manière que les amateurs qui aiment lire ou simplement regarder de belles photos y trouvent un intérêt. La déception vient du fait que seulement quelques amateurs veulent ce genre d'information. Ou du moins acceptent de la payer. Puisque nous avons décidé de publier cette série en cinq langues différentes, il est très difficile d'arriver à un retour sur investissement et c'est dommage car le but est réellement de livrer au public des articles écrits par les meilleurs spécialistes. Nous essayons également de présenter des cichlidés inconnus. J'ai voulu fournir toute cette information de vrais spécialistes. Et en raison de ce ma déception, je ne vais pas pouvoir continuer au même rythme que lors de ces en six dernières années, parce que cela me coûte trop cher. Je travaille pour chaque livre trois ou quatre mois jour et nuit et chaque week-end juste pour obtenir le résultat escompté. De plus, quand vous travaillez avec vingt auteurs différents et vous devez obtenir tous les articles à l'heure, et alors vous devez les traduire, tout ceci pour une date donnée. C'est vraiment très difficile à réaliser. Et quand le travail est fini et qu'il est plaisant, il s'avère que très peu de gens le veulent, c'est ce genre de frustration qui gâche tout. Beaucoup de cichlidophiles connaissent les livres de "Cichlid Press", peut être les plus lu au monde. Je voudrais savoir quelles sont vos prochaines publications en prévision ? Pour 1997, je pense écrire un "Spécial Utaka" et peut-être qu'à la fin du livre, je ferais de nouvelles descriptions d'espèces nouvelles. Le but principal de ce livre sera de montrer la beauté des Utakas du lac Malawi. C'est quelque chose qui manque dans mon dernier livre. Ce livre devrait sortir en Anglais et en Allemand sous la forme d'un magazine avec une couverture souple ou dans un format livre. Rien n'est encore décidé. Je suis aussi en train de penser au n° 7 des "Cichlids yearbook", qui devrait sortir l'année prochaine, encore que ce n'est pas certain. Je dois aussi réécrire le livre Tanganyika cichlids mais je dois pour cela visiter la côte centrale du lac du côté Tanzanien. Auparavant, je parlais de cette zone en me référant aux dires d'autres personnes. Je dois donc y aller moi-même, chose que j'espère faire cette année. En, 1998, en plus de la refonte de Tanganyika Cichlids, je vais travailler sur une série de livre qui s'appelle "Back to nature". Celui sur le Tanganyika sortira en 1997 et sur le Malawi en 1998. En dehors de ça, je suis intéressé pour publier avec Juan Miguel Artigas un livre sur les cichlidés Mexicain. Ca devrait être un beau livre avec beaucoup de photos prises dans le milieu naturel. Je pense aussi faire un livre avec Frank Warzel sur les Crenicichla, mais il ne faut pas y compter avant deux ans. C'est à peu près tout ce qui est prévu. Tu étais très proche de la regrettée Ethelwyn Trewawas, la scientifique experte en cichlidés Africains, connue principalement pour son travail monumental sur les Tilapines et pour la reclassification des Haplochromines du lac Malawi. Peux-tu nous en dire plus sur votre relation et quelle est ton opinion sur son travail ? Ce que j'appréciais chez elle, en dehors du fait qu'elle est très sympathique, c'est qu'elle adorait réellement les poissons. Tous les scientifiques n'aiment pas les poissons sur lesquels ils travaillent. Les cichlidophiles aiment les poissons, mais les commerçants, grossistes et scientifiques s'en désintéressent souvent. Ils aiment travailler avec eux mais ne sont pas intéressés par leur comportement et leur évolution. Ainsi, elle aimait les poissons et pas seulement les cichlidés, mais tous les poissons. C'est pour ça que nous nous aimions, nous avions le même amour pour les poissons comme vous autres. Elle respectait aussi mon travail, même si je n'avais pas une formation d'ichtyologiste. Je suis un biologiste. Mais elle estimait mon travail et s'y intéressait en m'apportant ses commentaires et en me donnant des pistes ou des conseils. Elle écoutait aussi mes points de vue sur les cichlidés, en particulier lorsque cela touchait des espèces qu'elle avait étudiées. C'était tout simplement génial d'être avec elle. Je pense qu'elle estimait réellement mon travail car quand ses yeux lui firent défaut, elle me confia son microscope stéréo, celui qu'elle utilisait depuis 30 ans pour regarder les poissons au muséum ou chez elle. J'avais essayé de me procurer le même instrument, sans résultat, et j'ai été très honoré lorsqu'elle me l'a offert. Comme ça, je pourrai continuer le travail qu'elle a commencé depuis 60 ou 70 ans. J'ai été très triste quand j'ai été informé de son départ. Mais elle avait 93 ans, ce qui est un âge très respectable. Mais nous en sommes très tristes. Je me rappelle d'elle très bien et je souhaite faire le travail qu'elle aurait désiré que je fasse. J'aime les cichlidés, aussi, je pense qu'elle sera contente. Tu as récemment déménagé d'Allemagne pour El Paso, et je sais que outre ton travail sur les cichlidés, tu es un cichlidophile avide. Quels sont tes projets dans ce sens maintenant que tu as déménagé? Je voudrai avoir une centaine de bacs mais ces projets ont été torpillés par ma femme qui dit que les 42 bacs que j'avais en Allemagne, c'était beaucoup trop et qu'elle n'acceptait que de nourrir deux aquariums lors de mes absences. Aussi, j'ai décidé d'en avoir deux gros. Dans le premier des cichlidés du Tanganyika et dans l'autre des Mexicains. Pour le moment, je n'ai rien parce que je viens juste d'emménager et j'ai beaucoup de conférences à faire... Je suis actuellement à la frontière entre le Mexique et le Belize, je dois ensuite partir en voyage avec Juan Miguel. En juillet, un autre voyage avec la BBC en Afrique. Puis en septembre et Octobre un voyage organisé au Mozambique sur le Malawi. Après, j'ai quelques conférences, et après mes bacs ! © Copyright 1997, Juan Miguel Artigas Azas Traduction: Eric Genevelle
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