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Filtration
bon marché Eric Genevelle (avril 1998) Les nitrates. A quoi bon acheter un test, le résultat est invariablement une explosion dans le rouge. On a beau effectuer régulièrement des changements deau dun tiers du volume intérieur du bac, on a limpression de ... dans un violon. Il faut dire que la qualité de leau de conduite ne nous aide pas beaucoup dans notre tache et que dans certaines localités, lexercice relevant de changer de leau revient bien souvent à remplacer des anciennes nitrates par des nouvelles plus fraîches ! ! ! Jhabitais alors dans une ville où, sous réserve quil ny ait pas eut un violent orage les jours précédents, leau de conduite était dotée dun taux de nitrates égal à 35 mg/l. Il y a mieux, mais nettement moins quen Bretagne ! Jallais donc de changement deaux en changements deau pour limiter la progression de nos chères amies. Mon bac de 460 litres était normalement peuplé de Cichlidés du Tanganyika et la filtration sopérait à laide de deux filtres extérieurs pour un débit de 1500 litres réels par heure. Lassé de voir ces filtres sencrasser, je me décidais de méquiper dun filtre semi-humide. Pas forcément bricoleur dans lâme mais plutôt opportuniste, je trouvais chez Truffaut un filtre semi humide en plastique noir pour bassins à Carpes Koï avec les mousses, les robinets, les pseudo biosphères. Le tout pour la somme astronomique de 200 F. Pas de quoi faire la fine bouche, car la construction et le temps passé à construire ce filtre dune contenance de plus de 70 litres et le prix des constituants auraient rendu laffaire plus délicate. Ce changement de filtration a créé un changement radical dans laquarium. Eau limpide, oxygénation idéale, dénitrification complète... Mais toujours nos amies les nitrates. Cest alors que jeus, sans le savoir, une idée lumineuse. Je décidais de changer le substrat. Jétais tombé amoureux du sable blanc et jallais alors avec ma pelle et mon sceau chercher du sable dans une carrière de silice près de Maisse (91). On peut garer légalement la voiture à 5 mètres des tas de sable. Ce nest pas du vol car je vous parle dune carrière qui a été abandonnée. De retour à la maison, le travail consistait à laver ce sable de ses impuretés. Et là, surprise. En fait de sable, il sagissait comme dune pate de sable blanc. Impossible de plonger la main dans la matière sans y avoir mis de leau et y créer un courant. Ce sable a la même consistance que la farine, mais en beaucoup plus dense. Après de longues heures de lavage, ce sable a été mélangé avec un peu de lancien substrat de manière à donner un aspect un peu plus naturel. En effet, le moindre déchet (plante ou chiure de poisson) aurait juré sur ce substrat si blanc. Jai étalé le sable sur le fond de laquarium (avec un râteau car je me cassais les ongles) sur une épaisseur de 3 cm. Depuis, les poissons, principalement les sabulicoles et les Cyathopharynx adorent y fourrager. Ils prennent de larges bouchées de substrat puis le filtre par les opercules. Les semaines ont passé et je décidais alors de contrôler la qualité de mon eau. Pas de nitrites (cest la moindre des choses avec un semi-humide), pH de 8,5 et un taux de nitrates inférieur à 15 mg/l ! ! ! Etrange, car cela faisait bien 15 jours que je navais pas procédé à un changement deau. Curieux de ce phénomène, je changeais 1/3 du volume du bac et contrôlais de nouveau les nitrates. Il était passé à 25 mg/l pour redescendre dans la semaine à 15. Conclusion, plus je changeais leau, plus jaugmentais mon taux de nitrates. Procédant par élimination et vérifiant la qualité de mon test, jen concluais alors que javais hérité dun dénitrateur naturel. Les mois ont passé sans trop pousser plus loin mes recherches dans le domaine. Je remarquais alors que de temps à autres, lorsque quun poisson creusait dans le substrat, que certaines petites bulles gazeuses sen échappaient. Dangereux ? Cela ne le semblait pas et comme je navais pas la possibilité danalyser ces bulles, je fermais les yeux mais promettait de me pencher sérieusement sur la question. A loccasion dune réfection partielle de laquarium, je remarquais que des zones du substrat situées là où il sétait entassé (plus de 6 cm dépaisseur) avaient pris une couleur grise. Il sen dégageait une odeur dammoniaque. Jai donc retiré une partie du substrat pour nen laisser quune épaisseur allant de 1,5 à 2 cm. Le phénomène ne sest plus reproduit et le taux de nitrate baisse constamment. Cette année, jai déménagé et refait donc entièrement laquarium selon le même procédé. Leau de conduite à un taux de 20 mg/l et le dernier test en aquarium sest révélé pratiquement négatif (2 tests de marques différentes). Sans pour autant rentrer dans des considérations chimico-techniques, il semblerait que ce substrat joue le rôle dun parfait dénitrateur au sein de laquarium. Le faible courant deau y circulant et sa remarquable densité a fait de ce milieu un formidable site anaérobique doù le développement de bactéries dénitratantes. Le constant brassage de cette faible couche de sable par les sabulicoles et les Cyathopharynx furcifer évite la constitution de fermentation au sein du substrat doù le parfait équilibre à ce jour observé. Je me demande cependant de quels éléments nutritifs ces bactéries se nourrissent, car je napporte aucune solution de glucose spécifique à lintérieur du bac. Mais pourquoi chercher la petite bête lorsque tout fonctionne comme dans un rêve. Ce type de dénitrateur accidentel et naturel nest peut-être pas applicable à dautres types daquariums et je me garde den faire une solution miracle. Il serait cependant intéressant de renouveler cette expérience avec dautres aquariophiles. Les risques de fermentation devraient être évités en napposant quune quantité de ce sable nexcédant pas une épaisseur de 2 cm. Je vous conseille de mélanger à ce substrat du sable légèrement plus grossier (granulométrie denviron 0,5 mm) à concurrence dun tiers. Dernier point : et les plantes dans tout cela. Il semblerait que ce type de substrat ne soit pas des plus fertiles et que les racines y aient parfois du mal à y frayer leur chemin. Les espèces du genre Vallisneria sy complaisent cependant et se reproduisent par stolon. Un apport dengrais par comprimés de type Florinette de SERA me semblent à ce jour les plus performantes, mais cela reste une appréciation personnelle. |
Tanganyika Cichlids |