Dossier Tropheus

"L'aquarium idéal"

Un aquarium où vous aimerez et respecterez vos poissons en leur offrant des conditions de maintenance aussi proche que celles de leur biotope naturel.

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Tropheus moorii "Murago" de Lusingu
(photo Ad. Konings)

Même si cette requête se rapproche plus d’un serment de paroisse qu’à une réalité envisageable, vous ferez déjà un bon bout du chemin si vous respectez les conseils que vous venez de lire au cours des chapitres précédents (alimentation, maladies, comportement...). En dehors de ces différents points que je ne vais pas répéter, d’autres éléments sont à prendre en compte: 

La taille de votre bac. D’une taille minimum de 1,2 mètres, il pourra aller jusqu’à ce que votre place, votre compagnon et votre budget vous le permettent. Le bac, contrairement aux autres cichlidés pourra être assez haut car ces poissons occupent tout l’espace disponible à condition que certains blocs de pierre atteignent la surface. Plus votre bac est profond, mieux c’est, pour l’esthétisme comme pour l’implantation du décor. Sur ce point, je ne vous apprends rien.

La nature du sol. Sable fin de préférence. La silice pure du sable de Fontainebleau donne un aspect magnifique si on dispose d’une très bonne filtration et de larges supports de bactéries dans ce dernier. Un point très important est que le genre Tropheus ne creuse pas le sol, ou si peu, que cela devient insignifiant par rapport aux autres cichlidés. Le décor ne risque donc pas de s’écrouler.

Le décor. Je vous déconseille les décors essentiellement constitués d’un fond en résine, ces derniers n’offrant pas de cachettes à vos Tropheus stressés, aux femelles et aux jeunes alevins. Il est plus intelligent de se constituer un décor fait de gros tas de galets ou meulières séparées par de larges plages de sable. De cette façon, les territoires seront mieux marqués et pourront permettre la maintenance de plusieurs mâles dominants. Vous prendrez soin à choisir vos pierres de plusieurs tailles différentes afin que le poisson, en fonction de son âge, puisse trouver " chaussure à son pied ". Enfin, pensez à monter, dans un coin de votre bac, un tas de pierre atteignant la surface. Ce sera là le paradis des malheureux et des femelles en incubation. Un saupoudrage de minuscules galets arrondis fera de cet endroit un paradis pour vos poissons et contribuera au naturel de l’installation.

Les plantes. Rien ne s’y oppose en dehors du fait qu’elles sont totalement absentes du biotope naturel des Tropheus. Un point en leur faveur; ces poissons ne les mangent pas, ne les déterrent pas et les nettoient des algues vertes.

La filtration. Commune à tous les bacs de type Tanganyika avec cependant un petit plus pour l’oxygénation de l’eau.

Du courant. Principe essentiel si vous voulez oberver vos Tropheus en pleine action. Une pompe (1000 litres/heure) avec diffuseur intégré reste la solution la plus efficace. Pensez à mettre un crépine ou un pain de mousse au niveau de la prise d’eau, cela éloignera du danger les petits curieux.

La lumière. N’hésitez pas à en abuser un peu. Cela correspondra à leurs conditions naturelles et favorisera la croissance de la couverture végétale sur votre décor (nourriture naturelle). Au début de l’installation, laissez allumer votre bac pendant 12 à 14 heures par jour, cela ne traumatisera pas vos poissons.

Les sels. Éternel sujet quand on parle d’un bac Tanganyika. En ce qui me concerne, j’en utilise car il parait que cela favorise la croissance des jeunes et les aide à passer le cap fatidique des 4 cm. Quand je dis " il parait ", c’est que je n’ais pas la preuve du contraire.

Les autres occupants de l’aquarium. Ce point très délicat concerne plus les autres occupants que les Tropheus eux-mêmes. En effet, ces derniers, en dehors de la pression que pourraient exercer les individus du genre Petrochromis, n’ont pas grand chose à craindre des autres poissons du lac. Certains poissons sont cependant à éviter comme les poissons mangeur d’écailles du genre Perissodus, les prédateurs du genre Lepidiolamprologus pour leur propension à dévorer les alevins que vous laisserez s’épanouir dans le bac. D’une manière générale, force est de constater que le nombre de compagnons à pouvoir partager harmonieusement l’aquarium de Tropheus est assez faible. D’un point de vue strictement personnel, je vous conseille les espèces sabulicoles comme le genre Xenotilapia ou Melanogenys et des pondeurs sur substrat du style Neolamprologus elongatus et autres dérivés du type Brichardi.

Peuplement d'un bac de Tropheus

Il existe plusieurs façons de peupler un bac de Tropheus mais nous nous contenterons ici de présenter plusieurs solutions de bacs spécifiques (à 90 % si on compte ajouter quelques julidochromis, sabulicoles et conchylicoles.

A condition que le décor soit adapté, le courant puissant et la filtration conforme, on peut compter mettre dans un aquarium 1 Tropheus adulte pour 20 litres d’eau réel soit environ 1,6 cm de poisson par litre d’eau. La population peut être plus grande s’il s’agit de juvéniles, mais le problème sera le même quelques mois plus tard (petit poisson deviendra grand). Vous penserez peut être que l’aquarium sera sur-peuplé, il jn’en n’est rien. Cette densité de poissons limitera l’agression inter et intra spécifique des individus et les reproductions n’en seront pas bouleversées pour autant. Un bac de 500 litres avec 5 ou 6 individus créerait une ambiance plus conflictuelle et les nouvelles introductions plus délicates. Lorsque la population est dense, les Tropheus passent le plus clair de leur temps à nager en pleine eau et à parader continuellement. Quand il se sent seul dans son bac, il préfère se terrer entre les roches avec juste le museau dehors.

Deux théories s’opposent quand au choix des espèces de Tropheus à mettre dans un même bac 

La première prône de mettre une seule espèce dans la même enceinte. Cela empêche tout risque d’hybridation et permet de disposer d’un groupe d’individus relativement important et provenant de plusieurs souches différentes (réductions des risques liés à la consanguinité en cas de reproduction). La seule réserve quant à ce type de peuplement est que le nombre d’individus exprimant leur meilleur patron de coloration est assez faible. Dès qu’un mâle dominant va s’être affirmé, la quasi totalité des autres mâles ne va plus s’exprimer. A titre d’exemple, j’ai récemment vu un bac de 600 litres avec une vingtaine de Tropheus sp Kaiser Ikola où seuls 2 ou 3 spécimens montraient clairement leur barre jaune.

La seconde, qui est jusqu’à présent la mienne (peut être par manque de place) est de mélanger plusieurs espèces de Tropheus dans un même bac. L’équilibre est atteint lorsque vous maintenez des groupes de 5 à 9 individus de chaque espèce. Ne laissez jamais un seul individu d’une espèce au sein de groupes constitués de plusieurs individus. Votre célibataire, soit serait insignifiant, soit tenterait de régenter tout le bac et serait tenté de s’accoupler avec une autre espèce. Cédez le plutôt à un autre Trophéophile.

Lire sur ce sujet l'article "Tropheus ou problèmes de cohabitation"

 

Tanganyika Cichlids 
http://tanganyika-cichlids.com
Eric Genevelle