Neolamprologus helianthus

Eric Genevelle (juin 1999)

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Neolamprologus helianthus photographié à Kamakonde
Photo H. Büscher - Reproduction interdite

Voici la fameuse nouvelle espèce dont on vous parle tant depuis quelques mois.

Cette espèce a été décrite par Büscher en 1997 à partir d'exemplaires collectés le 13 mai 1993. Les premiers exemplaires ont cependant été observés en 1991 à Kamakonde au Congo. Vous avez donc l'honneur de découvrir pour la première fois une photo de cette espèce en milieu naturel (Merci Heinz !)

Ad. Konings pense que cette espèce est synonyme de Neolamprologus splendens en raison de la position de ses marques operculaires en V (Selon Ad., la différenciation des espèces du complexe brichardi se ferait selon la disposition de ses marques operculaires).

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Détail des marques operculaires Détail du patron de colorartion corporel

Pour en savoir plus sur cette possible synonymie, j'ai voulu en savoir plus et demandais alors à Christophe Riondy (célèbre pour sa maîtrise de l'Allemand), de me traduire quelques passages du texte ayant servi à la description de la fameuse espèce (DATZ, 1997).

Le résumé de l'article est donc le suivant:
"Neolamprologus helianthus n. sp. est décrit d'après dix exemplaires provenant de la côte sud-ouest du lac Tanganyika (République Démocratique du Congo, ex. Zaïre), à environ 110 km au Sud de Moba, où il a été observé à une profondeur généralement entre 2 et 7 m. La distribution géographique est limitée à environ 20 km de côtes. Neolamprologus helianthus atteint une longueur standard d'environ 60 mm et fait partie d'un petit groupe de Neolamprologus à caudame lunée. Elle se distingue de toutes les espèces du genre par sa nageoire caudale lunée et filamenteuse. Le nombre d'écailles sur la ligne latérale (33-37), la hauteur du corps (30,2-33,7 % de la longueur standars), la longueur du pédoncule caudale (102-114 % de sa hauteur), le nombre de branchiospines sur la partie inférieure du premier arc branchial (7-9), la coloration du corps jaune orange ainsi qu'une marque en forme de V sur le preoperculum et l'operculum."

Avec ça, nous voici bien avancé. Rien ne nous dit ce qui peut distinguer l'helianthus du splendens. A la lecture complète du fameux document, on trouve quelques raisons à cette différence, bien que Büscher ne s'y attarde pas trop:

Premièrement, on rencontre l'helianthus en compagnie d'autres espèces du complexe, comme brichardi, savoryi, marunguensis et gracilis. Or, ce n'est pas le cas pour le splendens. Avec N. brichardi, la cohabitation se fait à distance (N. brichardi est attaqué et chassé). A noter que N. brichardi se tient plus loin du substrat et souvent à de plus grandes profondeurs. Avec N. savoryi et gracilis les contact sont moindres, car l'habitat recherché par ces derniers est légèrement différent (respectivement: avec de gros rochers et un peu de sable, et fentes étroites avec fort contact avec les rochers) et souvent plus profond.

Il reconnaît cependant que la similitude des marques operculaires est caractéristique d'un lien de parenté étroit entre ces espèces. Comme autre type de différence, il nous explique que le splendens a un fond de coloration gris bleu alors que l'hélianthus est jaune orange. Ca ne fait pas lourd !!!

Il nous explique aussi plus en détail ce qu'il veut dire par nageoire caudale en forme de lune. Cette forme fait opposition à celles en forme arrondies ou échancrées. La forme en lune est donc très filamenteuse, très fourchue, comme N. furcifer, N. buescheri et N. longicaudatus voir même N. christyi.

Sur le plan du comportement en milieu naturel, Henz Büscher a observé que cette espèce vit dans les zones peu profondes de l'habitat (voir résumé). Cela expliquerait pourquoi on ne trouve pas cette espèce au sud de Lunangwa. En effet, à partir de cette zone, le fond tombe à pic pour finir sur une zone vaseuse. Cette espèce ne semble pas vivre en groupe ou colonies comme les brichardi et pulcher. Il vivrait plutôt en couple (comme le splendens) et très près du substrat rocheux. Les alevins ne s'éparpillent pas non plus autour du nid et il est rare de voir un alevin de 2 cm se promener.

Sur le plan alimentaire, l'helianthus semble être omnivore, plus que les autres espèces du complexe. On a trouvé dans ses contenus stomacaux des algues cyanophycées, diatomées, algues vertes, petits crabes, copepodes, larves de chironomes). On a même trouvé du sable. Pour manger tout ça, notre ami a 58 dents, dont les centrales (6 en haut et 6 en bas) ont grandi en forme de canines.

Les premiers exemplaires de cette espèce ont été présentés à l'occasion du Cichliden Show à Anvers en Avril 1999. Les spécimens présentés étaient issus des reproduction de Büscher et encore à un stade sub-adulte (5 cm). Une des caractéristique de cette espèce par rapport aux autres du complexe est la présente d'un patron à damier très très joli.

Les premiers exemplaires reproduits en captivité sont arrivés en France début juin 1999. Alors un peu de patience et dans quelques temps, nous pourrons en profiter.

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Neolamprologus helianthus photographiés à Anvers

Avec tout ça, vous en savez autant que tout le monde. Alors vous pouvez vous faire une idée personnelle de la chose.
N. helianthus = N. splendens ? Rien n'est moins sûr. Mais c'est quand même un très joli poisson qui risque de faire fureur dans peu de temps. Il le mérite !

Ps: Merci à Chritophe pour la traduction et à Philippe Hotton pour m'avoir fait parvenir l'article.

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle