Exportateur de Cichlidés
Quelle Aventure...


Eric Genevelle (juin 1999)

Ah ces chers exportateurs de cichlidés du lac Tanganyika... Où sont-ils, qui sont-ils. Un grand mystère pour beaucoup d’entre nous. Comment fonctionnent-ils, comment pêchent-ils nos poissons ? Tout un monde à découvrir pour les amateurs de cichlidés que nous sommes.

En fait, pour revenir les pieds sur terre, il faut savoir qu’être exportateur de cichlidés en provenance du lac Tanganyika est un métier à haut risque. En effet, qui irait tout plaquer pour s’installer demain en République Démocratique du Congo ? Pas moi. Vous me direz certainement que pour le Burundi, la Tanzanie et la Zambie, c’est plus calme. Pas tant que ça. Sachez par exemple qu’en ce moment même, il y a le couvre feu au Burundi et qu’à partir de 17 h 30, les axes routiers sont fermés. Les lignes aériennes sont des plus irrégulières et il est arrivé que tout transport aérien soit annulé pendant des périodes allant jusqu'à 8 mois. Un catastrophe pour les exportations. La Tanzanie me direz vous. Les grands parcs et leurs safaris à deux francs six sous en toute sécurité... Oui, mais ça se passe loin des côtes du lac et il ne fait pas bon rôder le long de la côte sud est du lac en raison des pirates qui y sévissent. Il n’y a, à la rigueur, que certains illuminés pour accepter de se rendre dans ces zones propices au coupe gorge comme H. Büscher qui passe chaque année une période de vacances au sud Congo avec comme assurance sa « B. et son couteau ». Ca ne lui a pas empêché de passer 15 jours en tôle dans les geôles Congolaises.

Bref, le paradis. Y passer ses vacances, c’est déjà pas évident, mais y placer tous ses espoirs est encore plus délicat. Les pays étant peu stables politiquement, ce qui est vrai un jour ne l’est plus le soir même et nombre de stations ont du plier bagage plus rapidement que prévu. Pour ne citer qu’un seul exemple, évoquons la station de collecte Zaïre Cichlid gérée par Alain Gillot qui a du abandonner sur place toutes ses installations à l’arrivée des massacres orchestrés dans les environs de Kalémie.

S’installer là bas pour monter une station de collecte demande des fonds assez importants et une logistique qui, si elle semble être évidente pour un européen, l’est nettement moins quand on est là bas.

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En effet, rares sont les banques qui acceptent de cautionner une telle entreprise. « Bonjours Crédit Lyonnais. Dans la série ‘’plan juteux’’, je demande 500.000 F pour monter une boite au Congo ! ! ! »

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Tout doit être apporté sur place
(Fishes of Burundi)

Une fois les fonds réunis, il faut tout emmener sur place : le 4X4, le compresseur, les bouteilles de plongée, les masques, les palmes, les sacs plastique et surtout, le verre. Il est impossible de trouver tout ce matériel sur place. Il en est de même avec les cartons et caisses d’emballage. Il faut les faire venir de l’étranger et parfois aller les chercher soi-même en Afrique du Sud (vécu par Stuart Grant au Malawi).

Il faut ensuite monter les bassins de stockage. Le verre étant trop coûteux, il faut en fabriquer en béton. Et même là, rien n’est facile. Il faut s’équiper pour fabriquer ses parpaings soi-même.

Bref, il faut tout amener sur place, du tuyau au petit robinet à air. Il faut ensuite prévoir le matériel d’entretien, de réparation... et on tombe vite en carence. C’est pour cette raison que si vous avez l’occasion de descendre chez un exportateur, il préférera certainement que vous lui descendiez du matériel plutôt que de l’argent. Pensez donc à un compresseur à air, des piles, un masque, un détendeur de plongée, des palmes, des joints toriques et pour couronner le tout, un ballon de football.

Il y a ensuite les problèmes liés à l'électricité. Il est nécessaire d'avoir sur place un bon groupe électrogène et une grosse réserve de mazout. En effet, les coupures sont fréquentes et durent parfois plus de 10 jours ! L'essence est aussi cruciale pour les moteurs des bateaux, quand il ne s'agit pas de la difficulté d'avoir du bois pour construire ces mêmes embarcations. Tout doit donc être rationné et les opérations de collecte au Congo sont ainsi limitées au maximum en raison des distances à parcourir.

Il existe deux sortes d’exportateurs au lac Tanganyika : Les étrangers et les autochtones.

Les étrangers qui arrivent avec des fonds et du matériel et qui cherchent à ne pas bloquer leur argent sur place, et les autochtones qui profitent d’une activité annexe (genre hôtel) pour se diversifier. Leurs politiques sont radicalement différentes et complémentaires.

Les stations étrangères

Elles sont relativement rares sur le lac mais elles restent les plus importantes. Elles ont généralement leur siège en Europe ou à Dar Es Salam en Tanzanie, loin des conflits potentiels (accès aussi plus aisé aux lignes aériennes internationales). Ce qui est sûr, c’est qu’elles ont des comptes bancaires loin, bien loin des zones de pêche et que lorsque vient le jour de payer une facture de poisson, il ne faut pas s’étonner de devoir faire des virements en $ dans une banque européenne ou américaine. En effet, il est très difficile de sortir l’argent d’Afrique et les exportateurs préfèrent mettre leur argent à l’abri.

Ces stations sont Rift Valley Tropical (Kalambo - Zambie frontière), African Diving (Kabwe - Tanzanie) et Fishes of Burundi (Bujumbura - Burundi) et C.J. Aquarium (Uvira - Congo).

Rift Valley Tropical : Cette station est gérée par Toby Veall, un Anglais. Sa station, après s’être consacrée uniquement à la collecte de spécimens sauvages, oriente son activité vers deux autres domaines plus lucratifs : La reproduction en bassin (Tropheus duboisi "Maswa" par exemple) et l’accueil des touristes étrangers. Si l’activité de reproduction semble peiner un peu, l’accueil des touristes est exploitée au mieux. Les lodges sont superbes mais les prix prohibitifs (environ 1200 F la nuit ! ! !). Vous pourrez penser que l’on n’a pas besoin d’un tel confort pour aller plonger à la rencontre des cichlidés mais comme il n’y a pas d’autres alternatives possibles et comme certains acceptent de payer un tel prix, pourquoi s’en priverait-il ? Sa zone de collecte couvre l’intégralité de la Zambie et le sud de la Tanzanie. Les spécimens issus de Tanzanie étant collectés en vue d’être reproduits en bassin. La qualité des poissons issus de cette station est bonne et le conditionnement correcte. La commande se fait sur stock list et il n’est pas possible de demander la collecte d’un poisson particulier.

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Toby Veall

 

African Diving Ltd : Cette station est gérée par le Suédois Mikael Karlsson et son siège est basé à Dar Es Salam (centre de stockage et départ des exportations). Cette station existe depuis 12 ans et ne fait que la collecte de sauvages, tant au Tanganyika à partir de Kabwe, au nord de Mpimbwe, qu’au Malawi (Le Tanganyika représente cependant plus des ¾ des exportations). Un effort particulier est apporté à la collecte d’espèces rares. Les Tropheus sont exportés à 1 mâle pour 2 femelles à moins de tomber sur une fin de stock. L’emballage est irréprochable. Le poisson fétiche de cet exportateur est le Tropheus Sp. Kaiser Ikola. Les prix sont assez élévés, surtout pour les nouvelles races (35$ au départ de là bas pour un spécimen d’une nouvelle race de Cyprichromis ou 50 $ pour un Callochromis macrops « Gold streak » de Namansi. Voir le site (AD) African Diving Staff à Kabwe.jpg (64048 octets)
Equipe de plongeur d'African Diving à Kabwe

 

Fishes Of Burundi : Cette station, crée par Pierre Brichard dans les années 70 est maintenant gérée par sa fille Mireille Schreyen et son mari Jacky. D’une superficie d’environ 2 Hectares, la station a deux activités : la collecte de sauvages et la reproduction en bassin d’espèces pratiquant l’incubation buccale (plus de 20 races de Tropheus, Ophthalmotilapia, Cyphotilapia, etc) Les exportations des reproductions se font au stade sub-adulte. On ne peux plus vraiment dire que Fishes of Burundi est une station gérée par des étrangers car cette famille Belge s’est tellement impliquée sur place qu’elle mériterait presque la double nationalité. La qualité des poissons est excellente, ainsi que l’emballage. Les reproducteurs ont étés collectés par la famille, notamment par le père lors de ses expéditions à travers tout le lac. Le fait que cette station consacre beaucoup d’énergie à la reproduction des espèces en bassin garantit aux importateurs une qualité et une disponibilité constante de celles-ci. Pour plus d’informations, voir l’interview. Bassins_exterieurs_2.jpg (27740 octets)
Bassins de reproduction de Fishes of Burundi
C. J. Aquarium : Cette station, située à Uvira au Congo est co-gérée par un Allemand du nom de Janicki et par des Congolais. C'est cette station qui exporte actuellement les Cyphotilapia frontosa Bleu du Congo. Sa zone de collecte couvre la totalité du Congo. Les exportations partent de Bujumbura au Burundi. Uvira.jpg (27696 octets)
Uvira

Les Autochtones

On entre là dans un autre type de société plus artisanale. La collecte n’est généralement qu’une activité annexe et les exportations plus irrégulières. La collecte est souvent effectuée par des riverains du lac ou par des pêcheurs et le collecteur effectue ensuite un ramassage chez ses fournisseurs occasionnels. Les espèces proposées sont parfois intéressantes ou extravagantes pour le marché classique (Lates, Boulengerochromis, etc). Il est en général très intéressant de travailler avec ces compagnies (prix inférieurs et choix original), mais il est risqué de tout miser sur elles (plus de casse et moins de rigueur pour le transport).

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Aqua Products : Cette station située à Kigoma en Tanzanie est gérée par Kirit Vaitha. Cet homme, d’origine Indienne gère cette activité en plus de son travail principal qui consiste en la gestion d’un hôtel situé dans cette même ville. La zone de collecte s’étend du Nord de la Tanzanie au Sud du lac. Ce sont eux qui collectent les fameux Petrochromis Sp Red ou les Xenotilapia spilopterus de Luagala Point. Même si la collecte n’est pas l’activité principale de cette société, la qualité des expéditions est très satisfaisante et les prix très avantageux. Il arrive parfois que les couples soient dépareillés ou les taxons erronés, mais on ne saurait trop en demander à un hôtelier. Ils viennent cependant d’installer un centre de stockage à Dar Es Salam, base de départ des exportations. Il peut pêcher à la demande ce qui prend parfois plus de deux semaines pour réunir la commande demandée c’est-à-dire au minimum une semaine de pêche et une semaine de maintenance.

 "Jérôme" : C’est un particulier qui travaille au Novotel de Bujumbura au Burundi et qui s’est lancé depuis quelques temps dans la collecte des cichlidés. Il a construit des bassins dans son jardin pour stocker les poissons. Il pêche ce qu’il trouve (parfois très intéressant comme des Xenotilapia flavipinnis Nyanza Lac) et aussi à la demande. Prix très intéressants mais a encore besoin de sécuriser la partie convoyage de ses poissons.

Blignaut Export : Cette station est située à Mpulungu en Zambie. L'activité principale de cette société est la pêche alimentaire. Les envois sont donc sporadiques. Mpulungu (port).jpg (32327 octets)
Port de Mpulungu

Comment travailler avec un exportateur ?

Emballage des poissons.jpg (19021 octets)
Préparation des Box

Et bien, ce n’est pas si facile que ça. Tout d’abord, il faut arriver à entrer en contact avec lui (ce qui n’est pas facile car les contacts sont jalousement gardés par ceux qui les ont). Ensuite, il faut être connu sur la place afin que l’exportateur décide de tenter une relation. Ensuite, et c’est le point le plus difficile, il faut assurer l’exportateur de sa volonté de commander régulièrement un nombre de box importants. Autant vous dire qu’à moins de 10 box, voir 20 par commande, vous ne faites pas affaire. Pour être un client intéressant, c’est à raison de 50 box la commande mensuelle ! ! ! et comme on ne peut se lier à un seul exportateur, imaginez le stock à gérer et les ventes à réaliser (pour info, 1 box contient entre 2 et 80 poissons suivant l’espèce). De toute manière, commander moins de 10 box n’est pas rentable car les charges liées au fret seraient trop importantes au regard de la quantité importée. Il faut donc avoir du débit pour passer commande de sauvage.

C’est pour cette raison qu’existe le Transhipping. Un importateur commande de grosses quantités qu’il revend immédiatement (avec ou sans acclimatation suivant conditions) à d’autres magasins. Par exemple, tous les Truffaut achètent à Africa, qui lui achète à Fishes of Burundi. Idem pour Abysse qui travaille avec Rift Valley Tropical ou African Diving Ltd et qui revend à d’autres magasins. C’est ainsi que des box entiers sont déjà rachetés avant qu’ils ne partent du lac.

L'acclimatation dans une opération de transhipping est une assurance pour le distributeur final d'acheter des poissons qui se sont remis du stress occasionné par le fret. Ainsi, un poisson malade ou fatigué meurt dans les jours suivant son arrivée et ne passe donc pas cette phase d'acclimatation. Cette étape est facturée par l'importateur pour couvrir les frais liés aux pertes potentielles, aux traitements mis en oeuvre et à l'immobilisation du stock dans ses locaux.

On réalise donc que le nombre d’importateurs en direct est très faible par pays. En France, nous avons Abysse, Africa et les Serres Aquatiques, en Belgique Angelicus et Aqua Blue Zaïre, en Hollande Verduijn, en Allemagne Mal-Ta-Vi, etc... et chaque importateur a ses exportateurs. Il est très rare qu’un exportateur accepte de livrer deux importateurs situés dans une même zone de chalandise (zone ou le magasin à une influence significative). Il n'y a donc pas de décalage de prix trop important pour une même race présente sur un marché national ou régional à une date donnée car elle vient d'un seul et même circuit de distribution (à priori). Exemple: si vous voyez sur une période d'un mois chez plusieurs détaillants des Ohthalmotilapia ventralis de Kapere, vous pouvez être certain qu'ils viennent tous du même importateur. Le but du jeu est donc de se rapprocher le plus possible de la source d'approvisionnement. Plus on s'éloigne de la source, moins on a d'information sur l'origine des poissons, plus ils sont trimballés et plus on subit les marges des intermédiaires. Exemple, Un Tropheus de chez Brichard est vendu entre 50 et 100 F français chez Angelicus (importateur direct pour la Belgique) et on retrouve ce même poisson à près de 400 FF chez Truffaut (Plaisir - 78) après qu'il soit passé dans les mains d'Africa (importateur direct pour la France).

On assiste donc à une entente relativement cordiale entre les importateurs qui selon leurs intérêts réciproques, se mettent d’accord pour grouper leurs importations. Après, on s’arrange pour aller chercher les poissons chez son confrère, et à titre de revanche. Ces accords sont souvent dictés par les exportateurs eux mêmes qui n’hésitent pas à dire « Tu veux mes poissons, alors travaille avec untel ! »

Et sur un plan financier ?

Plus l’exportateur est important, plus les conditions financières sont drastiques. On paye à la commande et selon les tarifs du stock list. Des remises sont accordées en fonction des exportateurs et du nombre de box commandés et de la régularité des commande (Mais là, c’est pareil pour tout business, des cichlidés aux petits pois). Une fois le virement reçu, les poissons encore en stock partent mais ce n’est pas toujours ce qui est prévu. Les espèces alors indisponibles sont remplacées par des espèces arrangeantes. Il faut faire avec !

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On emballe quand on a tout payé !

Les coûts d'importation, avec ou sans casse

La casse est rarement imputable aux exportateurs eux mêmes, mais souvent aux compagnies aériennes et services vétérinaires qui gèrent ce genre de trafic. En effet, et comme nous l’avons vu au début de cet article, la régularité des vols est douteuse. L’avion part, ou ne part pas. De plus, les vols étant rarement directs, les transferts augmentent le risque de perte. Il arrive souvent que les caisses soient oubliées lors d’un transit ou qu’une compagnie refuse de prendre les box parce qu’il y en a 1 qui fuit. Toute la cargaison est donc perdue. Il arrive aussi (c’est même très fréquent) qu’à la lecture du texte suivant « Fresh Tropical Fish », les personnels d’aéroport pensent qu’il s’agit de poisson à maintenir au frais. Les box terminent donc dans les frigos à 5°C avec fruits et légumes (perte totale garantie). Et dans ce cas, qui paye ? ? ? Les box ne sont jamais assurés (impossible d’assurer le vivant). La compagnie fait au mieux un avoir sur le prochain fret et ensuite, c’est à négocier entre l’importateur et l’exportateur. Mais de toute façon, ça ne ressuscite jamais le poisson. C’est au destinataire d’établir les formulaires de CLAIMS, en mentionnant le nombre de boxes écrasés (parfois par des sacs de café), disparus (il n’y a que le carton vide) la température de l’eau, le temps écoulé depuis le départ jusqu’à la réception des boxes. Il devra donc s’adresser personnellement au service d’importation de la société aérienne, qui de son côté attachera oui ou non une importance aux formulaires rentrés. Il vous faudra de toute façon tout payer !! et attendre ensuite deux parfois trois mois avant de récupérer quelque argent.

Il y a encore les soucis liés aux contrôles vétérinaires qui dans certains cas font tout, sauf se soucier du bien être des animaux. Si il manque un papier perdu par un intermédiaire quelconque, un cachet au départ ? Pas de problème, le poisson attendra l’arrivée du papier (et l’original SVP) par le vol suivant. Mais les poissons ne survivent jamais à cette attente...

Après le déchargement de l’avion, si les boxes ne sont pas mis au « ZOO », c’est-à dire dans une pièce chauffée (location facturée aussi) à plus de 20°C, avec les chats, chiens et autres volailles, les magasiniers sont responsables. Les vétérinaires sont seuls habilité à prendre la décision si oui ou non on peut sortir du territoire des douanes avec la marchandise et leurs écrits sont paroles d’évangile en cas de problèmes ! Ne pas oublier que cette profession bien sûr gagne (bien) sa vie mais est présent par tous temps et à toutes heures aux dédouanements de tout ce qui est vivant, même les homards ! En cas de destruction des boxes par la voie de l’incinérateur, une jolie note vous parviendra dans les jours suivants.

De plus, même quand tout se passe bien, les coûts liés à l'importation ne sont pas négligeables.
Pour un box avec 50 poissons à 40F:
- Un fret de 25F/kg (un box pèse environ 10 Kg)
- Un emballage au prix de 75F
- Un dédouanement de 300F
- plus le temps d’aller-retour, d’attente et d’acclimater, plus éventuellement la répartition sur l’ensemble de la boîte d’un ou deux morts .....

Si le service de taxation des douanes ne possède pas de facture, parce qu'égarée, l'importateur est taxé sur un forfait de base qui parfois ne représente pas du tout la valeur réelle de l’envoi !!!

Et quand il y a perte à l’arrivée (DOA -dead on arriving- dans le jargon), ne tenant pas compte des retards ou grèves des transporteurs aériens, l’importateur doit déclarer à l’exportateur les poissons morts, photos à l’appui. Il n’y a jamais de remboursement, seulement une promesse d’avoir à la prochaine commande... une promesse...

Les marges ?

Ceci explique certainement les marges faites par les importateurs et exportateurs. Quand on voit qu’un Xenotilapia sauvage part du lac à un coût variant entre 6 et 12 $ pièce (soit moins de 70 FF), que le plongeur qui l’a pêché est payé moins de 500 F par mois, on comprend mal pourquoi il est proposé en boutique par un importateur à 200 F et plus. C’est simple, les risques sont énormes, la casse non négligeable, les avances de trésorerie conséquentes, la gestion des stocks impossible à maîtriser et la dépendance importante. En effet, les livraisons arrivent aussi bien le mardi matin à 10 heures que le dimanche à 3 heures du matin avec 4 heures de retard (Les frais de douanes et vétérinaires sont majorés entre 200 et 300% pour les arrivées de nuit, de week-end ou de jours fériés).

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Mireille Schreyen en train de rémunérer ses pêcheurs
(Fishes Of Burundi)
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Les prix de vente lors des différentes étapes
du circuit d'importation

 Alors, toujours envie de partir là bas faire fortune ? ? ? On relativise... C’est normal. Chaque métier (car s’en est un) a ses avantages et ses inconvénients. Soyons donc juste satisfait que certains aient franchis le pas (que ce soit du côté des importateurs ou de celui des exportateurs), car sans eux, pas de cichlidés !  

Note de l’auteur : Ces informations ne sont données qu’à titre indicatif et sont certainement à compléter. Certains acteurs ont sûrement été oubliés, mais cela vous donne quand même une bonne approche de la question. Si vous avez des corrections à faire, n’hésitez pas !

Un grand merci à Eric d'Abysse et Liliane d'Angelicus pour les informations qu'ils ont bien voulu me transmettre.

 

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle