Créer un site Web sur l'Aquariophilie

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Au travail !!!

Par Eric Genevelle (avril 1999)

Facile à dire lorsque l’on a la chance d’avoir un site connu et qui tient la route. Et bien, pas tant que ça car rien n’est gagné et si le site où vous vous trouvez vous semble nickel, il ne l’a pas toujours été.

Cet article a donc un objectif assez simple. C’est de vous expliquer comment arriver à un résultat satisfaisant sans trop en baver.

Tout d’abord, précisons bien les choses

Pour faire un site, il n’est pas nécessaire d’être informaticien ni de savoir ce qu’est le Java ou autres langages dont les pros nous abreuvent. En ce qui me concerne, j’ai juste compris qu’une page web a une extension « htm » ou « html » (comme un fichier Word a une extension « .doc »).

Il n’est pas nécessaire d’être un pro reconnu de l’aquariophilie pour faire un site sur le domaine. Avant de faire ce site, j’étais un parfait inconnu.

Faire un site ne coûte pas cher (moi, ca me coûte 150 F par an et de nombreux provideurs le font gratuitement). Il n’est pas nécessaire d’être constamment en ligne sur le web pour faire son site

Il n’est pas nécessaire d’avoir un super matériel pour faire un site. Pendant un an, j’ai utilisé un PC 486 Mhz avec 24 Mo de Ram et toujours pas de scanner.

Je n’ai pas de photos personnelles donc je ne peux pas faire de site : Faux ! Je vous expliquerai comment faire.

Faire un site prend du temps : Oui. On a rien sans rien.

Conclusion : Faire un site est à la portée de tout le monde.

Un site, mais sur quoi ?

Question essentielle qui fera ou non son succès. Faire un site sur l’aquariophilie en général est risqué car vous serez noyé dans la masse et ne pourrez jamais faire le tour du domaine. Vous tomberez alors dans le piège du site qui présente la photo de votre bac et la famille qui pose devant, la liste des poissons maintenus et quelques articles hétéroclites qui n’inciteront pas vos lecteurs à revenir.

Il faut donc choisir un thème si on veut rationaliser un site et fidéliser sa clientèle (je n’ai rien contre les sites personnels qui ne visent que la famille proche, mais ce n’est pas le sujet de cet article).

On peut donc faire un site sur les guppy ou sur les Killis ou sur l’aquariophilie récifale, ou encore sur les cichlidés. On peux encore pousser plus loin le bouchon avec un site que sur le Tanganyika (ah bon !) ou (encore plus ciblé) sur les Mastacembelidae africains. Sachez que plus le site est ciblé, plus la clientèle est exigente, régulière et attachante.

Une fois que l’on a choisi le fil directeur de son site, il faut s’y tenir car un changement d’orientation est lourd à gérer car tout est à refaire au niveau du référencement dans les moteurs de recherche et sur son architecture.

Le titre du site

Outre le fait de se faire plaisir, il faut un titre court (moins de 10 mots) et qui soit compréhensible quelque soit la langue. Eviter aussi un nom trop générique « Les Cichlidés » car le terme est trop vague et il serait impossible de vous retrouver par les moteurs de recherche. En fait, il faut se mettre à la place des internautes qui cherchent des infos. En ce qui me concerne, j’ai choisi Tanganyika Cichlids parce que c’était les deux mots clés de toute recherche sur le sujet et le nom de l’ouvrage de référence d’Ad Konings sur le Tanganyika. Ainsi, je pensais que ceux qui rechercheraient des infos sur le livre tomberaient sur mon site. J’avais raison.

Evitez d’inventer un nom du type « Tangalawi » car personne n’aura l’idée de mettre ce nom comme critère de recherche. Evitez aussi d’appeler votre site « Ad. Konings » car, même si vous auriez du succès, je doute qu’Ad. soit emballé par cette idée géniale

Les outils

Ce que vous trouvez sous la main. Il existe un tas de logiciels qui vous permettent de créer un site web. De préférence, si vous n’y connaissez rien en informatique, choisissez un logiciel en Français. Pour ma part, j’utilise FrontPage de Microsoft. C’est très intuitif et facile à utiliser. Ce logiciel a cependant trois inconvénients, le premier est qu’il génère tout un tas de fichiers parasites, le second est que certaines fonctions ne peuvent marcher que si votre provideur (celui qui héberge votre site) a les extensions FrontPage, et enfin que le système pour exporter les fichiers n’est pas pratique. Reste que je continue avec ce logiciel (sauf pour l’exportation ou j’utilise FTP Expert qui est génial et très visuel) car j’ai peur de tout casser en changeant d’utilitaire.

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Ecran FrontPage

Il vous faut aussi un PC (logique), Pentium préférable, avec 32 Mo de Ram (bref, ce qui se vend actuellement). Avoir aussi un utilitaire de retouche d’image du type PhotoShop, ou Lview Pro 2 ou encore Paint Shop Pro. Le scanner est pratique, mais vous serez tenté de pirater les photos des livres (ce qui n’est jamais conseillé).

Un plus est l’appareil photo numérique, mais relativement cher à l’achat (plus rentable cependant qu’un réflex pour les photos d’aquarium).

Où se faire héberger ?

Bonne question. Tous les provideurs offrent désormais quelques Mo pour des pages web perso. En général, c’est 3 à 5 Mo. Sachez que l’on manque vite de place, surtout si vous voulez agrémenter vos articles de belles photos. Sachez aussi que si ce service est gratuit pour vous, il l’est pour tous. Votre provideur abrite donc des milliers de site et les temps de réponse sont parfois douteux. Enfin, ne comptez pas sur eux pour vous dépanner ou vous donner des conseils astucieux. Evitez aussi les provideurs étrangers car, si vous n’êtes pas un pro du jargon informatique, vous ne comprendrez rien. En effet, à l’ouverte d’un site, on vous donne tout un tas de codes, mots de passe, etc, et il n’est pas simple de tout comprendre.

Pour ma part, j’ai choisi Net Liberté qui présente l’avantage (pour 150 F/an) de vous offrir 20 Mo (bientôt 50), une hot line en Français (en plus par un amoureux des cichlidés), un débit de ligne très sympathique et un accueil personnalisé. Le pied !

On peux toujours commencer avec un provideur gratuit pour changer ensuite, mais pourquoi faire compliqué ? De plus, il faut éviter de se faire dégoûter d’internet (c’est comme si on vous avait vendu votre premier bac avec les poissons le même jour et que l’on vous disait, 20 morts plus tard, qu’il y a des règles à respecter).

La structure du site

Primordial ! Au début, on commence avec une page d’accueil et deux ou trois pages derrière (accessibles avec un lien). Rapidement, la page d’accueil n’est qu’une longue liste de liens pas toujours classés et très très vite, c’est le bordel. On est donc obligé de tout casser, et ce, tous les 3 mois. Rapidement c’est ingérable. Pensez donc, dès le début, à imaginer à ce que pourrait contenir votre site dans les deux années qui viennent. Vous en déduirez des chapitres, vides au début, mais qui ne manqueront pas de figurer par la suite (Photothèque, Liens, Matériel, Forum, etc, etc). Sachez par exemple qu’à ce jour, Tanganyika Cichlids est composé de près de 200 pages, réparties dans 19 chapitres, puis dans des sous chapitres. Certaines pages peuvent appartenir à deux chapitres différents, mais avec les liens, ca ne pose pas de problème. Lorsque l’on arrive à un tel nombre de chapitres, on ne peux pas les mettre tous sur toutes les pages dans le bandeau (sinon, 50% de l’écran est amputé). Il faut donc créer une page sommaire qui sert de point de départ et de retour à toute consultation. Il faut en effet éviter que le lecteur se perde dans le site car c’est la meilleure façon pour qu’il passe à côté de l’essentiel. A chaque page, on doit donc pouvoir remonter à la tête du chapitre concerné et au sommaire. Comme à la création du site, vous n’avez pas de quoi remplir tous les chapitres, évitez de les lister et même de publier les pages vides avec marqué « en construction ». C’est ainsi que sur certains sites, 80% des pages sont « en construction » Créez les seulement en local.

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Architecture du site Tanganyika Cichlids

Les frames... C’est quoi est-ce ? ? ? C’est la possibilité de diviser votre écran en plusieurs pages. Généralement la première page concerne la navigation (comme le sommaire) et la deuxième page, l’article par exemple. Je déconseille les frames pour plusieurs raisons. La première, c’est que c’est plus difficile à gérer et moins souple. La deuxième est que la place écran pour mettre votre article est réduite, la dernière est que ça fait moins propre.

Le look du site

C’est une histoire de goût. Pour ma part je conseille le style allégé. Les fonds de page trop chargés ou trop foncés ne facilitent pas la lecture du texte (écrire en blanc sur un fond sombre est vite fatiguant pour les yeux). La police « Arial » en 10 ou 12 est la plus lisible. Pour les titres, vous pouvez évidemment jouer avec plus de fantaisie.
Les « Gifs animés », c’est bien sympa mais c’est long à charger. Ne pas trop en abuser.                delphin.gif (17449 octets)

La taille des photos. Plus la photo est grande, plus elle est longue à s’afficher. Les formats les plus pratiques sont le « .jpg » et le « .gif ». Le « gif » prend plus de place mais permet d’afficher l’image en plusieurs fois (ce qui est pratique). Une résolution de 100 dpi en RVB est largement suffisante pour internet. De manière générale, je vous conseille de mettre des images de moins de 100 Ko.

Il arrive aussi que certains articles soient très longs et que le nombre d’images l’illustrant soit important. Dans ce cas, je déconseille de mettre les images en grand format dans la page. Vous avez des outils qui permettent de créer des photos miniatures qui sont en fait des liens aux photos d’origine. Un photo miniature pèse environ 1à 2 Ko. La page s’ouvrira donc très rapidement. Ensuite, si le visiteur désire voir l’image en grand, il lui suffit de cliquer dessus. Ce conseil est aussi valable pour les pages photothèques.

Pour en terminer avec les images, vous avez du vous rendre compte que dès qu’une image est publiée sur un site, elle peut être piratée. Je vous conseille donc d’écrire votre nom directement sur l’image. Inutile cependant de fanfaronner avec le terme ©, vous n’êtes pas des multinationales...

Revenons au look. Certains utilitaires vous proposent une série de look par défaut que vous pouvez utiliser librement. C’est très pratique pour démarrer un site rapidement. Le défaut vient généralement de la taille des boutons proposés. En effet, ces derniers sont souvent conçus pour pouvoir y écrire un ou deux mots. Impossible donc de les utiliser pour écrire un nom de poisson (il sera tronqué ou dépassera du bouton). Mieux vaut donc adapter ces looks par défaut en fonction de ses besoins (le faire après 1 an de fonctionnement est une vraie galère).

La page d’accueil

Primordial. C’est elle qui va attirer le nouveau public. Elle doit être rapide à charger et très claire (je ne parle pas de la couleur ! ! !). En effet, si vous avez un peu l’habitude de surfer, il arrive que l’on tombe sur des sites où la première page met 3 plombes à charger. Souvent, on capitule avant la fin.

Généralement, une belle photo, le logo du site (qui doit rester le même si possible), un titre, une introduction de 3 ou 4 lignes (essentiel) et le tour est joué.

A partir de là, plusieurs solutions : Soit vous mettez le sommaire du site en bas de la page (et dans ce cas on est obligé d’utiliser les ascenseurs), soit vous mettez un bouton donnant accès au sommaire qui est présent sur la deuxième page du site (comme chez moi). Je préfère cette dernière solution pour plusieurs raisons : La première est que la page d’accueil est plus rapide à charger et tient dans l’écran. La seconde est que la page d’accueil est moins chargée, d’autant que rapidement, vous aurez besoin d’y rajouter des trucs comme le bouton « nouveautés » (j’y reviendrai), « forum », « livre d’or » et « compteur ». Il faut guider le lecteur, pas le faire chercher !

La page « nouveautés du site »

Indispensable. Ce n’est pas tout d’envoyer un mail pour annoncer qu’il y a une mise à jour, ni même de citer les nouveaux articles car il n’y a que vous qui savez où sont placées ces derniers. Créez donc une page réservée à cet effet. Les habitués du site ne jureront que par elle. C’est aussi la page où vous pouvez vraiment converser avec les fans du site, mettre des anecdotes, raconter votre vie. C’est pour moi la page la plus sympa à mettre à jour dans le site car la plus intéractive.

Les autres pages

Essayez de respecter une norme (police, couleur, etc). Imaginez que vous lisez un livre de poche où chaque page à une police différente. Fatiguant, non ! Et bien le web, c’est pareil. Dans une même page, limitez les polices utilisées à 3 (que ce soit en taille par exemple ou en couleur). Mais cette règle est commune à tout type de texte, quelque soit le support utilisé.

A la fin de chaque page, outre les boutons de navigation, pensez à mettre un petit bandeau avec un lien vers votre email.

Le contenu du site

Chacun sa m... Au début, c’est à vous d’écrire la totalité des articles (c’est souvent le plus dur du travail). Après (mais il faut crier dans le désert pendant pas mal de temps), les fans du site écrivent pour vous. Ca tombe bien car comme vous ne pouvez pas tout savoir sur tout... Votre rôle se transforme en partie en « rédacteur en chef » (ce qui représente du travail car vous ne pouvez pas publier des conneries). C’est ainsi qu’à ce jour, 29 personnes ont travaillé pour le site où vous êtes (et oui, je suis un « négrier » ! ! !).

Ensuite, il faut éviter de paraphraser d’autres articles (ou d’autres sites). Pour cela, il faut lire, lire beaucoup, chercher et apprendre. Ensuite, écrire.

Une seule règle : Ne pas se planter sur les taxons de poisson et ne pas publier de fausses infos. Un site est reconnu, même s’il est pauvre, du moment où ce que l’on écrit est vrai.

Une autre règle (la seule bis) : le site publié ne doit pas être un brouillon. Le brouillon, on le garde en local et on ne publie que lorsque la page est finie. A ce propos, avant d’avertir les proches d’une mise à jour, on valide en local, on publie, on valide sur le site exporté, puis on informe.

Les photos du site

Lorsque l’on a pas de photos personnelles pour son site, il faut en demander aux copains qui ont un site. Ils seront généralement ravis de vous les prêter à condition que vous citiez l’origine de ces dernières (ce qui ne mange pas de pain). Après on vous en propose, mais ne comptez pas dessus au début.

Indépendance du site et publicité

Souvent, les provideurs vous demandent de mettre un bandeau publicitaire sur votre site. C’est le cas aussi d’associations qui pour vous inscrire, demandent une contrepartie. Ils vous disent que de cette manière, votre site sera référence.

C’est l’enfer. Je ne supporte pas les sites où à chaque fois que vous ouvrez une page, une pub se jette à votre figure. Restez indépendant. Le site sera plus propre et vos lecteurs vous en seront gré. De plus, ça n’augmente pas de manière significative la fréquentation du site.

Se faire référencer

Ne pas payer. Il existe des services où, en payant, ils vous référencent dans 100 ou 500 moteurs de recherche. Laissez tomber. Le but est d’être référence par les principaux utilisés (Altavista, Nomade, Yahoo, Web Crawler, etc). Chacun de ces sites moteurs ont une page où vous pouvez référencer votre site. Ca prend entre 15 jours et 1 mois, mais ça marche. Comment ces moteurs vous référencent-ils ? Au début, ils ne regardent que votre page d’accueil (c’est un programme qui regarde). En réalité ils lisent les sources de cette page et enregistrent tous ce qu’il y a d’écrit (d’où l’intérêt d’un titre explicite et d’un petit résumé). Ils lisent aussi ce que l’on appelle les « méta tags ». Il faut donc y mettre tous les mots que vous voulez faire référencer par les moteurs de recherche. N’hésitez pas à mettre certains termes en anglais.

Par exemple dans la page source de mon site, il y a :
<html>
<head>
<meta Name="keywords" Content="Tanganyika Cichlids, Tanganyika, Cichlid, Cichlids, Cichlidé, Cyphotilapia, fish, aquaria, aquarium, aquariophilie, neolamprologus, tropheus, ...(et ainsi de suite)....."

De la pertinence du choix des termes choisis découlera la qualité de votre référencement (en effet, il est dommage d’être la 1025ème référence proposé...). Dès lors que vous êtes référencé une fois par un moteur, il repasse régulièrement et tient compte avec quelques mois de retard, des mises à jour. Il faut ensuite se faire connaître des collègues qui ont un site connu et proposer un échange de liens (ce qui est généralement accepté si le nouveau venu a des choses à présenter).

Ensuite, le but est de fidéliser sa clientèle. Pour ce faire, il est important de se constituer une email list de tous les gens qui vous contactent. A chaque mise à jour, vous pouvez donc attirer l’attention d’un public à chaque fois plus important (à titre d’info, chaque fois que vous recevez un mail à propos d’une MAJ de Tanganyika Cichlids, c’est environ 150 personnes qui sont informées).

Le forum est aussi un excellent moyen pour fidéliser les fans.

Les scripts ? ? ?

C’est quoi un script ? C’est un programme qui permet de faire des trucs sympa comme un forum, un livre d’or, un formulaire, etc. Je suis comme 95% des gens, je ne sais pas comment ça marche. Inutile de se plonger dans la programmation. Trouvez un site d’un mec sympa qui a ce que vous cherchez et demandez lui comment faire. Vous n’aurez peut-être pas à 100% ce que vous vouliez, mais au moins, ça marche.

Un site, oui, mais en quelle langue ?

Dans celle où vous êtes le plus à l’aise. Faire un site en deux langues prend 2 fois plus de temps. Et puis, il existe des moteurs de traduction pour ceux qui ne comprennent pas tout (comme Altavista Translator). Ces moteurs ne sont pas très doués pour traduire des termes propres aux cichlidés, mais on arrive quand même à comprendre le sens des phrases. C’est ainsi que sur mon site, qui n’est qu’en Français, 70% des connexions viennent de l’étranger.

Vous en savez maintenant autant que moi, alors, lancez-vous dans la grande aventure.

 

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle