Pour en savoir plus sur cette possible synonymie, j'ai voulu en savoir
plus et demandais alors à Christophe Riondy (célèbre pour sa maîtrise de l'Allemand),
de me traduire quelques passages du texte ayant servi à la description de la fameuse
espèce (DATZ, 1997).
Le résumé de l'article est donc le
suivant:
"Neolamprologus helianthus n. sp. est décrit d'après dix exemplaires
provenant de la côte sud-ouest du lac Tanganyika (République Démocratique du Congo, ex.
Zaïre), à environ 110 km au Sud de Moba, où il a été observé à une profondeur
généralement entre 2 et 7 m. La distribution géographique est limitée à environ 20 km
de côtes. Neolamprologus helianthus atteint une longueur standard d'environ 60 mm et fait
partie d'un petit groupe de Neolamprologus à caudame lunée. Elle se distingue de toutes
les espèces du genre par sa nageoire caudale lunée et filamenteuse. Le nombre
d'écailles sur la ligne latérale (33-37), la hauteur du corps (30,2-33,7 % de la
longueur standars), la longueur du pédoncule caudale (102-114 % de sa hauteur), le nombre
de branchiospines sur la partie inférieure du premier arc branchial (7-9), la coloration
du corps jaune orange ainsi qu'une marque en forme de V sur le preoperculum et
l'operculum."
Avec ça, nous voici bien avancé. Rien ne
nous dit ce qui peut distinguer l'helianthus du splendens. A la lecture complète du
fameux document, on trouve quelques raisons à cette différence, bien que Büscher ne s'y
attarde pas trop:
Premièrement, on rencontre l'helianthus en
compagnie d'autres espèces du complexe, comme brichardi, savoryi, marunguensis et
gracilis. Or, ce n'est pas le cas pour le splendens. Avec N. brichardi, la cohabitation se
fait à distance (N. brichardi est attaqué et chassé). A noter que N. brichardi se tient
plus loin du substrat et souvent à de plus grandes profondeurs. Avec N. savoryi et
gracilis les contact sont moindres, car l'habitat recherché par ces derniers est
légèrement différent (respectivement: avec de gros rochers et un peu de sable, et
fentes étroites avec fort contact avec les rochers) et souvent plus profond.
Il reconnaît cependant que la similitude des
marques operculaires est caractéristique d'un lien de parenté étroit entre ces
espèces. Comme autre type de différence, il nous explique que le splendens a un fond de
coloration gris bleu alors que l'hélianthus est jaune orange. Ca ne fait pas lourd !!!
Il nous explique aussi plus en détail ce
qu'il veut dire par nageoire caudale en forme de lune. Cette forme fait opposition à
celles en forme arrondies ou échancrées. La forme en lune est donc très filamenteuse,
très fourchue, comme N. furcifer, N. buescheri et N. longicaudatus voir même N.
christyi.
Sur le plan du comportement en milieu
naturel, Henz Büscher a observé que cette espèce vit dans les zones peu profondes de
l'habitat (voir résumé). Cela expliquerait pourquoi on ne trouve pas cette espèce au
sud de Lunangwa. En effet, à partir de cette zone, le fond tombe à pic pour finir sur
une zone vaseuse. Cette espèce ne semble pas vivre en groupe ou colonies comme les
brichardi et pulcher. Il vivrait plutôt en couple (comme le splendens) et très près du
substrat rocheux. Les alevins ne s'éparpillent pas non plus autour du nid et il est rare
de voir un alevin de 2 cm se promener.
Sur le plan alimentaire, l'helianthus semble
être omnivore, plus que les autres espèces du complexe. On a trouvé dans ses contenus
stomacaux des algues cyanophycées, diatomées, algues vertes, petits crabes, copepodes,
larves de chironomes). On a même trouvé du sable. Pour manger tout ça, notre ami a 58
dents, dont les centrales (6 en haut et 6 en bas) ont grandi en forme de canines.
Les premiers exemplaires de cette espèce ont
été présentés à l'occasion du Cichliden Show à Anvers en Avril 1999. Les spécimens
présentés étaient issus des reproduction de Büscher et encore à un stade sub-adulte
(5 cm). Une des caractéristique de cette espèce par rapport aux autres du complexe est
la présente d'un patron à damier très très joli.
Les premiers exemplaires reproduits en captivité sont arrivés en
France début juin 1999. Alors un peu de patience et dans quelques temps, nous pourrons en
profiter.