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Exportateur
de Cichlidés
En effet, rares sont les banques qui acceptent de cautionner une telle entreprise. « Bonjours Crédit Lyonnais. Dans la série plan juteux, je demande 500.000 F pour monter une boite au Congo ! ! ! »
Bref, il faut tout amener sur place, du tuyau au petit robinet à air. Il faut ensuite prévoir le matériel dentretien, de réparation... et on tombe vite en carence. Cest pour cette raison que si vous avez loccasion de descendre chez un exportateur, il préférera certainement que vous lui descendiez du matériel plutôt que de largent. Pensez donc à un compresseur à air, des piles, un masque, un détendeur de plongée, des palmes, des joints toriques et pour couronner le tout, un ballon de football. Il y a ensuite les problèmes liés à l'électricité. Il est nécessaire d'avoir sur place un bon groupe électrogène et une grosse réserve de mazout. En effet, les coupures sont fréquentes et durent parfois plus de 10 jours ! L'essence est aussi cruciale pour les moteurs des bateaux, quand il ne s'agit pas de la difficulté d'avoir du bois pour construire ces mêmes embarcations. Tout doit donc être rationné et les opérations de collecte au Congo sont ainsi limitées au maximum en raison des distances à parcourir. Il existe deux sortes dexportateurs au lac Tanganyika : Les étrangers et les autochtones. Les étrangers qui arrivent avec des fonds et du matériel et qui cherchent à ne pas bloquer leur argent sur place, et les autochtones qui profitent dune activité annexe (genre hôtel) pour se diversifier. Leurs politiques sont radicalement différentes et complémentaires. Les stations étrangères Elles sont relativement rares sur le lac mais elles restent les plus importantes. Elles ont généralement leur siège en Europe ou à Dar Es Salam en Tanzanie, loin des conflits potentiels (accès aussi plus aisé aux lignes aériennes internationales). Ce qui est sûr, cest quelles ont des comptes bancaires loin, bien loin des zones de pêche et que lorsque vient le jour de payer une facture de poisson, il ne faut pas sétonner de devoir faire des virements en $ dans une banque européenne ou américaine. En effet, il est très difficile de sortir largent dAfrique et les exportateurs préfèrent mettre leur argent à labri. Ces stations sont Rift Valley Tropical (Kalambo - Zambie frontière), African Diving (Kabwe - Tanzanie) et Fishes of Burundi (Bujumbura - Burundi) et C.J. Aquarium (Uvira - Congo).
Les Autochtones
Aqua Products : Cette station située à Kigoma en Tanzanie est gérée par Kirit Vaitha. Cet homme, dorigine Indienne gère cette activité en plus de son travail principal qui consiste en la gestion dun hôtel situé dans cette même ville. La zone de collecte sétend du Nord de la Tanzanie au Sud du lac. Ce sont eux qui collectent les fameux Petrochromis Sp Red ou les Xenotilapia spilopterus de Luagala Point. Même si la collecte nest pas lactivité principale de cette société, la qualité des expéditions est très satisfaisante et les prix très avantageux. Il arrive parfois que les couples soient dépareillés ou les taxons erronés, mais on ne saurait trop en demander à un hôtelier. Ils viennent cependant dinstaller un centre de stockage à Dar Es Salam, base de départ des exportations. Il peut pêcher à la demande ce qui prend parfois plus de deux semaines pour réunir la commande demandée cest-à-dire au minimum une semaine de pêche et une semaine de maintenance. "Jérôme" : Cest un particulier qui travaille au Novotel de Bujumbura au Burundi et qui sest lancé depuis quelques temps dans la collecte des cichlidés. Il a construit des bassins dans son jardin pour stocker les poissons. Il pêche ce quil trouve (parfois très intéressant comme des Xenotilapia flavipinnis Nyanza Lac) et aussi à la demande. Prix très intéressants mais a encore besoin de sécuriser la partie convoyage de ses poissons.
Comment travailler avec un exportateur ?
Cest pour cette raison quexiste le Transhipping. Un importateur commande de grosses quantités quil revend immédiatement (avec ou sans acclimatation suivant conditions) à dautres magasins. Par exemple, tous les Truffaut achètent à Africa, qui lui achète à Fishes of Burundi. Idem pour Abysse qui travaille avec Rift Valley Tropical ou African Diving Ltd et qui revend à dautres magasins. Cest ainsi que des box entiers sont déjà rachetés avant quils ne partent du lac. L'acclimatation dans une opération de transhipping est une assurance pour le distributeur final d'acheter des poissons qui se sont remis du stress occasionné par le fret. Ainsi, un poisson malade ou fatigué meurt dans les jours suivant son arrivée et ne passe donc pas cette phase d'acclimatation. Cette étape est facturée par l'importateur pour couvrir les frais liés aux pertes potentielles, aux traitements mis en oeuvre et à l'immobilisation du stock dans ses locaux. On réalise donc que le nombre dimportateurs en direct est très faible par pays. En France, nous avons Abysse, Africa et les Serres Aquatiques, en Belgique Angelicus et Aqua Blue Zaïre, en Hollande Verduijn, en Allemagne Mal-Ta-Vi, etc... et chaque importateur a ses exportateurs. Il est très rare quun exportateur accepte de livrer deux importateurs situés dans une même zone de chalandise (zone ou le magasin à une influence significative). Il n'y a donc pas de décalage de prix trop important pour une même race présente sur un marché national ou régional à une date donnée car elle vient d'un seul et même circuit de distribution (à priori). Exemple: si vous voyez sur une période d'un mois chez plusieurs détaillants des Ohthalmotilapia ventralis de Kapere, vous pouvez être certain qu'ils viennent tous du même importateur. Le but du jeu est donc de se rapprocher le plus possible de la source d'approvisionnement. Plus on s'éloigne de la source, moins on a d'information sur l'origine des poissons, plus ils sont trimballés et plus on subit les marges des intermédiaires. Exemple, Un Tropheus de chez Brichard est vendu entre 50 et 100 F français chez Angelicus (importateur direct pour la Belgique) et on retrouve ce même poisson à près de 400 FF chez Truffaut (Plaisir - 78) après qu'il soit passé dans les mains d'Africa (importateur direct pour la France). On assiste donc à une entente relativement cordiale entre les importateurs qui selon leurs intérêts réciproques, se mettent daccord pour grouper leurs importations. Après, on sarrange pour aller chercher les poissons chez son confrère, et à titre de revanche. Ces accords sont souvent dictés par les exportateurs eux mêmes qui nhésitent pas à dire « Tu veux mes poissons, alors travaille avec untel ! »
Les coûts d'importation, avec ou sans casse La casse est rarement imputable aux exportateurs eux mêmes, mais souvent aux compagnies aériennes et services vétérinaires qui gèrent ce genre de trafic. En effet, et comme nous lavons vu au début de cet article, la régularité des vols est douteuse. Lavion part, ou ne part pas. De plus, les vols étant rarement directs, les transferts augmentent le risque de perte. Il arrive souvent que les caisses soient oubliées lors dun transit ou quune compagnie refuse de prendre les box parce quil y en a 1 qui fuit. Toute la cargaison est donc perdue. Il arrive aussi (cest même très fréquent) quà la lecture du texte suivant « Fresh Tropical Fish », les personnels daéroport pensent quil sagit de poisson à maintenir au frais. Les box terminent donc dans les frigos à 5°C avec fruits et légumes (perte totale garantie). Et dans ce cas, qui paye ? ? ? Les box ne sont jamais assurés (impossible dassurer le vivant). La compagnie fait au mieux un avoir sur le prochain fret et ensuite, cest à négocier entre limportateur et lexportateur. Mais de toute façon, ça ne ressuscite jamais le poisson. Cest au destinataire détablir les formulaires de CLAIMS, en mentionnant le nombre de boxes écrasés (parfois par des sacs de café), disparus (il ny a que le carton vide) la température de leau, le temps écoulé depuis le départ jusquà la réception des boxes. Il devra donc sadresser personnellement au service dimportation de la société aérienne, qui de son côté attachera oui ou non une importance aux formulaires rentrés. Il vous faudra de toute façon tout payer !! et attendre ensuite deux parfois trois mois avant de récupérer quelque argent. Il y a encore les soucis liés aux contrôles vétérinaires qui dans certains cas font tout, sauf se soucier du bien être des animaux. Si il manque un papier perdu par un intermédiaire quelconque, un cachet au départ ? Pas de problème, le poisson attendra larrivée du papier (et loriginal SVP) par le vol suivant. Mais les poissons ne survivent jamais à cette attente... Après le déchargement de lavion, si les boxes ne sont pas mis au « ZOO », cest-à dire dans une pièce chauffée (location facturée aussi) à plus de 20°C, avec les chats, chiens et autres volailles, les magasiniers sont responsables. Les vétérinaires sont seuls habilité à prendre la décision si oui ou non on peut sortir du territoire des douanes avec la marchandise et leurs écrits sont paroles dévangile en cas de problèmes ! Ne pas oublier que cette profession bien sûr gagne (bien) sa vie mais est présent par tous temps et à toutes heures aux dédouanements de tout ce qui est vivant, même les homards ! En cas de destruction des boxes par la voie de lincinérateur, une jolie note vous parviendra dans les jours suivants.
De plus, même quand tout se passe bien,
les coûts liés à l'importation ne sont pas négligeables. Si le service de taxation des douanes ne possède pas de facture, parce qu'égarée, l'importateur est taxé sur un forfait de base qui parfois ne représente pas du tout la valeur réelle de lenvoi !!! Et quand il y a perte à larrivée (DOA -dead on arriving- dans le jargon), ne tenant pas compte des retards ou grèves des transporteurs aériens, limportateur doit déclarer à lexportateur les poissons morts, photos à lappui. Il ny a jamais de remboursement, seulement une promesse davoir à la prochaine commande... une promesse... Les marges ? Ceci explique certainement les marges faites par les importateurs et exportateurs. Quand on voit quun Xenotilapia sauvage part du lac à un coût variant entre 6 et 12 $ pièce (soit moins de 70 FF), que le plongeur qui la pêché est payé moins de 500 F par mois, on comprend mal pourquoi il est proposé en boutique par un importateur à 200 F et plus. Cest simple, les risques sont énormes, la casse non négligeable, les avances de trésorerie conséquentes, la gestion des stocks impossible à maîtriser et la dépendance importante. En effet, les livraisons arrivent aussi bien le mardi matin à 10 heures que le dimanche à 3 heures du matin avec 4 heures de retard (Les frais de douanes et vétérinaires sont majorés entre 200 et 300% pour les arrivées de nuit, de week-end ou de jours fériés).
Alors, toujours envie de partir là bas faire fortune ? ? ? On relativise... Cest normal. Chaque métier (car sen est un) a ses avantages et ses inconvénients. Soyons donc juste satisfait que certains aient franchis le pas (que ce soit du côté des importateurs ou de celui des exportateurs), car sans eux, pas de cichlidés ! Note de lauteur : Ces informations ne sont données quà titre indicatif et sont certainement à compléter. Certains acteurs ont sûrement été oubliés, mais cela vous donne quand même une bonne approche de la question. Si vous avez des corrections à faire, nhésitez pas ! Un grand merci à Eric d'Abysse et Liliane d'Angelicus pour les informations qu'ils ont bien voulu me transmettre. |
Tanganyika Cichlids |