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Plus
de 100 ans de recherche sur la biodiversité des poissons du Lac Tanganyika
Over
100 years of biodiversity research on Lake Tanganyika fishes

Jos
Snoeks, Mark Hanssens & Erik Verheyen
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Française |
English Version
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Introduction
L’effort
de recherche sur la biodiversité des anciens Lacs Africains
a considérablement augmenté depuis les dernières décennies,
principalement en raison de l’intérêt scientifique croissant
porté à la biologie de ses cichlidés endémiques et à l’accroissement
des industries de pêche sur ces lacs.
Bien
que le Lac Tanganyika soit un des lacs les plus étudiés de l’Afrique
de l’Est dans la vallée du grand rift, il y a encore beaucoup
à découvrir et les explorations continues, menées tant par les
scientifiques que par les aquariophiles.
Après
plus d’un siècle de recherche sur le lac et ses poissons, il
est temps d’expliquer comment ont été menées ces études, comment
nous sommes arrivés à ce degré de connaissance et vers quoi
se dirigent les futurs travaux. Dans cet article, nous nous
concentrerons principalement sur la taxonomie et la systématique
des poissons du Lac Tanganyika, et plus particulièrement des
Cichlidés.
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Introduction
The
research effort on the biodiversity of the ancient African lakes
has been steadily increasing over the last few decades, mainly
due to a growing scientific interest in the unique biology of
the endemic cichlids and to a rising awareness of the importance
of conservation and sustainable fisheries management in these
lakes.
Although
Lake Tanganyika is one of the better studied lakes in the East
African rift valley region, there is still much to be discovered
and exploration is still going on, both by scientists and aquarists.
After
more than a century of research on the lake and its fishes,
it is time to reflect on how much we do know about these fishes,
how we arrived to this knowledge and where we are heading to.
In this review we will merely concentrate on taxonomic and systematic
studies of the Lake Tanganyika fishes, more particularly the
cichlids.
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Les premières années et un Belge à Londres
En
1889, les premières collections de poissons du Lac Tanganyika
arrivent dans les mains de scientifiques de l’Ouest. C’est Günther,
à cette époque ichtyologiste au British Muséum (Histoire Naturelle)
à Londres [maintenant “Le Natural History Museum”], qui a décrit
les quatre premiers cichlidés endémiques du Lac (Günther, 1893),
à partir d’exemplaires collectés par un missionnaire, M. E.
Coode-Hore.
Son
successeur fut Georges Boulenger, un ichtyologiste Belge, et
c’est très certainement le pionnier de l’étude des poissons
du lac Tanganyika. Les premières publications de Boulenger étaient
basées sur des collections faites lors de la première expédition
de Moore. Elles furent publiées il y a 100 ans (Boulenger, 1898
a, 1898 b). C’est le début de nombreuses autres publications
basées non seulement sur les collections de Moore, mais aussi
d’autres explorateurs Anglais et Belges. Les noms de ces derniers
sont toujours trouvés dans les noms scientifiques de nombreuses
espèces [Lemaire, Cunnington, Stappers, Christy].
Le
sommet de la carrière de Boulenger dans le domaine de l’ichtyologie
d’eau douce est la publication de son ‘Catalogue’. Actuellement,
ce ‘Catalogue des poissons présents au British Museum’ comprend
quatre gros volumes et recense toutes les informations portant
sur les poissons d’eau douce du continent Africain connues à
cette époque (Boulenger, 1909, 1911, 1915, 1916). Cette publication
est véritablement un monument dans la taxonomie des poissons
Africains et pour les ichtyologistes modernes un repère, depuis
longtemps et pour longtemps encore, dans lequel on peut trouver
tout ce que l’on doit savoir sur les poissons d’eau douce de
ce continent. Le troisième volume de ce catalogue est probablement
le plus intéressant. Il inclut les Cichlidés Africains avec
la (re)description de beaucoup de taxons du Tanganyika.
A
la même époque où Boulenger commençait à publier ses travaux
sur les poissons du Tanganyika, Moore, le leader de l’expédition
qui ramena un grand nombre des cichlidés étudiés par la suite
par Boulenger, commença à publier des écrits sur l’hypothèse
que la faune du Lac Tanganyika soit d’origine marine. Cette
idée fut finalisée dans un document intitulé ‘’ review of the
history and the fauna of Lake Tanganyika (Moore, 1903)’’.
Se basant sur les similarités entre les coquilles de
certains mollusques vivant dans le lac et ceux vivant dans les
eaux des océans, Moore pensait que le Lac Tanganyika pouvait
être un ancien bras de mer qui, s’étant fermé, devint un lac
d’eau douce. Sa faune avait alors une origine marine. Ses informations
sur les mollusques furent corroborées par la chimie des eaux
du lac qui différait des lacs classiques situés en Europe, par
la présence d’une espèce de méduse et par de nombreux poissons
ressemblant à des perches (cichlidés) qui avaient des points
communs avec les poissons des récifs tropicaux. Plus tard, par
des études géologiques et par des travaux plus poussés sur la
faune du lac, cette hypothèse s’est révélée inexacte. Cependant,
avec les moyens de l’époque, cette théorie ne manquait pas d’attrait.
Boulenger
travaillait non seulement au British Museum, à cette époque
le ‘’Mecca of African freshwater ichthyology’’, mais avait aussi
accès aux collections du ‘’Congo Museum’’ à Tervuren [maintenant
le ‘’ Koninklijk Museum voor Midden-Afrika” ou “Musée Royal
de l’Afrique Centrale” ou encore “The Africa Museum”]. Quand
Boulenger décida de consacrer sa vie scientifique aux roses
plutôt qu’aux poissons, ichtyologiste Français Jacques Pellegrin,
qui travaillait au “Muséum National d’Histoire Naturelle” à
Paris, fut invité à étudier les collections de Tervuren. Pellegrin
avait déjà publié un gros volume sur les cichlidés (Pellegrin,
1904) mais jusque là, son travail sur les poissons du Tanganyika
était assez limité.
Les
autres auteurs qui publièrent sur le Tanganyika aux premiers
jours de cette histoire furent Steindachner, Borodin et David.
Il ne faut pas non plus oublier la classification révisée des
cichlidés du Tanganyika publiée par Tate Regan, le successeur
de Boulenger au British Museum (Regan, 1920) et la publication
d’un document sur les non-cichlidés du lac, par Worthington
& Ricardo (1936).
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The
early years and a Belgian in London
In
1889, the first collections of fish from Lake Tanganyika reached
western scientists. It was Günther, at that time ichthyologist
at the British Museum (Natural History) in London [now “The
Natural History Museum”], who described the first four endemic
cichlid species from this lake (Günther, 1893), collected by
a missionary, Mr. E. Coode-Hore.
His
successor was George Boulenger, a Belgian ichthyologist and
the first real pioneer of the study of Lake Tanganyika fishes.
Boulenger’s first publications on Lake Tanganyika fishes were
based on collections made by the first Moore expedition and
were published 100 years ago (Boulenger, 1898 a, 1898 b). These
were just the start of many other publications based not only
on the collections by Moore, but also of other English and Belgian
explorers, the names of which are currently still found in the
scientific names of many species [Lemaire, Cunnington, Stappers,
Christy].
The
highlight of Boulenger’s career in African freshwater ichthyology
is the publication of his ‘Catalogue’. Actually, this ‘Catalogue
to the fishes present in the British Museum (Natural History)’
comprises four big volumes, reviewing almost all the information
known about African freshwater fishes at that time (Boulenger,
1909, 1911, 1915, 1916). This publication was really a milestone
in African fish taxonomy and to modern ichthyologists it marks
an era, long time ago and far away, in which one ichthyologist
could still know everything there was to know about African
freshwater fishes. Of most interest to the reader is probably
the third volume that included the African cichlids with
(re)descriptions of many Tanganyikan taxa.
At
the same time Boulenger started to publish on the Tanganyika
fishes, Moore, the leader of the expedition that brought back
many of the fishes Boulenger studied, started publishing on
the hypothesis that the fauna of Lake Tanganyika was of marine
origin. His ideas were finalised in a first review of the history
and the fauna of Lake Tanganyika (Moore, 1903). Based on the similarities between the shells of some of the
snails living in the lake and of those living in marine waters,
Moore postulated that Lake Tanganyika was a closed arm of the
sea that turned into a freshwater lake. Its fauna therefore
had a marine origin. His observations on the mollusk fauna was
corroborated by the special chemistry of the lake which differed
from the usual lake waters in Europe and the presence of jellyfish
and many perch-like fishes (cichlids) that looked like tropical
reef fishes. Later,
through geological evidence and a more profound study of the
fauna’s relationships, this hypothesis proved to be false. However,
when judged in its time frame, the theory must have sounded
quite attractive.
Boulenger
not only worked in the British Museum (Natural History), at
that time the Mecca of African freshwater ichthyology, but also
had full access to the collections of the “Congo Museum” in
Tervuren [now “Koninklijk Museum voor Midden-Afrika” or “Musée
Royal de l’Afrique Centrale” or in short “The Africa Museum”].
When Boulenger decided to devote his scientific life to roses
rather than to fish, the French ichthyologist, Jacques Pellegrin,
who worked at the “Muséum National d’Histoire Naturelle” in
Paris was invited to study the Tervuren collections. Pellegrin
had already published a large volume on cichlids (Pellegrin,
1904) but until then his work on the Tanganyika fishes was rather
limited.
Other
authors that published on the Tanganyika cichlids in the earlier
days were Steindachner, Borodin and David. Worth mentioning
is the revised classification to the Tanganyika cichlids published
by Tate Regan, Boulenger’s successor in the British Museum (Regan,
1920) and the overview of the non-cichlid fishes of the lake,
written by Worthington & Ricardo (1936).
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Max Poll (homme au chapeau)
et ses confrères
(Expédition Hydrobiologique du Lac Tanganyika (1946/1947)
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Un
saut dans le temps et un Belge à Tervuren
A
Tervuren, on ressent alors le besoin d’un ichtyologiste permanent
pour valider les collections toujours plus importantes de poissons
Africains qui arrivent au Museum. C’est Max Poll, qui avait
commencé sa carrière comme entomologiste, qui pris officiellement
le poste ichtyologiste au Museum Africain à Tervuren en 1938
(D. Thys van den Audenaerde in Basilewski, 1992). Il commence
alors régulièrement à publier sur les poissons du Lac Tanganyika
mais sa première œuvre est en 1946, titrée ‘’Révision des poissons
du Tanganyika’’.
En
1946-1947, il rejoint la fameuse expédition Belge sur le Lac
Tanganyika (Exploration Hydrobiologique du lac Tanganyika).
Les observations qu’il y fait pendant ces 18 mois d’expédition
et les collections qu’il ramène avec lui sont à la base de beaucoup
de publication et ont fait de lui un véritable ‘’Dieu le Père’’
de la taxonomie contemporaine des poissons du Tanganyika. Il
publia ses résultats (près de 900 pages) dans deux volumineux
ouvrages, un sur les non-cichlidés (Poll, 1953) et un autre
plus gros sur les cichlidés (Poll, 1956). Ces publications contiennent
non seulement un nombre considérable d’informations taxonomiques,
mais aussi des notions sur la distribution, l’écologie et l’importance
de la pêche.
Poll
continua à publier sur les poissons du Tanganyika, principalement
sur les cichlidés, soit seul, soit avec d’autres ichtyologistes
comme Trewavas, Matthes, Stewart et Thys van den Audenaerde.
Dans
les dernières décennies de son travail sur ces poissons, il
a commencé à collaborer avec Pierre Brichard, qui a rassemblé
beaucoup de nouveaux taxons
dans le lac et les a apportés au musée de Tervuren pour
étude. La révision des Lamprologines (Poll, 1978) est un exemple
significatif de cette collaboration. En 1986, Poll publie ce
qui peut être considéré comme son ' testament ' sur les cichlidés
du Tanganyika, dans lesquels il récapitule sa connaissance et
tente de classifier tous les taxons connus dans un système
hiérarchique de tribus, genres espèces.
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A
quantum leap forwards and a Belgian in Tervuren
In
Tervuren, the need was felt for a permanent ichthyologist to
validate the museum’s rapidly expanding collections of African
fishes. It was Max Poll, who started his career as an entomologist,
who officially took up the position as ichthyologist in the
Africa Museum in Tervuren in 1938 (D. Thys van den Audenaerde
in Basilewski, 1992). He started publishing regularly on the
fishes of Lake Tanganyika, but the first milestone was his 1946
revision of the Tanganyika fishes that were known at that time.
In
1946 - 1947 he joined the famous Belgian expedition on Lake
Tanganyika (Exploration Hydrobiologique du lac Tanganyika).
The observations he made during 18 months and the collections
he brought with him were the basis of many more publications
which made him the real godfather of contemporary taxonomy of
Lake Tanganyika fishes. He published his results (almost 900
pages) in two voluminous books, one on the non-cichlid fishes
(Poll, 1953) and another, even bigger volume on the cichlids
(Poll, 1956). These publications not only contained a considerable
amount of taxonomic information, but also on distribution, ecology
and importance for fisheries.
Poll
kept on publishing on Tanganyikan fishes, mainly on the cichlids,
alone or with other ichthyologists such as Trewavas, Matthes,
Stewart and Thys van den Audenaerde. In the last decades of
his work on these fishes, he started collaborating with Pierre
Brichard, who collected many new taxa in the lake and brought
them to the Tervuren Museum for study. Poll’s revision of some
lamprologines (Poll, 1978) is a fine example of an important
result of these joined efforts.
In
1986, Poll, published what can be considered his ‘testament’ on
the Tanganyikan cichlids, in which he summarised his knowledge
and tried to classify all known taxa in a hierarchical system
of tribes, genera and species. |
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Expédition du Baron Dhanis
en 1947 à Mtoto
(Photo H. Büscher)
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Pendant
ce temps, le long des côtes du Lac
Les
autorités coloniales avaient établi des stations de recherche
autour du lac, une dans chaque pays, Bujumbura au Burundi, Uvira
au Congo, Kigoma en Tanzanie et Mpulungu en Zambie. Aujourd’hui
encore, ces stations restent les centres de recherche du lac. Cependant, bien que ces stations soient en contact direct avec
la source, que le besoin en technologie moderne soit limité,
à aucune de ces stations des recherches taxonomiques ont été
faites (contrairement à ce qui se passe autour des lacs Victoria
et Malawi/Nyassa). La raison de cet état de fait est que le
nombre d’espèces ayant un rôle alimentaire dans l’économie locale
(sujet qui justifierait des études) est relativement limité
et que ces dernières ne posent pas de problème important sur
le plan de la taxonomie.
Dans
les années 50, la station d’Uvira paraissait la plus prolifique
en terme de publications scientifiques (pêcheries, limnologie
et biologie générale du lac). Dans les années 60, la plupart des
recherches faites sur la pêche étaient concentrées sur les côtes
Zambiennes du Lac. A partir des années 70, des organisations bilatérales
ou internationales comme l’United Nations Food and Agriculture
Organization (FAO) se sont plus impliquées et ont concentré leur
activité sur la partie Burundaise et Zambienne du Lac qui étaient
à cette époque les plus pêchées. |
Meanwhile
along the shorelines of the lake
The
colonial authorities established research stations along lake
Tanganyika, one in each country, Bujumbura in Burundi, Uvira
in Congo, Kigoma in Tanzania and Mpulungu in Zambia. Up to present,
these stations are still the local centers of research on the
lake. Although they were right at the source and not much modern
technology is needed, at none of the research stations much
taxonomic research has been done and this in contrast to the
situation on lakes Victoria and Malawi/Nyasa. The reason for
this is that the number of important food species in Lake Tanganyika,
which were for obvious reasons the most important study subjects,
is rather limited and their taxonomy not that complicated.
In
the fifties, the Uvira station appeared to have been most productive
in terms of publishing scientific results on fisheries, limnology
and general biology of the lake. In the sixties, most of the
research on fisheries concentrated on the Zambian side of the
lake. From the seventies onwards bilateral and international
organizations such as the United Nations Food and Agriculture
Organization (FAO) got more actively involved, concentrating
mainly on aspects of fisheries at the Burundese and Zambian
parts of the lake, which were most heavily fished upon.
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Les
programmes de recherches récents
Les
lignes suivantes présentent les programmes de recherches récents,
certains d’entre eux sont toujours en vigueur :
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Un
très important programme est celui qui a été mis en œuvre
en 1979 par une équipe Japonaise et par des équipes Africaines
locales tout autour du lac sur la biologie des poissons
de la zone littorale rocheuse. Sont étudiés différents
aspects du comportement, l’écologie, la génétique et la
morphologie. Bien que d’autres instituts aient été impliqués,
la plupart des travaux ont été exécutés par les scientifiques
de l’Université de Kyoto, Département de zoologie au Japon
et par ‘’l’Institut de Recherche Scientifique” à Uvira,
Congo. Leurs rapports ont été principalement publiés au
Japon et ne sont pas facilement accessibles à l’aquariophile.
Cependant, la plupart des découvertes faites ont trouvé
leur place dans la littérature internationale et maintenant,
un remarquable ouvrage résumant ces études est disponible
(Kawanabe, et al., 1997).
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Le
Finnida programme exécuté par la FAO. Il traite de différents
aspects ayant trait à la pêche et à la limnologie. Le
quartier général de ce programme est à Bujumbura mais
les études sont effectuées dans les quatre stations du
lac. Une des raisons de ce projet est que les captures
effectuées lors des pêches commerciales déclinaient. Dès
lors, une étude sur les aspects de la pêche dans le lac
et sur l’hydrobiologie se sont avéré indispensable.
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En
1986, création du Belgian-CEPGL project [Centre Régional
de Recherche en Hydrobiologie Appliquée] opérant à partir
de Bujumbura. Ce projet de 3 ans a pris fin dernièrement
après avoir étudié la biologie des poissons et la limnologie
du lac et du système fluvatile. Beaucoup de nouvelles
espèces de poissons jamais enregistrés jusqu’alors dans
le bassin du Tanganyika furent répertoriées par les ichtyologistes
de l’équipe. Un autre but de se programme était de se
pencher sur l’écologie des poissons de la partie Burundaise
du Lac et beaucoup d’informations sur la qualité de l’eau
dans la région Nord du lac furent collectées.
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Un
programme mis en place par l’UNESCO et l’Université de
Bujumbura a étudié pendant plusieurs années l’importance
de la biodiversité de la zone transitoire entre la terre
et les eaux.
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Le
projet GEF (Global Environmental Facility) sur la biodiversité
du lac a démarré en 1995 et doit se poursuivre jusqu’en
l’an 2000. Il est géré par le National Resources Institute
en Angleterre et à son siège à Dar es Salaam (Tanzanie).
Son champ d’étude couvre les lacs Tanganyika, Malawi et
Victoria). Localement, il est basé à Kigoma. Son but est
d’aider les pays du lac à gérer les ressources du lac
et en même temps de leur apprendre à protéger cette biodiversité.
Une des principale menace qui menace le lac est la sur-exploitation
par la pêche et l’augmentation de la population. Plus
spécialement dans la partie Nord du lac, la déforestation
et la pollution sont très préoccupantes et pourraient
avoir un énorme impact sur la biodiversité du lac.
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En
1992 et 1995 , des Scientifiques Belges ont organisé
deux expéditions internationales multidisciplinaires.
Durant ces expéditions, les spécialistes ont collecté
des spécimens de plusieurs groupes représentatifs de la
biodiversité du lac comme des poissons, coquillages et
ostracodes. L’équipe ichtyologistes a ainsi effectué des
prélèvements à des intervalles réguliers sur la côte littorale
rocheuse en vue d’études taxonomiques et moléculaires.
Ceci constitue le programme de collecte le plus complet
jamais effectué à ce jour. Au total, 78 localités ont
été inventoriées le long des côtes Tanzanienne et Zambienne.
Une grande quantité de données ont pu ainsi être collecté
et différentes recherches ont été entamées sur différents
groupes de poissons. Ces collections ont été et sont toujours
comparées au matériel type. Grâce à ces échantillons nombreux
et à l’approche multidisciplinaire de l’étude, nous sommes
désormais en de bonnes conditions pour déterminer si les
différences morphologiques, de patron de coloration et
de génome des différentes populations sont du à des variations
géographiques au sein de mêmes espèces. Ces différents
sujets ont fait l’ordre de publications ou sont encore
au stade d’étude par différents membres de l’équipe :
études moléculaires et morphologiques sur les genres
Ophthalmotilapia,
Petrochromis et sur la tribu des Eretmodini, études moléculaires sur
les Tropheus
et Simochromis,
études morphométriques sur les complexes Telmatochromis
temporalis, Neolamprologus
brichardi et une révision sur la distribution des lamprologines.
Les échantillons moléculaires issus de ces expéditions
sont conservés au Royal Belgian Institute for Natural
Sciences à Bruxelles et tous les poissons collectés sont
gardés à l’Africa Museum de Tervuren. C’est désormais
dans ce musée que l’on peut trouver la collection la plus
importante de poissons du lac Tanganyika. Une conséquence
directe de l’histoire coloniale Belge. Celle collection
comporte aussi le plus grand nombre de spécimens type,
c’est à dire de poissons sur lesquels les publications
originales ont été faites. Cela représente une énorme
base scientifique.
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Recent
research programs
The
following is a list of a few relevant research programs, some
of which are currently still operational :
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A
very important programme is the collaborative research
executed since 1979 by Japanese and local African teams
from around the lake on the biology of the fishes in the
rocky littoral zone while studying aspects of behaviour,
ecology, genetics and morphology. Although several other
institutes were involved as well, most of this research
has been executed by scientists of the Kyoto University,
Department of Zoology in Japan and the “Institut de Recherche
Scientifique” at Uvira, Congo. Their reports have mostly
been published in Japan and are certainly not easily accessible
for the aquarist. However, the most important discoveries
found their way through the international literature and
now a most interesting and highly recommendable book is
available reviewing the major findings during this longtime
research (Kawanabe, et al., 1997).
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The
Finnida programme executed by FAO and dealing with various
aspects of fisheries and limnology. Its headquarters are
in Bujumbura, but the project operates through all four
research stations on the lake. One of the triggers for
this project was the observations that commercial catches
were continuously declining. Therefore a baseline study
on lake wide aspects of fisheries and the hydrobiology
of the lake was necessary.
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In
1996, a Belgian-CEPGL project [Centre Régional de Recherche
en Hydrobiologie Appliquée] operating from Bujumbura finished
after a three years research programme on the fish biology
and limnology of the lake and its associated river systems.
Many fish species never recorded before in the Tanganyika
basin were found in its associated water bodies by the
ichthyological team of this project. A well designed sampling
programme was executed to study the ecology of the fishes
in the Burundese part of the lake and many data were gathered
on the water quality of the northern part of the lake.
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A
UNESCO-University of Bujumbura ecotone project studied
during several years the importance for the biodiversity
of the transitional zone between land and water and its
major habitats.
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The
GEF project on the biodiversity in the lake is running
from 1995 till 2000. It is managed by the Natural Resources
Institute in England and has its headquarters in Dar es
Salaam (Tanzania). GEF stands for Global Environmental
Facility. This international facility is involved in research
programs on lakes Tanganyika, Malawi and Victoria. Locally
it operates from Kigoma. It is designed to help the countries
around the lake to manage in a sustainable way the resources
of the lake and at the same time protect the biodiversity.
One of the obvious threats to the lake, next to overfishing,
is the fastly growing human population in the region.
Especially in the northern part of the lake, deforestation
and consequently the pollution of the lake through run-off
of silt is very obvious and will have an increasing impact
on the biodiversity of the lake.
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In
1992 and 1995, Belgian scientists organised two multidisciplinary,
international expeditions. During these expeditions, specialists
collected specimens of several key groups to the biodiversity
of the lake, such as fish, snails and ostracods. The ichthyological
team sampled at regular intervals the littoral rocky shores
for taxonomic and molecular studies. This constituted
the most detailed sampling programme ever done in this
habitat. In total, 78 localities were sampled along the
Tanzanian and Zambian coastline. A huge amount of data
were collected and research has started on several groups
of fishes. Collections were and are still compared with
type material. Thanks to the detailed sampling and the
multidisciplinary approach we are now in a much better
position to judge whether differences in morphology, colour
pattern and the
genome of various populations are due to specific differences
or likely to be due to geographical variation within the
same species. The following topics have been published
or are under study by various members of the team : molecular
and morphometric based systematic studies on Ophthalmotilapia,
Petrochromis
and the Eretmodini, molecular studies on Tropheus
and Simochromis,
morphometrics of the Telmatochromis
temporalis complex, the Neolamprologus
brichardi complex and a review of the distribution
patterns of the lamprologines.
The molecular samples of these expeditions are hold at
the Royal Belgian Institute for Natural Sciences in Brussels.
All fishes collected are curated in the Africa Museum
of Tervuren. It
is in this Museum that already the biggest collection
of preserved fish from the lake is stored, as a direct
consequence of Belgium’s colonial history. This collection
also includes the largest number of type specimens, i.e.
the fishes on which the original publications were based
and hence are of an enormous scientific value.
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Les
cichlidés du Lac Tanganyika, un must pour la recherche
Le
nombre total d’espèces végétales et animales rapportées du lac
Tanganyika dépasse 1250, classifiées en près de 600 genres (voir
l’excellent livre édité par Georges Coulter (1991) pour plus
de détails). Le lac Tanganyika est souvent considéré pour avoir
la faune piscicole la plus riche du monde. Cela a été interprété
par beaucoup de personnes comme ayant le plus grand nombre d’espèces
qu’aucun autre lac, ce qui est une erreur. Le lac qui possède
en son sein le plus grand nombre d’espèces est le lac Malawi/Nyassa,
encore un autre ancien lac dominé par les cichlidés. Ce qui
est vrai par contre pour le lac Tanganyika, c’est que sa faune
est la plus diversifiée taxonomiquement, ce qui reflète un haut
degré de diversification en terme de morphologie, écologie,
comportement, etc. de ses poissons.
Dans
le tableau sont donnés le nombre d’espèce et leur endémisme relatif
aux grands lacs Africains. Une espèce est endémique si elle n’est
présente qu’à un seul endroit, dans notre cas un lac, et nul par
ailleurs. |
Lake
Tanganyika cichlids, a state of the art
The
total number of flora and fauna species reported from Lake Tanganyika
is over 1250, classified in nearly 600 genera [see the excellent
book edited by George Coulter (1991) for more details]. Lake
Tanganyika is often said to have the richest fish fauna in the
world. This has been interpreted by some people as “having more
species than any other lake” which is not the case. The lake
with the highest species number in the world is Lake Malawi/Nyasa,
again a cichlid dominated African ancient lake. What is true
for Lake Tanganyika is that it has the most taxonomically diverse
fish fauna which is further reflected in a high diversity in
morphology, ecology, behaviour, etc. of the fishes.
In
Table the fish species numbers and their endemicity in the East
African lakes are given. A species is endemic if it occurs only
in a certain area, in this case a lake, and nowhere else.
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| Tableau.
Etat de la richesse des espèces
indigènes des lacs de l’Est Africain. Le nombre d’espèces des
lacs Edward, Victoria, Tanganyika et Malawi/Nyassa ne sont qu’une
estimation. Uniquement les espèces vivant dans les lacs actuels
ont été prises en compte ; les espèces introduites sont
exclues. Le chiffre en pourcentage correspond au pourcentage
d’endémisme des cichlidés et des non-cichlidés. Les chiffres
relatifs au lac Edward incluent les espèces du Lac Georges.
Selon Snoeks, in press.
|
Tableau.
Indigenous
species richness in the East African lakes. Cichlid species
numbers of Lakes Edward, Victoria, Tanganyika and Malawi/Nyasa
are estimates. Only species occurring within the actual lake
are taken into account; introduced species are excluded. Percentages
are percentages of endemism in cichlids and non-cichlids respectively.
Lake Edward figures include Lake George species. Based on Snoeks,
in press.
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| Lac |
Cichlids
|
Non Cichlids
|
Total |
| Turkana |
8 |
50
% |
36 |
17
% |
44 |
| Albert |
11 |
36
% |
37 |
5
% |
48 |
| Edward |
60 |
92
% |
21 |
5
% |
81 |
| Kivu |
16 |
94
% |
7 |
0
% |
23 |
| Victoria |
500 |
99
% |
45 |
16
% |
545 |
| Tanganyika |
250 |
98
% |
75 |
59
% |
325 |
| Malawi |
700 |
99
% |
47 |
32
% |
747 |
| |
|
|
Dans
le Lac Tanganyika, le nombre d’espèces décrites, espèces valides
et endémiques, est d’environ 190. L’estimation donnée dans le
tableau 2 est de 250. Ceci voudrait dire que seulement ¾ des
espèces de poissons sont connues. Cette estimation est très
approximative et reste basée sur nos collections présentes dans
les muséums et sur l’analyse des résultats de deux croisières
sur le lac portant sur l’exploration de toute la Tanzanie et
de la côte Zambienne. De nouvelles espèces seront certainement
mises à jour puis décrites dans les tribus riches comme chez
les Lamprologini, Ectodini et Tropheini, mais aussi probablement
chez les Limnochomini et Cyprichromini entre autre.
On
doit alors prendre en compte le fait que le lac Tanganyika est
le seul lac qui abrite un grand nombre d’espèces endémiques
ayant adopté un comportement reproducteur sur substrat (Lamprologini).
En effet, il n’existe pas de cichlidés de ce type dans les autres
grands lacs à l’exception de quelques espèces de Tilapia.
L’ancienneté du lac est souvent considérée comme la raison principale
de la diversité morphologique des cichlidés du Tanganyika, mais
il est certain que c’est aussi du à la présence de cichlidés
incubateurs buccaux et nidificateurs sur substrat qui à travers
leurs spéciations, ont contribués à créer cette superbe diversité
lacustre.
Les
espèces du Tanganyika sont facilement distinguables (pour un
cichlidé) comparativement aux autres lacs et la littérature
est relativement bonne à leur sujet. Cependant, la complexité
de leur systématique a été largement sous-estimée (Snoeks et
al., 1994; Verheyen et al., 1996). Les aquariophiles ont considérablement
fait bouger les choses dans le passé avec des succès variés
et comme pour le lac Malawi/Nyassa, on peut trouver quantité
d’information dans la littérature aquariophile comme dans les
livres de Konings (1988), Brichard (1989), Konings & Dieckhoff
(1992) et dans des revues aquariophiles par la contribution
de divers auteurs.
Il
y a une constante qui revient dans presque chaque étude relevant
de systématique, évolution ou spéciation des cichlidés du Tanganyika.
C’est la séparation du lac en deux ou trois bassins dans un
temps passé. C’est devenu un facteur si important dans la systématique
contemporaine que parfois, des auteurs récents semblent oublier
que Poll avait déjà débattu de ce sujet et des implications
que cela avait eut sur la distribution et l’évolution des cichlidés
du lac. En effet, comme nous le savons aujourd’hui, cette séparation
du lac a été probablement le fait le plus important dans l’évolution
des cichlidés. On pourrait considérer cet événement comme la
base de tous les autres phénomènes et que les conséquences se
retrouvent dans chaque distribution des complexes présents.
Jetez
un œil sur les données publiées par Verheyen et al. (1996) et
Rüber et al. (1997) pour plus d’information sur la distribution
de certains groupes. Aussi, dans une étude non publiée sur les
Lamprologus sensu
lato [les genres Lamprologus,
Neolamprologus, Altolamprologus,
Variabilichromis,
Lepidiolamprologus]
dans la quelle les collections existantes et la distribution
des espèces a été révisée, plusieurs formes ont été répertoriées
(Van Wijngaarden, 1995). En dehors des espèces qui ont une distribution
couvrant tout le lac comme Altolamprologus compressiceps (Boulenger, 1898), Lamprologus
callipterus Boulenger, 1906, la plupart des espèces du genre
Lepidiolamprologus,
etc., et, d’un autre côté du spectre, des espèces comme N. christyi (Trewavas & Poll, 1952), N. schreyeni (Poll, 1974) et N.
wauthioni (Poll, 1949) qui ont une distribution très limitée
[un seul endroit ou des points disparates], dans toutes les
autres catégories, les effets de cette séparation est observé
assez clairement : C’est particulièrement visible pour
les espèces limitées à un ou deux bassins adjacents [ex :
L. kungweensis Poll,
1956 et N. toae (Poll,
1949) au Nord et N. leloupi
(Poll, 1948), V. moorii
(Boulenger, 1898),
N. pulcher (Trewavas
& Poll, 1952) et N.
sexfasciatus (Trewavas & Poll, 1952) au Sud], chez les
espèces limitées aux paleo-rivages, comme N.
gracilis (Brichard, 1989), N.
marunguensis Büscher, 1989, et N.
nigriventris Büscher, 1992, chez les espèces limitées aux
zones récemment submergées, spécialement dans le Sud [ex :
N. mustax (Poll, 1978),
N. prochilus (Bailey
& Stewart, 1977) et seulement N.
pleuromaculatus (Trewavas & Poll, 1952) au Nord du Lac].
Même si certaines espèces sont difficiles à classifier en raison
de leur distribution complexe comme N.
brichardi (Poll, 1974) et N.
savoryi (Poll, 1949), des variations géographiques d’ordre
morphologique ont été trouvées et qui confirment l’existence
de ces trois anciens bassins (Louage, 1996).
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In
Lake Tanganyika the number of described, valid endemic cichlid
species is about 190. An estimate of 250 is given in table 2.
This would mean that only three quarters of the fish species
is known. This estimate is very conservative and based on our
observations on museum collections, the analysis of the results
of two cruises on the lake exploring the whole Tanzanian and
Zambian rocky shoreline and of ongoing research. New species
will certainly be found/described within the most species rich
tribes Lamprologini, Ectodini and Tropheini, but probably also
within the Limnochomini and Cyprichromini and others.
It
has to be stressed here that Lake Tanganyika is the only lake
with a large number of endemic substratum brooding cichlids
(Lamprologini). In fact there are no substratum brooding cichlids
in the other big lakes except for a few species of Tilapia.
The old age is often regarded as the reason for Tanganyika’s
highest morphological cichlid diversity, but it is certain that
also the presence of both mouthbrooding and substratum brooding
taxa, through their speciation, has contributed much to the
lake’s original diversity.
Species
are relatively easy to distinguish [for a cichlid] compared
to the other lakes and there is a relatively good literature
record. However, the complexity of the systematics of these
fishes may largely be underestimated (Snoeks et al., 1994; Verheyen
et al., 1996). Aquarists have contributed considerably in the
past with varying success and as for Lake Malawi/Nyasa, much
useful information is to be found in the aquarists’ literature,
such as in the books of Konings (1988), Brichard (1989), Konings
& Dieckhoff (1992) and in some aquarium journals, with contributions
of various authors.
There
is one constant characteristic that comes back in nearly every
study on the systematics, evolution and speciation of the Tanganyika
cichlids and that is the split of the lake into two or three
subbasins in the past. This has become such an important issue
in contemporary systematics that sometimes modern authors appear
to forget that it was Poll who already started the discussion
on the implications of this phenomenon upon the distribution
and evolution of the cichlids of the lake. Indeed, as we know
now, this split has probably been the most important event acting
upon the intra-lacustrine evolution of these cichlids. One could
consider this event as the basement upon which other phenomena
have constructed, the results of which are reflected in very
complex distribution patterns.
Have
a look at data published by Verheyen et al. (1996)
and Rüber et al. (1997)
for more information on the distribution of certain groups.
Also in an unpublished study of Lamprologus
sensu lato [the genera Lamprologus,
Neolamprologus, Altolamprologus, Variabilichromis,
Lepidiolamprologus]
in which existing collections and species distributions were
reviewed, several patterns could be categorised (Van Wijngaarden,
1995). Except for the species that had a lakewide distribution
such as Altolamprologus
compressiceps (Boulenger, 1898), Lamprologus
callipterus Boulenger, 1906, most of the Lepidiolamprologus species, etc., and, at the other end of the spectrum,
in species such as N.
christyi (Trewavas & Poll, 1952), N.
schreyeni (Poll, 1974) and N.
wauthioni (Poll, 1949) that have very limited [single or
multiple point] distributions, in all other categories the effect
of the split was observed quite clearly: in species limited
to one or two adjacent subbasins [e.g. L. kungweensis Poll, 1956 and N.
toae (Poll, 1949) in the north and N.
leloupi (Poll, 1948),
V. moorii (Boulenger, 1898),
N. pulcher (Trewavas
& Poll, 1952) and N.
sexfasciatus (Trewavas & Poll, 1952) in the south],
in species limited to the paleo-shorelines, such as N.
gracilis (Brichard, 1989), N.
marunguensis Büscher, 1989, and N.
nigriventris Büscher, 1992, and in species limited to recently
submerged areas, especially in the south [e.g. N.
mustax (Poll, 1978), N.
prochilus (Bailey & Stewart, 1977) and only N.
pleuromaculatus (Trewavas & Poll, 1952) in the north].
Even in some species that are difficult to classify because
of their more complex distribution such as N.
brichardi (Poll, 1974) and N.
savoryi (Poll, 1949), geographical variation in morphology
was found that related to the historical split in subbasins
(Louage, 1996).
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Les 3 bassins du paleo lac
(Dessins Ad. Konings)
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Carte du lac en 1874
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Le
futur
Nous
sommes loin d’avoir complètement inventorier la faune piscicole
du Lac Tanganyika. Il est évident que les normes des descriptions
des cichlidés Africains ont changé depuis les premiers travaux
entrepris par Boulenger et Poll. Reconnaître une espèce nouvelle,
prendre des mesures et coucher par écrit les résultats d’une
manière correcte est chose ardue dans la taxonomie moderne.
L’étude des spécimens type et du matériel comparatif est nécessaire
et des notions d’allométrie, de statistique, du code de nomenclature
zoologique, de phylogénie et des processus d’évolution sont
nécessaires pour mener à bien ces études et discuter des résultas.
Ce sont des notions primordiales pour décrire une nouvelle espèce
mais ce qui devient aujourd’hui prépondérant, c’est la révision
morphométrique de certains groupes.
Pour
ce faire, des techniques de recherche modernes sont indispensables,
avec en plus un œil attentif au moindre détail. Les différences
entre les espèces peuvent être trop infimes pour se permettre
d’être imprécis dans les descriptions. Une liste détaillée des
méthodes employées pour obtenir les résultats est alors impérative
pour chaque publication taxonomique traitant de morphologie.
Et ceci doit se perpétuer dans le futur. Ce principe s’applique
également aux données analysées. Un principe est actuellement
très pratique et très utilisé dans la taxonomie des cichlidés
Africains. C’est le Principal Component Analysis [plusieurs
variantes] , considéré comme le meilleur moyen d’exploration
de quantité de données. Même si c’est facile à utiliser, d’après
l’expérience que nous en avons, l’interprétation des résultas
est loin d’être évidente. Plus nous nous sommes entrés dans
les détails, plus nous nous sommes rendu compte que des différences
entre populations n’étaient pas spécifiques mais uniquement
d’ordre géographique, comme l’a montré une étude récente sur
les Lamprologines (Louage, 1996; pers. obs.). Aussi, il y a
un véritable danger à ce que des études isolées puissent conduire
à de mauvaises conclusions. Dans ces derniers cas, l’étude de
l’écologie et de l’éthologie en plus de l’aspect morphologique
est très informatif, aussi longtemps que l’on gardera à l’esprit
qu’il puisse exister des variations géographiques importantes.
Des
recherches récentes ont montré que même dans des groupes clairement
identifiés, des modifications peuvent survenir. La phylogénétique
(discipline de la systématique qui étudie les relations
généalogiques et ayant pour objectif de produire des classifications
qui reflètent ces relations) va continuer pendant encore un
bon bout de temps a être du domaine de la recherche moléculaire,
tout simplement parce que les résultats sont obtenus plus rapidement
et à moindre effort par ce type de méthode. Pour les Lamprologines,
nous pouvons nous attendre dans le futur à de plus amples informations
basées sur des études anatomiques (Stiassny, pers. comm.).
| Bien
que l’intégration de la morphologie et la recherche moléculaire
ne soit pas aisée, le bénéfice que l’on pourra en tirer
est évident comme le montre une étude récente sur les eretmodini
du Lac Tanganyika (Verheyen et al., 1996). Pour les taxonomistes
traditionnels, le niveau taxonomique du genre et des espèces
de ce groupe était relativement clair. |

A cette époque, les eretmodini comportaient trois genres
et quatre espèces, défini principalement par la dentition
et l’anatomie de la tête (Poll, 1986). |
Cependant,
la situation semble de plus en plus compliquée. La possible
existence de deux espèces d’Eretmodus selon Konings (1988) fut
corroboré par des recherches moléculaires et morphologiques
(Verheyen et al., 1996). De plus, des différences de patron
de coloration furent trouvées entre deux groupes identifiés
comme Tanganicodus irsacae
Poll, 1950. De plus amples recherches sont nécessaires pour
établir le statut de ces taxons, de même que pour les différences
trouvées chez Spathodus
erythrodon Boulenger, 1900.
Une
approche encore plus complète a été utilisée pour l’étude des
Ophthalmotilapia du
Lac Tanganyika avec des études moléculaires et morphologiques,
en incluant toutes les informations disponibles relatives aux
patrons de coloration (Hanssens et al., en partie publié).
Non
seulement les méthodes de recherche commencent à différer du
passé, mais aussi les questions que l’on se pose deviennent
quelque part différentes. Après l’approche taxonomique courante
qui consiste à différencier les espèces, trouver leurs caractéristiques
propres, leur trouver un nom et les classifier, un intérêt nouveau
se porte sur le métier. C’est de s’interroger sur l’évolution
de cette diversité et sur les facteurs importants de cette spéciation .
C’est aussi se demander quels sont les ancêtres et à quel point
sont stables certaines populations, etc. Résoudre ces problèmes
est un challenge pour le futur et pour toutes ces raisons, la
taxonomie traditionnelle continuera a nous livrer les informations
de base.
|
The
future
We
are far from a complete inventory of the fish fauna of Lake
Tanganyika. Certainly, standards for descriptions of African
cichlids have changed since the earlier works of Boulenger and
Poll. Recognising a species as new, taking some measurements
and writing the results down in a technically correct way is
hardly enough in contemporary taxonomy. The study of type specimens
and adequate comparative material is usually necessary and notions
about allometry, statistics, the Code of Zoological Nomenclature,
phylogeny and evolutionary processes are often necessary to
discuss the results. There is still a need for basic descriptions
of new taxa, but what will start becoming more and more important
are detailed morphometric revisions of certain groups.
For
this, accurate research techniques are necessary, with an eye
for detail. Differences between species may simply be too small
to allow for inaccurate descriptions. A detailed list of methods
and results is therefore imperative in all morphometrically
based taxonomic papers and will continue to do so in the future.
This equally applies to the data analysis. Very popular and
highly useful in African cichlid taxonomy is Principal Component
Analysis [several variants], which is considered the best for
the exploration of large amounts of data. While it is easy to
use, in our experience, the interpretation of the results is
not always straightforward. When going further and further into
detail, differences between populations will show up that may
not be specific but merely geographical as was found in a recent
study of some lamprologines (Louage, 1996; pers. obs.). Hence,
there is a clear danger that isolated analyses may lead to wrong
conclusions. In such cases, inclusion of other than morphometric
data such as ecological and ethological is highly informative,
as long as one keeps in mind that these may be prone to geographical
variation as well.
Recent
research has indicated that even in clearly defined groups,
modifications can be expected. Phylogenetics (a discipline of
systematics that studies genealogical relationships and produces
classifications that reflect these relationships) will still
continue to be the domain of molecular research for some time,
be it by the simple fact that results are obtained so much faster
and that much more effort is put into this kind of research.
For lamprologines, we can expect some more information in the
near future based on anatomical studies (Stiassny, pers. comm.).
Although
the integration of morphological and molecular research is not
easy, the benefits of it are clear as shown by the results on
a recent study on the eretmodines of Lake Tanganyika (Verheyen
et al., 1996). To traditional taxonomists, the genus and species
level taxonomy of this group was quite clear. At that time,
the eretmodines consisted of three genera and four species,
defined mainly by dentition and head morphology (Poll, 1986).
However, the situation turned out to be more complicated. The
presence of possibly two species within Eretmodus
reported by Konings (1988) was corroborated by molecular and
morphological research (Verheyen et al., 1996). In addition,
differences in colour pattern were found between two groups
identified as Tanganicodus
irsacae Poll, 1950. More detailed morphological research
is necessary to establish the status of these taxa and of the
two major clades found in
Spathodus erythrodon
Boulenger, 1900.
An
even more integrated approach is used in a study on Ophthalmotilapia
of Lake Tanganyika with concurrently running molecular and morphometric
studies, including a review of information on colour patterns
(Hanssens et al., in press and unpublished).
Not
only the methods of research start to differ from the past, also
the questions raised are somewhat different. Next to the standard
taxonomic approach that deals with how species differ, what their
main characteristics are, what their name is and how they can
be classified, a growing interest is evolving in other questions
like how did this diversity evolve, which factors are of importance
for their speciation, where
do the ancestors come from, how stable are populations, etc. To
solve these questions will be the challenge of the future and
for this, traditional taxonomy will continue to provide the basic
information.
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Epilogue
Une
partie de cet article a été écrit assis un soir, sur le plat
bord d’un navire de recherche à l’occasion d’une traversée,
non sur le Lac Tanganyika, mais sur le Lac Malawi ; une
expédition faisant partie d’un programme scientifique de recherche
sur les grands lacs. A chaque expédition ou croisière, on relève
plusieurs erreurs notées dans la littérature. Ces erreurs sont
corrigées et de nouvelles espèces découvertes. Ce type de recherche
est le résultat direct de l’intérêt grandissant que porte la
science pour les grands lacs Africains. Il y a dix ans, la taxonomie
était annoncée comme en voie d’extinction et les taxonomistes
une espèce en danger. Maintenant, avec la biodiversité comme
symbole et l’intérêt grandissant pour la faune qu’héberge ces
grands lacs, on arrive désormais à obtenir des fonds financiers,
et petit à petit des progrès sont faits et continueront à porter
leurs fruits pour les 100 ans à venir.
|
Epilogue
Part
of this article is written while sitting on the bow of a research
vessel one evening during a sampling cruise oddly enough not
on Lake Tanganyika but on Lake Malawi; a cruise as part of a
lake wide scientific survey programme. Each cruise, several
errors in the literature are found, mistakes are rectified and
new species are discovered. This kind of research is a direct
result of the growing scientific interest in the great lakes
region of Africa. A decade ago taxonomy was announced to be
on the edge of extinction and taxonomists declared an endangered
species. Now, with biodiversity as the key word and a growing
interest in the special fauna these lakes harbour, funds become
available and little by little progress is made and hopefully
will continue for at least another hundred years.
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References
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Basilewsky,
P. 1992. Max Poll. Bull. Séanc. Acad. r. Sci. Outre-Mer
38 : 68-90.
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Brichard,
P. 1989. Pierre
Brichard’s book of cichlids and all other fishes of Lake
Tanganyika.
T.F.H. Publ., Neptune, New Jersey, U.S.A.: 544 pp.
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