Vous laurez compris, cest la plus belle variété
qui mait été donné de voir et de maintenir jusquà aujourdhui.
Cest le seul surtout qui présente ces plus vives couleurs à longueur
dannée et pas besoin pour cela quil soit le dominant. Je me
suis même demandé si la description qui en était faite nétait pas
erronée. Est-ce bien un poisson à écailles ou celles-ci ont été remplacées
par une splendide toison de velours ?
Donc comme je vous le disais, hier soir comme dautres
dailleurs, un programme muet mais haut en couleur et en action qui
aurai pu sintituler «Zy vas, eh ! bouge de là que jme
tape la meuf». Mais je préfère rester fleur bleue, malgré la similitude
faite avec une bande de jeunes coqs qui se chamailleraient pour les beaux
yeux dune fille.
Quelle splendeur de voir ce poisson, mais de le voir
parader, ça vous coupe le souffle. Un mâle seul de dix centimètres, arrivent
à contenir tous ses congénères mais aussi trois Cyathopharynx
furcifer,
un couple dAltolamprologus compressiceps et des Cyphotilapia frontosa
à distance. Personne ne veut prendre le risque de ces attaques rapides
comme des éclairs. Dans un même temps, il encercle sa dulcinée. Il virevolte
de son élue dun soir à ses concurrents ne tenant plus quun
rôle de voyeur. Il illumine de mille et une lumières, cest un véritable
feu dartifice. Il fait le beau, comme sil se devait de prouver
encore et toujours quil est le plus beau, quil est le plus
fort, un vrai exhibitionniste.
Sur ces observations, jai pu me rendre compte dune
chose. Jai souvent vu parader des mâles entre eux, à croire quils
étaient incapable de se reconnaître, où seule leur beauté comparée à celle
du genre féminin les attiraient. Mais il y avait erreur.
Un mâle, quand il fraye, cherche tout dabord à
ne pas donner de solution de fuite à la femelle. Puis relativement horizontal,
tout en frétillant les nageoires déployées, il lui montre ses flans, tête
vers le haut. Cest lui qui donne le signal. La femelle sapproche
pour prendre en bouche la laitance, dès quil écarte la nageoire
pelvienne du côté où elle se trouve. Un dernier point de repère pour elle
au cas où, enivrées de toutes ces couleurs, elles ne seraient pas où donner
de la tête. Le bout des pelviennes est dun blanc éclatant pour loccasion.
En fait, la position des pelviennes constitue «LA» différence
entre les parades amoureuses et les parades dintimidations avec
les autres mâles. Dans ce dernier cas, les nageoires sont continuellement
déployées, comme pour donner encore plus de volume à son corps.
Jai facilement pu observer ces différences tout
au long de la soirée. Le mâle devenu patron des lieux pour un instant
na cessé de réaliser des allées-venues entre la femelle et les autres
mâles relayés au rang de voyeurs. Le spectacle semble ne pas les laisser
de marbre et profitent de toute infime occasion pour se mêler à la fête
et prendre la place. Le dominant passant donc dun courtisant à lautre,
puis de sa femelle vers un courtisant essayant de séduire une autre dame
au passage etc
Pour conclure, si conclusion il y a: Au regards de nos
problèmes quotidiens, ils ne sont pas si éloignés de nous ! ! !
Fatigué pour lui de tant daction, jai très
vite été en faire de même (mais dans mes rêves). Il a la santé le bougre,
et à moins dun cocktail dEPO et de Viagra, je défis quiconque
de suivre le rythme.