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Les Cichlidés
Les Cichlidés Une grande partie de ce document est tiré du livre Tanganyika Cichlids d'Ad Konings Le lac Tanganyika naquit il y a entre 11 et 30 millions dannées de par le remplissage dune fente de la croûte terrestre. Le grand chenal ainsi créé coupe le Paléo-Malagarasi, un important affluent de la rivière du Congo, en créant ainsi deux nouvelles rivières: La rivière Malagarasi et la rivière Lukuga. En raison de ses origines, le lac est presque entièrement entouré par des montagnes et des collines qui contribuent à rapatrier les eaux perdues par les rivières. Nous pouvons considérer les eaux du lac comme pratiquement stagnantes, et quelles mirent du temps à se réchauffer sous laction du soleil. Leau à ainsi la caractéristique dêtre plus chaude que celles des rivières affluentes. Les eaux du Malagarasi charrièrent les poissons dans le lac naissant, il y a de cela des millions dannées (voir historique du lac).
Ces poissons représentent beaucoup des familles de poissons actuellement présentes et le pourcentage de Cichlidé sur le total des espèces ne devait pas être plus important que celui des rivières Africaines. De toute façon, il y a deux millions dannées, les Cichlidés représentaient la faune principale du lac, et les autres familles de poissons étaient en moindre abondance. Ceci peut expliquer le fait que les Cichlidés sont les poissons les plus développés, les plus capables à sadapter à leur nouvel environnement. Trois facteurs les ont aidés à devenir le meilleur exemple dans lhistoire de lévolution.
Avec les plus petits poissons, qui se nourrissent principalement dinvertébrés, de gros prédateurs arrivèrent dans le lac en formation. Leurs proies étaient constituées par ces nombreux Cichlidés en essor. Pour échapper à ces dangereux prédateurs, les Cichlidés ont eût à trouver refuge dans les rochers ou en se réunissant en banc. De par le nombre despèces de prédateurs et par leur quantité (en raison de labondance des proies), les Cichlidés devinrent timide et restèrent auprès des rochers. Ces rochers ont joué (et jouent toujours) un rôle prépondérant dans la vie de beaucoup de Cichlidés; Ils furent essentiels à leur existence. Loin des rochers, la vie était impossible pour beaucoup dentre eux. Encore aujourdhui les massifs rocheux et les longues côtes rocheuses sont séparées entre eux par des plages sableuses. Seulement en de rares occasions, un Cichlidé inféodé à une côte rocheuse saventurera dans une zone sableuse. Une traversée réussie dune zone sableuse, sans protection rocheuse est presque entièrement impossible. Certain ont cependant réussi. La distance entre deux sites rocheux est inversement proportionnelle aux chances dun Cichlidé du biotope rocheux désirant effectuer la traversée. Cependant cela arrive exceptionnellement. Ce qui peut pousser un Cichlidé à tenter cette aventure peut être son expulsion par la communauté animale. Faute de place le poisson peut chercher un endroit où vivre en dehors de cette communauté. Cest probablement la recherche dun site de ponte qui a permis aux espèces (pour les plus chanceuses) de regarder plus loin que lhorizon de leur biotope. Il est clair que les longues étendues de sable ne furent pas faciles à traverser. Les populations des îles peuvent être séparées des côtes par des failles profondes, en renforçant ainsi leur isolement. Cest la raison pour laquelle les collecteurs se sont intéressés par la faune de ces îles lointaines. Elles contiennent habituellement dautres espèces que celles des côtes avoisinantes. Si nous regardons la distribution des espèces de Cichlidés inféodés au biotope rocheux, nous pouvons noter que plus les côtes sont éloignées, moins grande est la chance dy rencontrer les mêmes espèces. Non seulement les plages sableuses, mais aussi les estuaires ont créé des barrières significatives. Le meilleur exemple est le delta du Malagarasi. Il est difficile dévaluer la situation au début de lévolution du lac, mais on peut imaginer une rapide évolution des niches possibles. Cest alors quune nouvelle spécialisation a du se produire pour sétendre à travers tout le lac, tout en évitant à chacune de ces étapes, lexposition à domniprésents prédateurs. Une nouvelle spécialisation se traduit par une rapide explosion de la densité de population des espèces à la recherche de sites de reproduction. Quand une nouvelle spécialisation (espèces ou sous-espèces) arrive dans un nouveau site, elle recherche immédiatement le meilleur endroit. Après une longue période, la plupart des sites disponibles sont occupés et les nouvelles espèces introduites vont se mettre à la recherche dendroits semblables à leurs biotopes dorigine. Cest pourquoi nous trouvons habituellement les mêmes espèces dans le même type dhabitat et à la même profondeur sur des côtes différentes. Nous appelons cette localisation dune espèce une niche. Elle inclue les ressources alimentaires, le comportement et la place du poisson. Comme sil sagissait dune règle absolue, une niche sur une côte continue peut être occupée par une seule espèce, et une espèce ne peut être présente que dans une seule niche. Ce dernier constat est important quand nous trouvons une même espèce se comportant différemment sur des côtes différentes. Bien que ces espèces se ressemblent, elles ne peuvent être les mêmes. Bien sûr, certains Cichlidés ont la capacité de sadapter différemment à de nouveaux environnements, doù la difficulté à déterminer leurs comportements. De même que les Cichlidés puissent changer relativement rapidement durant lévolution, il est possible que deux ou plusieurs espèces peuvent occuper une même niche. Elles sont en cours de spécialisation ou déjà rivalisent avec les espèces les moins adaptées. Ce processus est rarement étudié dans la nature car la spéciation prend habituellement des dizaines voire des centaines dannées. Les biologistes travaillant sur lévolution trouvent dans le lac Tanganyika un cas détude pratiquement unique sur des sujets encore en vie. Nous avons expliqué quil est extrêmement difficile pour un Cichlidé inféodé au milieu rocheux de traverser une zone à découvert. Mais ces constats étranges sont contrariés par le fait que nous pouvons constater quil ne suffit que de deux spécimens, mâle et femelle dune population dorigine, pour en constituer une autre dans un endroit différent. Cest ainsi que beaucoup de spécialisations se sont dispersées dans tout le lac. Des barrières ont été capables darrêter une spécialisation, même de nos jours. Durant lévolution, de plus en plus de niches ont été occupées et les Cichlidés se sont de plus en plus spécialisés. Il devient difficile de trouver une niche désertée, et seules les espèces les mieux adaptées survivent à la féroce compétition alimentaire. Cette compétition se poursuit, spécialement dans le Sud du lac, là où la nourriture semble être la plus abondante. Cest aussi lendroit où nous pouvons trouver beaucoup despèces et de membres dune même espèce ensembles. Dans un même ordre didée, nous pouvons nous demander pourquoi beaucoup de Cichlidés vivent longtemps et sainement dans un bac alors que ces derniers natteignent jamais cette taille et cet âge dans le lac. Après avoir observé les Cichlidés dans le lac, je me suis demandé pourquoi les spécimens dune même espèce atteignent tous la même taille, et plus spécialement ceux qui vivent en banc. De plus, ils atteignent cette taille dans un temps plus court que ceux qui vivent en aquarium. Nous ne devons pas oublier que la principale raison poussant à la spécialisation est la compétition pour la nourriture. Nous devons y ajouter la capacité quont les espèces à manger et grandir pour atteindre le standard normal de cette dernière. Certains auteurs pensent que la nourriture dans le lac est en sur-abondance. Ceci implique que le nombre dindividus est uniquement limité par la prédation, mais quest ce qui peut réduire le nombre des prédateurs ? Si tout le frai dun couple de Lamprologus atteint la maturité et est capable de se reproduire après un ans, une énorme quantité dalevins sera issue à la seconde génération. Si nous voulions extrapoler le phénomène pour une durée denviron cent an, les poissons déborderaient du lac. A ce niveau chaque aquariophile doit réaliser quà partir dune reproduction issue dun couple, seuls deux individus devront survivre, et pas trois ou plus. Non seulement les prédateurs, mais aussi labsorption insuffisante de nourriture conduit à la mort de la plupart des poissons. Un autre fait rarement acquis par les amateurs est que la vie dun poisson dans le lac excède rarement trois ans! Certaines espèces sont parfaitement réglées pour atteindre leur taille adulte à lissue de leur deuxième année. Après une période de croissance, une période de reproduction prend la relève. Lénergie utilisée pour la reproduction et pour la recherche de nourriture ne peut être déployée en même temps par un poisson conçu pour sépanouir de façon optimale. Après la saison de reproduction, beaucoup dindividus sont affaiblis et disparaissent par la prédation. Dans lenvironnement artificiel que représente laquarium, beaucoup despèces vont atteindre une taille supérieure et vivre de deux à trois fois plus longtemps que leurs compères dans le lac. La couleur des Cichlidés est habituellement déterminée par une coïncidence. Il ny a que deux facteurs importants qui influencent la couleur. Le premier dentre eux est que tout environnement restreint les couleurs brillantes pour des raisons de camouflage. La sélection a favorisé les spécimens dotés de couleurs mélangées. Tous les poissons ayant une couleur attrayante sont supprimés par les prédateurs tout en évitant dadopter la couleur de leur progéniture. Le second facteur est dune nature complètement différente et agit contre la première. Tous les Cichlidés mâles polygames de type incubateurs buccaux ont besoin de se revêtir de couleurs attrayantes pour attirer les bonnes femelles. En principe, la nature de la couleur importe peu. Limportant, cest la différenciation des couleurs du mâle par rapport aux autres espèces, habitant le même habitat sur une même côte. Cette différence doit être aussi significative que possible. Les femelles doivent pouvoir reconnaître le bon mâle à bonne distance. Ceci exclu deux espèces ayant une apparence similaire sur une même côte. Cela sous entend que les hybridations ont poussé à lélimination de certaines espèces. Cest aussi la raison pour laquelle des populations géographiquement proches mais séparées se ressemblent. A chaque fois quun individu dune population rejoint une autre côte, il sera identifié par la population locale et sera incapable de se mélanger aux autres espèces pour la reproduction. Si le spécimen nest pas reconnu, donc assimilé comme conspécifique, cest quil appartient à une autre espèce. Cette situation survient lorsque deux populations similaires sont séparées par des centaines dannées. Durant cette période, les deux populations ont pu développer des couleurs différentes (bien que cela ne soit pas nécessaire) ou ont pu sadapter radicalement et différemment à leur environnement propre. Ces deux populations isolées peuvent avoir une apparence identique, même après une longue période de séparation. Dhabitude, de légères modifications surviennent sous linfluence de lenvironnement qui leur est spécifique. Après une longue période, ces deux populations observeront des différences et seront classées comme des sous-espèces qui seront identifiées par ces dernières. Si la séparation sest effectuée il y a longtemps, les deux espèces ne se reconnaîtront plus du tout: Deux espèces (et pas une) sont ainsi crées. Comme base de définition, on pourrait dire que tous les individus se reconnaissant entre eux, dans des conditions naturelles, appartiendront à une même espèce. Leurs progénitures seront fertiles et occuperont la même niche. En accord avec les constats mentionnés ci-dessus, il peut être établi que les Cichlidés pratiquant lincubation buccale ne formant pas de couples, ont potentiellement plus de chance de créer de nouvelles palettes de couleur que les autres Cichlidés. Dès quune femelle est plus attirée par un mâle arborant une couleur déviante (par ex. dans une nouvelle population), une nouvelle variété (chromatique) naît. Le second facteur déterminant la couleur dun Cichlidé mâle, est son épouse! Un mâle coloré attire beaucoup de femelles et beaucoup de prédateurs, tout en nomettant pas les oiseaux au-dessus de leurs têtes. Cest ainsi la destinée de beaucoup de mâles colorés. Les femelles ont ainsi la lourde charge de leur progéniture; La plupart des mâles étant amenés à disparaître. On comprend ainsi pourquoi les Cichlidés du lac Malawi en comparaison avec ceux du Tanganyika, non seulement sont plus nombreux (en terme de sous-espèces), mais aussi abhorrent des coloris plus variés en raison de leur prédominance à lincubation buccale et à la polygamie.
Note de Monsieur Pierre Brichard sur la prolifération des espèces en fonction de leur technique de ponte " Il nous reste de cette comparaison entre les deux modes de reproduction à parler de leur rendement respectif, cest à dire essayer de déterminer leur efficacité dans le maintien et la densité de lespèce dans son biotope. On ne peut absolument pas,
pour tenter cette estimation, prendre pour base des observations faites
en captivité dans des installations ou des batteries daquariums,
les conditions ny rappelant en rien les niveaux de prédation et
la variété de celle-ci en milieu lacustre. Citons à ce propos le chiffre
donné par des éleveurs pour la prolifération de Cyphotilapia frontosa.
Certaines incubations ont porté sur plus de 50 alevins, alors quà
ma connaissance il na jamais été relevé plus dune trentaine
dalevins incubés par les femelles capturées dans le lac en onze
années de pêche, alors que lincubation nétait pas encore terminée
et que des pertes auraient encore pu se produire dans son dernier stade.
Les oeufs de tous les nidificateurs du lac sont très petits, il est rare
quils dépassent le mm de diamètre et ils sont souvent plus petits,
même chez les géants comme Boulengerochromis. Pour ce dernier on peut
dire que l’œuf ne représente que 1/400 ou 1/500ème de la taille moyenne
dun adulte. Chez un Julidochromis, l’œuf représente moins que 1/100ème
de la taille moyenne des plus grandes espèces (10 cm). Il en résulte quils
sont en mesure den pondre des quantités considérables; jusquà
15.000 pour un Boulengerochromis et 2 à 300 pour un Julidochromis marlieri
ou regani. Ces oeufs contiennent très peu de protéines, donc de réserves,
sur lesquelles lembryon peut se développer avant déclore.
Il faut rapidement que ce dernier soit mis en mesure de se développer
par apport en provenance du biotope. Il est donc très tôt exposé à ses
dangers. Nétant pas en mesure dy faire face malgré la protection
attentive déployée par les parents, les pontes sont régulièrement décimées.
Quand il est possible dobserver in situ lévolution dun
essaim à partir du moment où il a émergé du nid, on constate de jour en
jour une diminution dramatique du nombre dalevins survivants. Des
observations portant sur un essaim de Lamprologus tretocephalus ont permis
de constater quau début on pouvait compter à peu près 120 à 150
alevins de 5-6 mm il nen restait quinze jours plus tard, alors quils
atteignaient une taille approximative de 13-15 mm, quentre 25 et
30. On peut croire que lorsque les parents ont abandonné les alevins,
il nen restait tout au plus quune bonne douzaine. Si lon
pense que la ponte avait dû déjà subir des pertes importantes avant quelle
eut été observée, il nest pas vain de penser quelle avait
dû comprendre de 200 à 300 oeufs; cest à dire quau terme de
leurs premières semaines, sous légide des géniteurs, il nen
restait pas 10 %. Si lon compare ce pourcentage avec lefficacité
de la reproduction de Tropheus qui mène à bien au moins 50 % des oeufs
pondus, on peut croire que lincubation buccale telle quelle
est pratiquée par ce poisson est une méthode infiniment plus efficace
que celle des nidificateurs (pondeurs sur substrat). Mais cest globalement
quil faut envisager le problème, en terme de générations successives
insérées avec succès dans le biotope. En conclusion, on ne peut pas dire que ladoption de lincubation buccale par les Cichlidés du lac a apporté systématiquement et toujours un progrès tel quelle lemporte en toutes circonstances sur la nidification. Chaque cas spécifique doit être considéré. Cest ainsi que lon découvre que même au sein des Tropheus, une espèce comme T. duboisi est beaucoup moins prolifique que T. moorii, ce qui pourrait expliquer le peu détendue de sa distribution autour du lac. " | ||||||
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