Enantiopus melanogenys

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Photo Ad Konings

Par Christophe Henrio (novembre 1999)

Informations

Description

Enantiopus melanogenys est un cichlidé de la famille des Ectodini endémique du lac Tanganyika. On le trouve réparti sur toutes les côtes du lac entre 5 à 50 mètres de profondeur. L’exemplaire ayant servi à sa description a été collecté à Moliro, sur la frontière entre la République Démocratique du Congo et la Zambie. Le genre Enantiopus a été décrit par Boulenger en 1906, mais la description de l’espèce date de 1898 par ce même auteur. Ce genre monotypique ne comporte qu’une seule espèce ne montrant pas de variation chromatique à l’exception de la race dite de Kilesa. Cette race chromatique est connue sous le nom d’Enantiopus species Kilesa au sein de la communauté cichlidophile et reste en attente d’une description scientifique. De forme longitudinale pouvant atteindre 16 cm, notre Enantiopus melanogenys se démarque du Kilesa par une bouche protractile dirigée vers le bas dont la mâchoire inférieure est un peu plus longue. Mais la grande différence se situe essentiellement sur le patron de coloration des individus, avec une gorge jaune chez le "Kileza" alors qu'elle est noire chez Enantiopus melanogenys. Si chez la femelle la robe reste d'un blanc brillant, chez les mâles, ce n'est que arc-en-ciel. Son corps blanc à reflets métalliques, sa nageoire dorsale présentant une tâche ronde noire est liserée de jaune, ses pelviennes et l'anale se couvrant de noires, tout n'est rien comparé aux couleurs que peuvent prendre sa tête, bleu turquoise, bleu, violet, noir, jaune. C'est un véritable spectacle.

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A gauche: Enantiopus sp. Kilesa (Photo T&K Photo)
Au dessus: Enantiopus melanogenys Burundi (Photo Ad Konings)

 

Comportement

Ce cichlidé sabulicole qui passe son temps à fouiller le substrat pour se nourrir de petits insectes. Il conviendra donc de choisir celui-ci le plus fin possible et de réserver à cet hôte de belle plage de sable. En aquarium, il ne dédaigne pas les autres nourritures et se découvre même des dons de goinfre lors des distributions quotidiennes, aussi bien paillettes que autre nourriture de type artémias. Chaque mâle se délimite un territoire qu'il creuse lui même dans le sable, véritable cuvette pouvant atteindre 1 mètre de diamètre dans le milieu naturel. Il assurera la protection en aquarium d'une aire bien moins répandue, faute de place, mais n'approche pas ainsi de son habitat qui conque. Entre protection de joutes entre ses rivaux pour séduire les femelles qui vont de nid en nid, il n'aura que hâte de vous présenter ses plus belles couleurs. Poisson très docile, il a malgré tout la fâcheuse habitude de dévorer sa progéniture. Faute de caches suffisante, elle devra donc être mise à l'écart pour l'élevage. Incubateurs buccaux , pour se faire, le mieux sera d'isoler la femelle avant le lâcher des alevins qui peuvent être au nombre de 50 et qui survient au bout d’environ 3 semaines.

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Enantiopus melanogenys à Ikola
(Photo African Diving)

Observations

Plantons le décor

Vu leur mode de vie, plus la place au sol est importante mieux ils se sentiront. Et malgré le résultat observé dans mon bac, je ne peux pas vous inviter à suivre cet exemple. Au risque d'en faire crier au scandale certain d'entre vous, je plante quand même le décors, tout d'abord les dimension de l'aquarium, 100x45x50. Bon d'accord je vous l'accorde un 120x50x50 était un minimum, minimum que je ne pouvais pas me permettre faute de place, alors j'ai tenté le coup. Pour ce qui est du reste, rien de bien spécial, un système de filtration type décantation interne constituée d’une pré-filtration sur mousse bleu, puis filtration sur perlon et enfin filtration biologique sur un mélange lave et corail concassé. Le passage de l'eau étant assuré par une pompe de 1500 L/H . L'éclairage effectué durant 8 heures quotidiennement par 1 tube fluorescant "Grolux".

Le peuplement est constitué de:

- Un couple d’Altolamprologus compressiceps Gold de Samazi
- 5 Cyprichromis sp. Zebra "Chituta"
- 7 Cyprichromis sp. leptosoma "Jumbo Kitumba"
- 4 Ancistrus
- Et enfin notre protagoniste, 1 mâle et 5 femelles Enantiopus melanogenys

Récit

Qui n'a pas été ébloui par le documentaire "les secrets du Tanganyika" de Victoria Stone et Marc Deeble. Superbes images que l'on s'échine à reproduire dans nos aquarium afin de pouvoir se lever tous les matin au bord du lac, ou presque. Bon d'accord, comme déjà dit, c'est pas par reproduction en terme d'espace que je rempli les critères de reproduction de biotope, mais j'y travail et fait ce que je peux. Pour en revenir à nos moutons, dans ce film, souvenez-vous de ces magnifiques images où l'on observe des myriades d'Enantiopus en train de parader, essayant de capter le maximum de rayon solaire pour éblouir leurs élues. Et crac, bouffé par un martin pêcheur. Tout comme Icare, à vouloir toucher le soleil, ils se font brûler les nageoires. Et oui, attirés par les reflets, les oiseaux leur tombent dessus pour ce nourrir. Là au moins un bon point pour moi, l'aquarium est couvert et puis il n'y a pas de piaf à la maison. Malgré tout quand on voit la difficulté et le prix pour obtenir de beaux spécimens, ça vous fait mal au ventre de les voir finir ainsi.

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Bon pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'enregistrer ce documentaire, je vais tenter de vous décrire quel peut être la beauté de ce spectacle.

Tout commence par les jours ordinaires, le mâle, à creusé sa cuvette et essaye d'attirer toutes femelles qui passent à sa portée et quand c'est pas le cas, il va les chercher, mais ne les brusque jamais. C'est dingue, quand on pense que ces poissons n'ont jamais mis les pieds dans une classe pour suivre un cours de géométrie, qu'ils ne possèdent en tout et pour tout comme point de repère que la surface rectangulaire d'un aquarium et encore, à quoi bon puisqu'ils ne savent pas se que c'est qu'un rectangle. C'est dingue de voir comment ils sont capable de construire pour nid une cuvette, des plus ronde quelle soit.

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Enantiopus melanogenys en reproduction
(Photo H.J. Herrmann)

Donc notre pépère qui aurait bien aimé avoir un rival pour être encore plus beau, resplendit déjà de toutes ces couleurs, jusqu'au jour venu, où une femelle gravide se présente avec son ventre bien arrondi. Pas de doute, il va pouvoir passer à l'action.

Il s'acharnera de faire mine de foncer sur tout intrus, sans jamais aller jusqu'à les toucher, mais sa rapidité les surprend tellement qu'ils se demandent ce qui se passe et vont voir ailleurs sans demander leur reste. Entre les différentes intimidations des assaillants et les efforts de séduction pour sa belle, l'action durera 3 heures. 3 heures d'efforts, pour lui car moi j'étais bien calé dans mon fauteuil. 3 heures d'un spectacles splendides et haut en couleur.

J'ai pu observer que la femelle ne reste pas continuellement dans l'antre du mâle, elle n'y vient que quand elle est apte à pondre, un ou deux œufs. Alors, commence un danse effrénée. Ce positionnant à la queue leu leu, ils forment un cercle et se mettent à tournoyer. J'ai pu apercevoir durant cette danse le mâle déployer et rentrer successivement sa bouche vers le substrat donnant une réel impression de tremblements frénétiques. Est-ce une incitation ou excitation de plus destiner à faire pondre la femelle? Toujours est-il que dans leur élan, la femelle pond un œuf fécondé dans le mouvement par le mâle et pris en bouche par la femelle le tour suivant. Puis c'est le tour d'un deuxième œuf, qui subi le même traitement, avant que la femelle ne quitte l'air de ponte pour se remettre de cette valse et se préparer à une prochaine.

Durant se temps, le mâle assure la sécurité des lieux et pour se garantir le retour de sa belle, resplendi de plus belle. Pour mieux briller de mille feu, il se couche sur le flan captant ainsi au mieux les rayons lumineux de l'éclairage et reflète ainsi une myriade de couleurs. Son corps présente alors ses plus belle teintes et est composé d'un dégradé de bleu tirant vers le violet puis le rose pour le haut du corps, le bas restant un blanc métallique éclatant. Ses nageoires présentent un noir velours, seule la dorsale portera ce liseré jaune. Quand à la tête, montrant des zones jaunes, bleues et bleues turquoise pour le haut, c'est à cet instant que l'on peut voir la gorge d'un noir des plus sombre.

Comme je vous dit, durant trois heures quel spectacle! A en faire pâlir les plus fervent admirateur des costumes de "l'Alcazar", ou plutôt à donner envie à ceux qui n'en possède pas faire des pieds et des mains pour s'en procurer.

 

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle