Cyprichromis Sp. leptosoma Jumbo "Kitumba"
Un Cypri exhibitionniste...
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Chritophe Henrio (avril 1999)
(Photos de J-Y. Dubuisson)
 

L’hiver est fini, revoici les beaux jours. Comme tous les ans depuis des millions d’années le printemps est la saison du renouveau et des amours. Certes, cette saison n’est pas à la même période sous toutes les latitudes, mais elle est surtout complètement faussée dans nos aquariums. Et dans un aquarium correctement équilibré, on observe même plus de tout de rythme.

C’est sur ces entrefaites, que hier soir, m’ennuyant péniblement devant le programme télé, que je me décidais pour la septième chaîne. Programme cochons en perspective et pas besoin de décodeur.

Qui sont les acteurs de ce programme, un groupe d’une quinzaine de Cyprichromis «Spec Jumbo Kitumba» acheté voilà maintenant un an à l’âge de quatre mois et qui ont bien poussé depuis.

Est-il encore nécessaire de présenter cet hôte ? Non, tant mieux, vous m’enlevez une épine du pied car c’est loin d’être dans mes compétences et puis j’ai réellement envie de vous communiquer mon plaisir, voir même de vous donner envie de posséder ce poisson. De toute manière, si on omet les caractéristiques de son anatomie (invisibles à bon nombre d’entre nous), la forme générale longitudinale de son corps, il devient bien difficile de le décrire tant les patrons de sa robe diffèrent d’un sujet à l’autre. Si on fait abstraction des patrons unis bleus et des patrons unis jaunes, une multitude de composition de palette s’offre à nous, passant de la plus simple corps bleu – queue jaune aux plus diverses et variées. Ainsi il vous sera possible d’en observer avec un côté pile et un côté face et en fonction du sens de la nage avoir deux sujets pour le prix d’un.

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Vous l’aurez compris, c’est la plus belle variété qui m’ait été donné de voir et de maintenir jusqu’à aujourd’hui. C’est le seul surtout qui présente ces plus vives couleurs à longueur d’année et pas besoin pour cela qu’il soit le dominant. Je me suis même demandé si la description qui en était faite n’était pas erronée. Est-ce bien un poisson à écailles ou celles-ci ont été remplacées par une splendide toison de velours ?

Donc comme je vous le disais, hier soir comme d’autres d’ailleurs, un programme muet mais haut en couleur et en action qui aurai pu s’intituler «Z’y vas, eh ! bouge de là que j’me tape la meuf». Mais je préfère rester fleur bleue, malgré la similitude faite avec une bande de jeunes coqs qui se chamailleraient pour les beaux yeux d’une fille.

Quelle splendeur de voir ce poisson, mais de le voir parader, ça vous coupe le souffle. Un mâle seul de dix centimètres, arrivent à contenir tous ses congénères mais aussi trois Cyathopharynx furcifer, un couple d’Altolamprologus compressiceps et des Cyphotilapia frontosa à distance. Personne ne veut prendre le risque de ces attaques rapides comme des éclairs. Dans un même temps, il encercle sa dulcinée. Il virevolte de son élue d’un soir à ses concurrents ne tenant plus qu’un rôle de voyeur. Il illumine de mille et une lumières, c’est un véritable feu d’artifice. Il fait le beau, comme s’il se devait de prouver encore et toujours qu’il est le plus beau, qu’il est le plus fort, un vrai exhibitionniste.

Sur ces observations, j’ai pu me rendre compte d’une chose. J’ai souvent vu parader des mâles entre eux, à croire qu’ils étaient incapable de se reconnaître, où seule leur beauté comparée à celle du genre féminin les attiraient. Mais il y avait erreur.

Un mâle, quand il fraye, cherche tout d’abord à ne pas donner de solution de fuite à la femelle. Puis relativement horizontal, tout en frétillant les nageoires déployées, il lui montre ses flans, tête vers le haut. C’est lui qui donne le signal. La femelle s’approche pour prendre en bouche la laitance, dès qu’il écarte la nageoire pelvienne du côté où elle se trouve. Un dernier point de repère pour elle au cas où, enivrées de toutes ces couleurs, elles ne seraient pas où donner de la tête. Le bout des pelviennes est d’un blanc éclatant pour l’occasion.

En fait, la position des pelviennes constitue «LA» différence entre les parades amoureuses et les parades d’intimidations avec les autres mâles. Dans ce dernier cas, les nageoires sont continuellement déployées, comme pour donner encore plus de volume à son corps.

J’ai facilement pu observer ces différences tout au long de la soirée. Le mâle devenu patron des lieux pour un instant n’a cessé de réaliser des allées-venues entre la femelle et les autres mâles relayés au rang de voyeurs. Le spectacle semble ne pas les laisser de marbre et profitent de toute infime occasion pour se mêler à la fête et prendre la place. Le dominant passant donc d’un courtisant à l’autre, puis de sa femelle vers un courtisant essayant de séduire une autre dame au passage etc…

Pour conclure, si conclusion il y a: Au regards de nos problèmes quotidiens, ils ne sont pas si éloignés de nous ! ! !

Fatigué pour lui de tant d’action, j’ai très vite été en faire de même (mais dans mes rêves). Il a la santé le bougre, et à moins d’un cocktail d’EPO et de Viagra, je défis quiconque de suivre le rythme.

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Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle