Maintien d'un Bac de Taille Moyenne
Un difficile compromis entre
le petit bac spécifique et le grand bac d'ensemble

Jean-Yves Dubuisson

 

INTRODUCTION

En aquariophilie et pas seulement chez les amateurs de Cichlidés, on peut définir deux grands types de bacs : les bacs spécifiques d’élevage et l’aquarium d’ensemble. Si le volume du second est grand, on peut même espérer la reproduction de certaines espèces avec néanmoins un rendement plus aléatoire que si celle-ci se réalisait dans des bacs qui y sont dédiés. Hormis pour les très grandes espèces, les bacs spécifiques de reproduction peuvent aller de 40 litres (petits conchylicoles) à 200 litres (Lamprologini de taille moyenne). L’intérêt du bac d’ensemble quant à lui est avant tout esthétique puisqu’il a pour but d’associer de façon la plus « harmonieuses » possible différentes espèces qui se distinguent par leurs formes, leurs couleurs, leurs comportements et leurs habitats (sabulicoles, pétricoles, pélagiques…) afin de reconstituer un petit bout d'écosystème. Selon l’expérience de Cichlidophiles avertis et la littérature spécialisée, un bac d’ensemble pour Cichlidés du Tanganyika devrait avoir un volume minimal de 350-400 litres (voire 700 litres pour les grands sabulicoles ou les Cyphotilapia) afin d’associer une diversité intéressante d’espèces selon le but exposé ci-dessus et l’on pourra être tenté comme certains de dépasser les 1000 litres. Outre le fait qu'il garantit une meilleure stabilité et un meilleur contrôle des qualités chimiques de l’eau, le grand volume, qui se traduit aussi bien par une bonne surface au sol que par un bon volume d’eau libre, peut permettre la cohabitation de plusieurs couples d’une espèces ou de plusieurs territoires qu’occuperont des couples d’espèces différentes (hormis bien entendu les exceptions de certaines espèces très exigeantes et/ou particulièrement agressives, sans parler des piscivores). Entre le bac spécifique d’élevage et le grand bac d’ensemble, on trouve des bacs intermédiaires de l’ordre de 200 à 250 litres (bacs très fréquents d’une longueur moyenne de 120 cm). L’utilisation de bacs de ce type comme bac d’ensemble pour des Cichlidés du Tanganyika n’est pas chose facile et certaines recommandations sont à suivre surtout si l’on souhaite réussir quelques reproductions autres que celle du Neolamprologus brichardi et consorts qui s’accommodent de tous volumes et ceci souvent aux détriments des autres espèces « cohabitantes » et dont la conséquence est de n’avoir à terme qu’une grosse colonie reproductrice de ces poissons. L’article qui va suivre est inspiré de l’expérience d’un an du maintien d’un bac de 240 litres abritant des poissons très divers. Le but initial était d’utiliser un bac de ce volume comme bac d’ensemble pour des Lamprologini de taille petite à moyenne, des Julidochromis et un banc de Cyprichromis ou apparentés.

 

LE BAC

Le bac est un bac compact de 120x40x60 avec une hauteur réelle en eau de 50 cm, ce qui donne un volume brut de 240 litres (auquel il faudra retirer bien entendu le volume du filtre qui est une cuve à décantation interne, du sol et du décor) et une surface au sol de 0,48 m2.

 

LE DECOR

Compte tenu de la cohabitation attendue d’espèces pétricoles et de poissons de pleine eau, un décor rocheux a été sélectionné tout en laissant une zone d’eau libre importante. Le décor fut agencé comme indiqué sur la Figure : des zones rocheuses principales définies respectivement sur les parois latérales du bac et la zone d’eau libre au centre du bac. Aucun décor de fond (type Back to Nature) ne fut disponible lors de la mise en eau et seul un fond noir fut disposé à l’extérieur de la vitre. Le Paracyprichromis nigripinnis ayant été choisi comme poisson de pleine eau, des schistes ardoisiers verticaux furent sélectionnés pour constituer l’essentiel du décor rocheux et convenir à la reproduction de ces poissons. D’autres pierres plus « trapues » et de nombreux galets furent utilisés pour compléter la zone rocheuse. Le sol est constitué de gravier grossier (choix contestable car du sable fin aurait mieux convenu). La surface de gravier libre est relativement faible en comparaison avec les zones rocheuses (voir Figure), ceci ne gênant pas les occupants du bac qui ne sont pas foncièrement sabulicoles. Les pierres sont donc essentiellement des schistes ardoisiers et des pierres neutres (galets de quartz et de gneiss).

 

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Légende de la Figure :

En haut, bac vue de face : les pierres et plantes sont figurées (voir texte pour détails). Les chiffres correspondent aux différentes zones définies dans le texte.

En bas, bac vue du haut : les ellipses plus ou moins étroites de couleur plus foncée représentent les grandes ardoises et les gros rochers, les zones de galets sont délimitées par un trait noir, la zone de gravier libre par un pointillé (notée S). A gauche est représentée la cuve a décantation, l'emplacement de la pompe (P) et les tuyaux de rejets avec le venturi (V) sont également figurés. Des flèches bleues indiquent l'aspiration, le trajet de l'eau dans le filtre et la localisation du rejet de celle-ci. Les chiffres correspondent aux différentes zones définies dans le texte. T = thermoplongeur. Le cercle noir en haut a gauche indique la position de la ventouse sur laquelle les tiges de Ceratophyllum sont fixées.

 

EQUIPEMENTS ET DIVERS

La filtration est assurée au niveau d’une cuve à décantation interne activée par une pompe immergée de 1000 l/h. L’aspiration est localisée près de la vitre du fond et le rejet est disposé comme indiqué sur la Figure (le long de la cuve et à l’autre extrémité du bac couplé à un venturi). L’eau est brassée dans son ensemble et la surface est agitée légèrement, assurant ainsi une relative bonne oxygénation.

Les matières de filtration sont respectivement de l’aspiration vers le reflux : un pré-filtre synthétique à maille très large, 1 volume de PH STABIL (Ets. Dewaerse) qui maintient le pH supérieur a 8, de la laine de verre et des céramiques SIPORAX pour les bactéries. Ces dernières ont été ensemencées avec DUPLABACTER et un ensemencement régulier est effectué lors de chaque changement d’eau. Trois semaines d’attente ont été respectées entre la mise en eau et l’incorporation des premiers poissons.

L'éclairage est fourni par un néon DENNERLE TROCAL African Lake type 5085 de 30 watts disposé près de la vitre frontale afin de faire ressortir le bleu lumineux des Paracyprichromis mâles.

La reconstruction la plus réaliste d'un habitat rocheux du Tanganyika devrait se traduire par l'exclusion de toutes plantes supérieures. Néanmoins, les plantes apportent une touche esthétique indéniable surtout si le bac d'ensemble est installé dans un salon et doit faire l'objet de l'admiration des visiteurs qui ne sont pas forcément des Tanganyikophiles avertis. Entre la grande ardoise de droite (zone 2, Figure) et la zone 3 (Figure), une touffe bien fournie de la Fougère Microsorium pteropus a été introduite. Devant l'ardoise, fixé à une roche de lave, un pied bien développé et ramifié de l'Araceae Anubias barteri var. nana est disposé. Ces deux plantes qui ne nécessitent aucun enracinement dans le substrat, sont particulièrement bien adaptées à ce type de décor. Les plantes n'influencent en rien le comportement des poissons si ce n'est qu'elles peuvent servir de repères pour la délimitation des territoires. Plusieurs tiges de Ceratophyllum demersum sont fixées via un fil de Nylon a une ventouse au niveau de la surface à l'angle arrière gauche du bac (Figure). Flottant et s'orientant dans le courant créé par les premiers rejets d'eau près du filtre (Figure), les tiges recouvrent plus d'un bon tiers de la surface (cette plante n'a pas de racines et peut se développer sans être fixée dans le substrat). Elle est utile à plusieurs égards : les tiges tamisent la lumière et prennent une teinte claire très agréable, elles sont de bonnes productrices d'oxygène et grandes consommatrices de nitrates, régulant et prévenant ainsi de façon efficace la prolifération des algues et elles peuvent procurer un abris en surface pour les alevins des Cyprichromis et apparentés.

Hormis les diatomées foncées qui se développent normalement dès les premiers mois dans tout aquarium bien équilibré et qui ont été rapidement éradiquées par le Loricaridae de service (voir plus loin), aucune prolifération d'algues n'a été observée. On aura noté seulement le verdissement de certains galets par des Chlorophytes incrustantes et le développement limité et contrôlé de quelques algues vertes également incrustantes sur la vitre frontale. Sur les vitres protectrices qui surplombent la surface de l'eau de 2 cm, des colonies d'algues non aquatiques se sont développées et abritent une micro-faune d'acariens et de collemboles. Quelques animalcules minuscules (planaires, nématodes) ont été également observés dans l'eau sur les vitres. Les "gros" invertébrés se résumèrent à des planorbes et à des escargots mélanoïdes introduits vraisemblablement avec les plantes.

 

EAU

L’eau est de l’eau de conduite (Boulogne Billancourt, 92) conditionnée avec SERA AQUTAN. La température est maintenue (thermoplongeur de 200 W, voir Figure) a 25-26°C mais selon les saisons, elle a fluctué de 23 à 31°C (sans dommages pour les poissons grâce à une forte oxygénation via le débit du filtre et le venturi).

Le pH est de 8-8.5 et la dureté totale de 20-30 THf. Les nitrites et nitrates n’ont jamais été mesurées (les mesures sont recommandées néanmoins).

25 à 30 % de l’eau sont changés tous les 10-15 jours.

 

POPULATION PISCICOLE

La constitution de la population qui s’est faite progressivement sur quatre mois a été conditionnée par des choix personnels mais aussi par la disponibilité dans les commerces des espèces désirées.

9 Paracyprichromis nigripinnis (achetés adultes, probablement d'élevage vu le prix soit 100 F/pièce : 2 mâles dominants, 6 femelles et 1 individu non sexé, probablement un mâle dominé).

4 Julidochromis transcriptus d’élevage, forme chromatique claire type Congo (1 couple ; 2 solitaires).

4 Lamprologus caudopunctatus d’élevage, race chromatique standard (1 couple ; 2 solitaires, probablement 2 mâles)

1 couple de Neolamprologus leleupi d’élevage standard.

1 Altolamprologus calvus race noire, Cameron Bay, Zambie

3 Eretmodus cyanosticus variété verte (?), origine? (1 mâle, 2 femelles)

+ 1 Peckoltia sp. : Loricaridae sud-américain, le « mangeur d’algues » traditionnel (plus joli que les classiques Ancistrus et plus efficace au demeurant : pas de problème d’invasions algales jusqu’à maintenant)

Sur l’année considérée, deux pertes ont été déplorées, un J. transcriptus et le mâle E. cyanosticus, dues à de probables troubles gastriques. Après plusieurs pontes, le mâle N. leleupi trop agressif a été retiré du bac. Il en fut de même d’une femelle E. cyanosticus, agressée violemment par la deuxième. Les poissons sont nourris deux fois par jour avec de la nourriture séchée DENNERLE YADY flocons pour Cichlidés et YADY flocons verts (à la spiruline) et tous les 3-4 jours avec des Artemia vivantes.

 

COMPORTEMENTS

Les Paracyprichromis

Très vite, les deux mâles dominants se sont appropriés chacun une ardoise verticale relativement éloignées l'une de l'autre et chacune près de l'une des faces latérales (1 et 2 sur la Figure). La frontière imaginaire de leurs territoires se fixa approximativement au milieu du bac, à l’aplomb d’une ardoise peu élevée située à ce niveau (à droite de S sur la Figure). Peu de « prises de bec » ont eu lieu, seulement des intimidations en limite de territoire, les quelques accrochages physiques ne donnant lieu qu’à des nageoires très légèrement abîmées. Le banc de femelles (+ l’individu non sexé) s’est maintenu la plupart du temps au milieu du bac, à l’interface des deux territoires des mâles avec une zone refuge (pour les incubantes et la nuit pour l’ensemble) localisée près du fond en 5 (Figure). La parade des mâles avait lieu à n'importe quelle heure de la journée dès qu’une femelle s’approchait de l’ardoise, les pontes se sont produites majoritairement en fin de journée.

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Malgré l’incubation en moyenne quasi permanente de cinq femelles tous les deux mois, aucun alevin n’a survécu. Cet échec est du non seulement à la prédation par les autres espèces (en particulier A. calvus et Julidochromis), mais également probablement au mouvement important de l’eau en surface qui stresse et épuise les alevins qui cherchent à s’y réfugier.

 

Les Julidochromis transcriptus

Après la mort d’un des quatre individus, un couple s’est stabilisé et occupa en permanence une zone rocheuse (3 sur Figure) qui est protégée avec énergie par les deux individus contre toute intrusion. Aucune ponte et donc alevins n’ont pour l’instant été observés. L’individu restant s’est cantonné dans la zone 6 et des phases d’intimidation sans combat à la limite de cette zone avec l’individu le plus gros du couple (probablement le mâle) furent observées. Le solitaire pourrait donc être un deuxième mâle effectuant de temps à autre un peu de terrassement entre les galets. Des phases d’intimidation avec l’A. calvus (provoquée par ce dernier) furent également souvent observées.

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T&K Photo

 

Les Neolamprologus leleupi

Ce fut le premier couple à se former (tout au moins quand la femelle fut gravide). Après de nombreux essais infructueux de nidification un peu partout dans la moitié gauche du bac, la localisation définitive du nid fut la zone 4 (Figure), coincée entre des galets et le dessous du filtre. Cette place est particulièrement bien isolée et défendable et elle permit le succès de nombreuses pontes. Le mâle a réalisé un important travail de terrassement dans la zone, déplaçant un volume impressionnant de gravier. On ne saura donc trop recommander de poser les grosses pierres directement sur le verre et de s’assurer de la stabilité des empilements de roches. L’agressivité du mâle fut très développée, celui-ci s’appropriant près de la moitié de la surface du bac, jusqu’à l’ardoise centrale, empêchant le solitaire Julidochromis de s’installer en 6 et l’obligeant à se fixer contre l’ardoise, et contrariant toute tentative de nidification du couple de L. caudopunctatus. Seul le Paracyprichromis mâle occupant l’ardoise 1 réussissait à s’imposer. La première victime de cette agressivité fut sa femelle qui eut beaucoup de mal à mener à bien ses pontes et l’élevage des alevins. A ce jour, seul un individu maintenant de 3 cm a survécu sur près de 8 pontes. Ce comportement confirme l’idée que les N. leleupi ne construisent pas de vrais couples stables. Depuis que le mâle eut été retiré du bac, la femelle n’occupa aucun territoire précis et circula un peu partout sans subir d’agressions particulières sauf si, bien entendu, elle s’approchait trop de la zone 3.

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Les Lamprologus caudopunctatus

Ce sont des poissons relativement paisibles qui ont occupé la partie basse du bac. Les deux solitaires se cantonnèrent chacun respectivement essentiellement au niveau des zones 7 et 8 (Figure), effectuant un peu de terrassement et provoquant quelques phases d'intimidations réciproques en limite de territoire. Le couple est resté au niveau de la zone 9 (Figure). Quelques essais de terrassement et de nidifications ont vite été avortés. Le nid en zone 4 laissé vacant depuis le retrait du mêle N. leleupi n'est pas encore à ce jour réutilisé. Ces poissons apportent une jolie touche claire en déployant quasiment en permanence leur nageoire dorsale orangée. On aura noté néanmoins quelques « prises de bec » sans conséquence avec l’E. cyanosticus et l’A. calvus.

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L’Altolamprologus calvus

Poisson paisible et débonnaire qui s’est maintenu essentiellement dans la zone refuge 5 en compagnie des femelles Paracyprichromis et qui s’est permis quelques escapades en zone 7 et à la limite de la zone 6 pour aller taquiner le Julidochromis solitaire.

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L’Eretmodus cyanosticus

Seule survivante de son groupe, cette femelle fut assez turbulente. Elle circula en grande partie de la zone refuge 5 à la zone 8 et tout le long de la vitre du fond, nageant parfois à contre courant au niveau du venturi. Ce sont des poissons très voraces et dont le régime majoritairement herbivore nécessite de la nourriture séchée contenant de la spiruline. L’attitude qui consiste à se poser sur une pierre et à ne plus bouger comme on représente souvent les Cichlidés gobies n’est pas la plus fréquente. Plusieurs tentatives d’incubation en solitaire et donc stériles ont été observées.

 

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Le Peckoltia

Peu de sorties diurnes au delà de sa zone de refuge 10 (Figure) où est disposé un petit bout de racine pour sa digestion et souvent bousculé par les Cichlidés en dehors de cette zone, il fut néanmoins très actif la nuit, explorant l’ensemble du bac.

 

ENSEIGNEMENTS

Cette expérience d'un an s'est révélée riche d'informations et va peut-être permettre à certains de pouvoir espérer maintenir un petit bout de lac dans 240 ou 250 litres s'ils ne peuvent faire autrement car je ne suis pas un fervent défenseur des bacs de capacité moyenne et je reconnais qu'un bac bien plus volumineux est quand même plus approprié surtout si vous voulez maintenir des beaux sabulicoles des genres Ophtalmotilapia ou Cyathopharynx ou des bancs importants de Cyprichromis et apparentés.

Tout d'abord, il s'est avéré possible de maintenir un banc de Paracyprichromis avec deux mâles reproducteurs et d'obtenir des incubations qui vont à terme. Le succès de l'élevage des alevins aurait nécessité soit l'isolement des femelles incubantes, soit une meilleure gestion des mouvements de surface ou la mise en place de grottes près de celle-ci. Si la reproduction des Paracyprichromis avait été le but de cette entreprise, seuls ses poissons auraient été maintenus dans le bac, et le volume de 240 litres aurait donc convenu pour un bac spécifique d'élevage des "Blue Neons". La cohabitation des deux mâles a été rendue possible par la disposition près des vitres latérales de deux grandes ardoises et vraisemblablement par la présence de l'ardoise centrale qui servit à la délimitation des deux territoires.

Le maintien d'un couple de N. leleupi est vraisemblablement l'exercice le plus difficile. La reproduction est conseillée en bac spécifique et le mâle doit être retiré après la ponte. Dans un bac d'ensemble, pour éviter que la femelle soit constamment pourchassée et blessée, il faut avoir un volume bien plus important. Si l'on souhaite conserver du leleupi pour sa couleur jaune flashante sans vouloir les reproduire, on peut garder une seule femelle qui, peu territoriale, ne cherchera pas à s'imposer auprès des autres habitants du bac.

N'ayant pas constitué de couples d'A. calvus ou pu conservé de couple d'E. cyanosticus, je ne peux conclure sur la reproduction possible de ces poissons dans ce type de bac dans lequel ils se maintiennent malgré tout assez bien. Les incubations stériles de l'E. cyanosticus suggèrent que la reproduction (ou tout au moins la ponte) peut-être possible.

On peut cependant avancer que le maintien de couples de pondeurs sur substrat (ici caché) est possible dans un 240 litres mais que le nombre de ceux-ci ne peut vraisemblablement dépasser deux si ils sont bien entendu de taille petite à moyenne, comme le montre l'impossibilité des L. caudopunctatus à mener à bien leurs tentatives de nidification. On notera cependant que la distinction de deux zones rocheuses principales et relativement éloignées peut également faciliter le maintien potentiel de deux couples. L'occupation de l'ancien nid des leleupi par les L. caudopunctatus est attendue.

A ce jour, les Paracyprichromis ont été retirés (ils patrouillent maintenant dans un 1100 litres quelque part en région parisienne). Ils ont été remplacés par un banc de subadultes Cyprichromis sp leptosoma Jumbo Kitumba et quelques C. leptosoma Utinta. La cohabitation se déroule plutôt bien même si le mâle dominant Jumbo commence a faire un peu sa loi aussi bien avec les C. leptosoma qu'avec les autres Jumbo. Il n'est pas sûr que le volume avec cette nouvelle configuration convienne autant qu'avec les Paracyprichromis, particulièrement quand les Jumbo grossiront. A suivre donc...

Poissons à éviter néanmoins dans un 240 litres d'ensemble!!! (j'ai pas fait l'expérience mais c'est assez intuitif!!!)

- Tropheus sp.
- Petrochromis sp.
- Cyphotilapia frontosa
- Sabulicoles territoriaux : Ophtalmotilapia, Cyathopharynx...
- Grands bancs de Cyprichromis et apparentés (surtout "Jumbos")
- Grands Lamprologini et/ou Lamprologini predateurs (type Lepidiolamprologus)
- Perissodus sp
- et autres gros poissons turbulents et/ou voraces

Pour les non-cichlidés, je déconseillerais également les Mastacembelidés et les Synodontis (ces derniers sont trop remuants pour ce type de volume)

Sachez que l'on peut tout garder dans un 240 litres sans bien entendu mettre en présence prédateurs et proies potentielles. Un Cyphotilapia frontosa de 38 cm, ca tient théoriquement dans un 240 litres, mais ca risque de tourner en rond et de s'ennuyer. On peut aussi surpeupler un bac (à la M'Buna) et enlever le décor... Mais bon ca tiendra plus d'un bac de vente ou d'un bac de pension que d'un vrai bac d'ensemble du Tanganyika.

 

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle